Ce programme, inscrit dans le cadre du Plan forestier régional, a été présenté à l’occasion d’une visite de terrain effectuée par Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau, et Ahmed El Bouari, ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, accompagnés de Abderrahim Houmy, directeur général de l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF).
La visite, organisée dans la région Rabat-Salé-Kénitra, était consacrée au suivi des programmes d’aménagement des bassins versants et s’inscrit dans le cadre de la convention de partenariat entre l’ANEF et le ministère de l’Équipement et de l’Eau. L’un des principaux enjeux concerne l’envasement des retenues des barrages. L’accumulation progressive de sédiments réduit en effet leur capacité de stockage et peut, à terme, affecter leur contribution à l’approvisionnement en eau.
Le ministère de l’Équipement et de l’Eau a ainsi présenté un état des lieux du phénomène au niveau national et des différents bassins hydrauliques. Les responsables ont insisté sur la nécessité d’intervenir en amont des barrages afin de réduire l’érosion et le transport des sédiments. L’aménagement des bassins versants constitue dans ce contexte un outil préventif destiné à prolonger la durée de vie des infrastructures hydrauliques et à préserver leur capacité de stockage, dans un contexte marqué par une pression croissante sur les ressources en eau.
À l’échelle nationale, les programmes conduits par l’ANEF concernent actuellement 33 bassins versants couvrant près de 8 millions d’hectares. Parmi eux, 15 bassins considérés comme stratégiques alimentent 43 barrages prioritaires.
Plus de 1,14 million d’hectares ont déjà bénéficié d’opérations d’aménagement. Celles-ci ont notamment permis la réalisation de plus de 3 millions de m³ d’ouvrages de conservation des eaux et des sols, destinés à freiner l’érosion et à réduire les quantités de sédiments atteignant les retenues.
Dans la région Rabat-Salé-Kénitra, les 386 MDH prévus sur cinq ans financeront une approche combinant plusieurs types d’interventions.
Le programme comprend notamment des opérations de reboisement et de restauration des écosystèmes forestiers, des travaux de conservation des eaux et des sols, des actions de lutte contre l’érosion et la production de plants forestiers. L’implication des populations locales fait également partie du dispositif.
Les responsables se sont notamment rendus dans le bassin versant de l’Oued Beht, où plusieurs opérations d’aménagement leur ont été présentées.
Les interventions reposent sur deux volets complémentaires. Le premier est biologique et concerne notamment le reboisement, la restauration du couvert végétal et la régénération des écosystèmes forestiers. Le second est mécanique, avec la construction d’ouvrages de correction torrentielle et de conservation des eaux et des sols.
Ces équipements doivent permettre de ralentir le ruissellement, de stabiliser les versants et de limiter le transport des sédiments jusqu’aux barrages.
Au-delà de la protection des forêts, les autorités entendent faire de l’aménagement des bassins versants un élément à part entière de la politique de sécurité hydrique. La restauration du couvert végétal et la limitation de l’érosion permettent en effet d’agir en amont sur l’une des causes de la perte progressive de capacité des barrages. Cette approche doit également améliorer la résilience des territoires face aux effets du changement climatique.

