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D. Trump menace Téhéran et met en garde Sanaa : Les cours des hydrocarbures embrasés par la guerre

by Perspectives Med
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D. Trump menace Téhéran et met en garde Sanaa : Les cours des hydrocarbures embrasés par la guerre

Les appels répétés d’Islamabad au retour aux négociations n’ont toujours pas eu de répondant. D. Trump a menacé l’Iran de payer un double prix pour chaque soldat américain tué dans la guerre actuelle, et a en même temps renouvelé son soutien à son allié dans l’agression contre l’Iran, le Premier ministre israélien, à la lumière des appels à mettre en œuvre le mandat d’arrêt international contre lui lors de sa prochaine visite aux États-Unis. Il a écrit sur Truth Social : « Netanyahu se bat contre l’Iran, qui a récemment tué 52 000 manifestants innocents, et a tué au cours des 47 dernières années des soldats américains et d’autres », selon les affirmations du président américain. Il a ajouté que les seules personnes qui méritent d’être arrêtées et tenues pour responsables sont « celles qui ont conduit l’Iran dans cette spirale sans précédent de mort et de destruction », indiquant que cette question « aurait dû être réglée il y a des années par les présidents précédents ».

Le message de D. Trump fait suite aux déclarations du maire de New York, Zahran Mamdani, dans lesquelles il a réitéré sa promesse électorale d’arrêter B. Netanyahu s’il visite la ville, tout en reconnaissant que la mise en œuvre de cette promesse est soumise à un examen juridique pour déterminer ce que permettent les pouvoirs de la ville et les lois américaines.

Le locataire de la Maison Blanche a déclaré lundi dans un message sur sa plateforme Truth Social que « chaque fois que l’Iran tue un soldat américain, il paiera le prix de ce meurtre x fois ». Cela survient après que l’armée américaine a annoncé – dimanche – ses dernières pertes dans la guerre, en confirmant la mort de deux de ses soldats à la suite d’une frappe en Jordanie et la récupération de restes non identifiés sur le site de la frappe, et un autre soldat a été tué en Irak alors qu’il démantelait des munitions de drones iraniens. L’armée avait précédemment annoncé la perte d’un soldat suite à l’attaque en Jordanie, en plus de la mort des deux soldats.

Le commandement central américain a déclaré qu’il refusait de divulguer toute information supplémentaire, y compris l’identité des soldats disparus et morts, par respect pour leurs familles, tout en les informant de la nouvelle. Mais le New York Times a cité un responsable américain disant que « les restes retrouvés sur le site de l’attaque iranienne contre une base militaire en Jordanie seraient ceux du soldat américain porté disparu. » Le responsable a ajouté que le Pentagone attend la confirmation définitive de l’identité d’un médecin légiste affilié aux forces armées. La veille lundi, la Maison Blanche a annoncé que D. Trump assisterait – soir mardi soir– à une cérémonie de réception des corps des soldats américains à la base aérienne de Douvres.

L’agence iranienne Tasnim a fait état, mardi, d’explosions survenues dans le port de Bandar Abbas, le port de Tchabahar et le port de Konarak, dans le sud de l’Iran. De son côté, l’agence iranienne IRNA a rapporté des explosions à Chiraz et dans le port de Bandar Lengeh, confirmant une autre agression américaine contre le port de Bandar Lengeh, dans la province de Hormozgan.

Par ailleurs, le Commandement central américain (CENTCOM) a annoncé que les forces américaines ont entamé une nouvelle vague d’attaques contre l’Iran, sur directive du commandant en chef. Il a indiqué dans son communiqué que « ces frappes visent à affaiblir davantage les capacités militaires iraniennes utilisées pour attaquer le trafic maritime commercial dans le détroit d’Ormuz », selon ses termes. Dans un contexte lié, le représentant de l’Iran auprès des Nations unies a demandé, dans une lettre adressée au Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, et au président du Conseil de sécurité, de « condamner explicitement l’agression contre la centrale nucléaire de Darkhovin ».

Ces derniers jours ont été marqués par de nombreuses agressions américaines contre l’Iran, principalement concentrées sur le littoral, en particulier dans sa partie sud, ciblant des ports, des tours de contrôle côtières, ainsi que plusieurs installations portuaires vitales et infrastructures civiles, ce à quoi l’Iran a répliqué en ciblant les bases américaines dans la région.

Le service des relations publiques de l’armée iranienne a annoncé que les forces terrestres de l’armée ont ciblé, à l’aide de missiles sol-sol, des systèmes HIMARS appartenant à l’armée américaine et stationnés sur la base d’Arifjan au Koweït. Cette attaque s’inscrit dans le cadre de la dix-huitième phase de l’opération « Éclair » (Al-Sâ’iqa), en réponse aux attaques de missiles menées par les États-Unis contre plusieurs régions d’Iran. Le communiqué a également précisé que le système HIMARS est un dispositif de missiles mobile, caractérisé par son déploiement rapide et sa capacité à frapper des cibles terrestres, soulignant que le ciblage de ces systèmes est de nature à porter atteinte aux capacités offensives et défensives de l’ennemi et à réduire sa puissance de frappe utilisée dans les opérations militaires. Auparavant, l’agence de presse officielle koweïtienne avait rapporté que les sirènes d’alarme ont retenti au Koweït.

Les Gardiens de la révolution ont en outre annoncé dans un communiqué que leur force aérospatiale a infligé, il y a quelques heures, une nuit noire et sombre aux radars et aux systèmes de défense aérienne américains dans la région. Dans le cadre des opérations « Nasr 2 », un radar américain à Muharraq, au Bahreïn, a été totalement détruit, tandis qu’un système de défense aérienne américain Patriot à Riffa, au Bahreïn, a été ciblé et détruit lors d’une attaque simultanée menée par des missiles et des drones. Son communiqué affirme que « les fils de la nation au sein de la force aérospatiale des Gardiens de la révolution ont transformé la nuit en un cauchemar sombre pour les radars et les systèmes de défense aérienne américains dans la région. Lors de la 24ème vague des opérations « Nasr 2 », et afin de préparer le terrain pour des opérations ultérieures plus vastes et d’éliminer les obstacles à la frappe précise des cibles, un système de défense aérienne américain et un radar américain ont été entièrement détruits dans la région de Muharraq au Bahreïn, entraînant leur mise hors service. »

Le communiqué indique également qu’un système de défense aérienne américain de type Patriot, situé dans la région de Riffa au Bahreïn, a fait l’objet d’une attaque simultanée aux missiles et aux drones, conduisant à sa destruction. Et de conclure que « l’opération visant à punir les agresseurs se poursuit, et notre cher et héroïque peuple sera tenu informé de ses détails et de ses résultats au fur et à mesure » réitérant que tant que les hostilités américaines se poursuivront dans la région, le détroit d’Ormuz restera fermé, faisant également état de deux pétroliers en proie aux flammes à la suite d’une explosion alors qu’ils tentaient de franchir le passage non sécurisé au sud d’Ormuz.

Quelques heures plus tard, le CGRI a fait part d’une frappe et de la destruction de l’infrastructure centrale de données de la société américaine Amazon à Bahreïn par plusieurs missiles de croisière. Il a précisé que « le ciblage des données de la société américaine Amazon à Bahreïn intervient en réponse à l’agression américaine contre les installations civiles à Darkhovin ».

Le CGRI a également annoncé le lancement par ses forces aérospatiales d’une attaque de missiles contre une base américaine en Jordanie, ayant « détruit un système de radar de défense antimissile et un avion F-15 ». Dans son communiqué n° 40, le CGRI a confirmé avoir mené une frappe sur un complexe où sont stationnées des forces de l’armée américaine dans la région d’Al-Rukban, en Jordanie, entraînant la mort de plusieurs de leurs soldats. Et de renchérir : « cette région n’est pas un lieu pour les agresseurs américains, et ils doivent la quitter pour éviter de subir des pertes plus lourdes ».

Appréhensions US

L’intensité des réactions de colère et des divisions s’accentue au sein des cercles politiques aux États-Unis, après la mort de deux soldats américains et la disparition d’un troisième en Jordanie, sur fond de revendications parlementaires pour l’arrêt de la guerre contre l’Iran. Dans ce contexte, Marjorie Taylor Greene, ancienne représentante, a lancé une attaque cinglante en réponse à Pete Hegseth, secrétaire à la Guerre américain, affirmant que les soldats américains avaient été tués à cause de la guerre que lui et le président mènent au nom d’Israël.

L’administration américaine a également essuyé des critiques acerbes de l’intérieur même du Parti démocrate. Chris Van Hollen, sénateur démocrate, a ainsi commenté les développements sur le terrain en déclarant que « cette guerre absurde n’aurait jamais dû commencer, et elle doit se terminer maintenant ».

De son côté, Ro Khanna, représentant démocrate, réagissant à la mort des deux soldats américains et à la disparition du troisième sur les bases de l’armée américaine en Jordanie, a appelé à une désescalade immédiate et à mettre fin d’urgence à la confrontation actuelle, exigeant en termes clairs : « Mettez fin à la guerre contre l’Iran ».

Il y a quelques jours, Chris Murphy, sénateur démocrate américain, a critiqué la politique actuelle du président dans la région, affirmant que « Trump a rallumé une guerre totale et a provoqué une hausse brutale des prix du carburant », ajoutant que « la vérité fondamentale est que Trump ne dispose d’aucune issue pour parvenir à un accord avec l’Iran ». Cela intervient alors que Adam Schiff, sénateur démocrate de Californie, a l’intention de présenter une nouvelle résolution sur les pouvoirs de guerre au Sénat américain, visant à contraindre les membres républicains à voter à nouveau pour « mettre fin au conflit militaire avec l’Iran », dont les hostilités se sont intensifiées ces derniers jours.

En juin dernier, D. Trump avait critiqué la décision du Congrès qui avait adopté un projet de loi symbolique appelant à la fin de la guerre contre l’Iran, la qualifiant de « malvenue et dénuée de sens », prétendant que l’Iran était désormais « acculé dans un coin et prêt à s’effondrer ». Le Sénat américain avait voté, à une majorité de 50 voix contre 48, en faveur d’un projet de résolution basé sur la « Loi sur les pouvoirs de guerre », appelant à l’arrêt de toute action militaire contre l’Iran sans l’autorisation explicite du Congrès.

En outre, The Wall Street Journal a mis en lumière les défis majeurs auxquels sont confrontées les forces américaines pour protéger leurs soldats au Moyen-Orient, dans le contexte de la poursuite des attaques iraniennes par missiles et drones. Le quotidien américain a indiqué que Washington ne peut assurer une protection totale aux quelque 50 000 soldats stationnés dans la région, alors que l’arsenal iranien de missiles balistiques et de drones continue de représenter une menace réelle, en dépit des frappes américaines répétées.

Par ailleurs, le journal britannique The Telegraph a cité un responsable américain affirmant que son pays fait face à une pénurie de missiles nécessaires pour s’engager dans une guerre à grande échelle avec l’Iran. « Nous ne disposons pas de suffisamment de missiles pour garantir la sécurité de nos opérations, et je ne pense pas que la Maison Blanche en soit consciente », a ajouté le responsable.

Des médias internationaux avaient précédemment rapporté que l’agression américaine contre l’Iran et la riposte ferme de cette dernière ont entraîné, au cours des derniers mois, une baisse notable des stocks de missiles américains. En effet, l’interception des drones iraniens à faible coût exige le tir de missiles extrêmement coûteux issus des systèmes THAAD et Patriot, des munitions dont la production annuelle reste très limitée.

Les États-Unis ont renforcé leur présence au Moyen-Orient en déployant des avions de chasse et des ravitailleurs alors que les tensions et les opérations militaires avec l’Iran s’intensifient. CNN, citant un responsable américain, a rapporté que les États-Unis renforcent leur déploiement militaire au Moyen-Orient en envoyant des avions de chasse F-16 et F-35 supplémentaires depuis leurs bases européennes, et en augmentant leur flotte d’avions ravitailleurs.

Selon le reportage, une source israélienne a indiqué que des dizaines d’avions ravitailleurs américains sont arrivés en Israël ces derniers jours, et que d’autres sont encore en route. La source a ajouté que le nombre de ces appareils avait atteint environ 94 lors de l’opération militaire de mars dernier, avant de retomber à 40, mais qu’il est reparti à la hausse depuis la semaine dernière. La chaîne a indiqué que ces renforts militaires pourraient élargir les options dont dispose D. Trump pour faire face à l’escalade rapide des tensions avec l’Iran. Selon CNN, ce dernier a été informé la semaine dernière, dans la Situation Room, des différentes options pour une escalade des opérations militaires, notamment la possibilité de s’emparer de l’île de Kharg, plaque tournante essentielle pour les exportations de pétrole iranien, ou de lancer des frappes contre les installations nucléaires iraniennes de Pickaxe Mountain.

La chaîne a toutefois noté que D. Trump n’a pas totalement exclu la voie diplomatique, le secrétaire d’État Marco Rubio confirmant que la porte restait ouverte à la reprise des négociations et au retour à la table des négociations avec l’Iran.

Appels à la retenue

Les pays d’Asie du Sud-Est ont appelé mardi les États-Unis et l’Iran à faire preuve de la « plus grande retenue », estimant que la reprise du conflit compromet les efforts menés par les principaux médiateurs en faveur d’un règlement pacifique. « Nous avons exprimé notre profonde préoccupation face à l’évolution rapide de la situation au Moyen-Orient, en particulier à la reprise des hostilités » entre les États-Unis et l’Iran, ont déclaré les ministres des Affaires étrangères de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) dans un communiqué conjoint.

Les chefs de la diplomatie se sont réunis à Manille, capitale des Philippines, qui assurent actuellement la présidence du bloc composé de 11 membres, à l’occasion de leur 59e réunion annuelle. « Nous sommes profondément préoccupés par le fait que ces développements compromettent gravement les efforts en cours des principaux médiateurs et réduisent les perspectives d’une résolution pacifique par le dialogue et la diplomatie », ont-ils ajouté.

Les ministres ont appelé toutes les parties concernées à faire preuve de la « plus grande retenue » et à éviter tout acte susceptible d’aggraver davantage la situation. Ils ont également souligné l’importance de préserver la paix, la stabilité et la prospérité régionales, de respecter le droit international et de privilégier un dialogue véritable et la diplomatie pour régler les conflits et les tensions. Ils ont notamment appelé à une « cessation complète et immédiate des hostilités sur tous les fronts au Moyen-Orient ».

Cet appel intervient alors que les échanges de tirs entre Washington et Téhéran se poursuivent, malgré un protocole d’accord négocié sous l’égide du Pakistan et signé en juin afin de mettre fin à leur conflit et de parvenir à un accord de paix durable.

Le Pakistan et le Qatar, principaux médiateurs, ont exhorté les deux parties à cesser leurs frappes et à revenir à la situation qui prévalait avant le 9 juillet. Les États-Unis ont poursuivi mardi, pour le dixième jour consécutif, leurs frappes militaires contre l’Iran, entraînant des représailles de Téhéran contre des installations et des bases américaines au Moyen-Orient. Une proposition conjointe d’Islamabad et de Doha appelle notamment Téhéran et Washington à rouvrir le détroit d’Ormuz, à lever le blocus des ports iraniens et à mettre fin aux sanctions visant le pétrole iranien.

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