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Secteurs à risque : Le Maroc sous la loupe d’Allianz Trade

by Perspectives Med
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Secteurs à risque : Le Maroc sous la loupe d’Allianz Trade

Le Royaume ne compte aucun secteur dans la dernière catégorie, celle d’une crise imminente ou déjà avérée. Cinq activités se distinguent toutefois par un classement en « risque sensible », un niveau qui renvoie à des faiblesses structurelles et à des perspectives moins favorables pour les entreprises. Il s’agit de la construction, du transport, du textile, des métaux et de l’énergie. Cette cartographie intervient dans une économie mondiale que l’assureur-crédit décrit comme évoluant désormais à plusieurs rythmes. La croissance mondiale devrait ralentir à 2,5% en 2026 avant de remonter à 2,9% en 2027, avec une dynamique largement soutenue par les investissements liés à l’intelligence artificielle. Cette accélération technologique ne bénéficie cependant pas de manière uniforme aux secteurs et aux économies.

La construction figure parmi les principales activités marocaines classées en risque sensible. À l’échelle mondiale, Allianz Trade souligne la persistance de plusieurs facteurs de vulnérabilité : coût du financement, exigences élevées en fonds de roulement, pression sur les marges et risques liés à l’exécution des projets. Le secteur bénéficie certes d’importants relais de croissance dans les infrastructures, l’énergie et les équipements numériques. Mais la demande privée, notamment dans l’immobilier résidentiel et commercial, demeure particulièrement sensible aux conditions de financement.

Cette situation revêt une attention particulière au Maroc, où la construction se trouve à la croisée d’investissements publics importants et d’un marché privé plus dépendant de la dynamique du crédit et de la demande immobilière. Dans son analyse consacrée au pays, Allianz Trade relève d’ailleurs que les difficultés rencontrées dans la construction figurent parmi les facteurs pesant sur la situation des entreprises.

L’énergie apparaît également dans la catégorie du risque sensible. Le contraste observé à l’échelle mondiale est particulièrement marqué. Les acteurs du pétrole et du gaz conservent une capacité de génération de trésorerie solide dans un contexte de prix élevés, tandis que le secteur des renouvelables reste confronté à des besoins d’investissement considérables, à des coûts de financement élevés et aux contraintes des réseaux électriques.

Paradoxalement, la même transformation technologique qui alimente le supercycle de l’intelligence artificielle ouvre de nouveaux besoins énergétiques. La multiplication des centres de données renforce ainsi la demande d’électricité et accroît les besoins d’investissement dans la production, les réseaux et le stockage.

Le classement du textile parmi les secteurs sensibles intervient alors que l’industrie mondiale de l’habillement est confrontée à une double pression : celle des coûts et celle de l’évolution des comportements de consommation. La hausse ou la volatilité des prix de l’énergie et des matières premières reste difficile à absorber dans une industrie caractérisée par une forte concurrence et une capacité limitée à relever les prix. Dans le même temps, la demande évolue sous l’effet de la recherche de produits moins chers, de l’essor de la seconde main et d’une plus grande prudence des ménages dans plusieurs marchés.

Pour une industrie marocaine fortement connectée à la demande européenne, ces évolutions mondiales constituent un élément de vigilance. Le textile et l’habillement demeurent d’ailleurs parmi les principales catégories d’exportation du Maroc, ce qui expose directement une partie de la filière aux transformations du marché européen.

Le transport, autre secteur classé en risque sensible, évolue quant à lui dans un environnement où les tensions géopolitiques peuvent rapidement modifier les coûts et les itinéraires. Les perturbations des routes maritimes, les prix de l’énergie et l’incertitude commerciale continuent de peser sur les équilibres économiques des opérateurs.

Allianz Trade décrit plus largement un secteur mondial en pleine transformation, confronté simultanément aux exigences de résilience des chaînes logistiques, aux tensions géopolitiques et à la nécessité d’investir dans de nouveaux modèles opérationnels.

Le classement des métaux en risque sensible illustre, lui aussi, une évolution moins linéaire qu’il n’y paraît. Certains segments bénéficient d’une dynamique structurelle favorable, notamment ceux liés à l’électrification, aux infrastructures énergétiques et au développement technologique. Allianz Trade met notamment en avant la demande associée au cuivre, au lithium et aux terres rares, stimulée par la transition énergétique et les besoins croissants en infrastructures numériques. D’autres segments, à l’inverse, restent confrontés à une demande industrielle plus fragile et à des conditions de marché difficiles.

Cette différence entre les différentes branches métallurgiques résume en partie le nouveau paysage décrit par l’Atlas : la transition technologique ne crée pas un cycle de croissance généralisé, mais redistribue les opportunités entre activités, entreprises et chaînes de valeur.

Le tableau marocain élaboré par Allianz Trade  souligne quatre activités bénéficiant d’un classement en risque faible : l’agroalimentaire, le pharmaceutique, les logiciels et services informatiques ainsi que l’informatique et les télécommunications.

Entre ces deux groupes, plusieurs pans de l’économie productive sont placés en risque moyen, notamment l’automobile, la chimie, l’électronique, le papier, la distribution, les machines et équipements, l’équipement de transport et l’équipement ménager. La lecture de l’Atlas ne dessine donc pas une économie marocaine en difficulté généralisée. Elle met plutôt en évidence une fragmentation croissante des trajectoires sectorielles.

Certains secteurs continuent de bénéficier d’une demande structurellement solide ou de nouveaux cycles d’investissement liés au numérique. D’autres restent plus directement exposés au coût du capital, à la volatilité énergétique, à la pression concurrentielle ou aux transformations du commerce mondial.

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