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Alors que D. Trump accueille à la Maison Blanche J. Aoun : L’armée libanaise essuie des tirs de sommation israéliens

by Perspectives Med
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Alors que D. Trump accueille à la Maison Blanche J. Aoun : L’armée libanaise essuie des tirs de sommation israéliens

La direction de l’Armée libanaise a annoncé que ses unités militaires ont commencé ce matin à se déployer dans la localité de Zawtar al-Gharbiya, dans le caza de Nabatieh, et ce, dans le cadre de la poursuite de leurs missions dans les régions du Sud. Elle a précisé, dans un communiqué publié par la Direction de l’orientation, que ce déploiement intervient sur la base des contacts et de la coordination en cours avec le Groupe de coordination militaire pour le Liban (MCG4L). Le commandement de l’armée a invité les citoyens à ne pas se rendre dans la localité pour le moment, en attendant que la situation sécuritaire se stabilise, soulignant la nécessité de se conformer aux directives des unités militaires déployées dans la zone pour leur propre sécurité et celle des habitants.

Dans l’après-midi, le commandement de l’armée libanaise a accusé les forces d’occupation israéliennes d’avoir ouvert le feu sur ses forces pendant leur déploiement à Zawtar al-Gharbiya. Cette attaque entraverait la mise en œuvre des étapes de déploiement dans les zones pilotes, qui sont menées dans le cadre des communications avec le Groupe de coordination militaire pour le Liban (MCG4L), a-t-il averti.

Moins d’un mois après la signature du soi-disant « accord-cadre » entre les autorités libanaises et l’ennemi israélien, le département d’État américain a annoncé que « les opérations dans les zones pilotes (zones d’expérimentation) du sud du Liban ont commencé aujourd’hui et comprennent les villages de Froun, Srifa et Zawtar al-Gharbiya ». Thomas Bigot, porte-parole du département d’État, a expliqué que ces opérations « s’inscrivent dans le cadre tripartite et se déroulent sous l’égide du groupe de coordination militaire pour le Liban ». Il a ajouté, dans un communiqué publié par l’ambassade des États-Unis à Beyrouth sur son compte X, que « ce résultat est la conséquence directe des pourparlers qui se sont tenus la semaine dernière à Rome entre Israël et le Liban », précisant que « les États-Unis continueront de travailler en étroite collaboration avec les deux parties pour assurer la réussite de cet accord-cadre. »

Selon la correspondante de la chaine de télévision al-Manar, le choix de ces localités comme zones pilotes ou zones d’expérimentation est « une véritable arnaque », car elles ne sont pas sous occupation israélienne comme la proposition de l’armée libanaise le stipulait. « L’armée libanaise se trouve déjà dans ces localités et ses habitants y résident toujours … alors que la proposition des zones pilotes ou expérimentales de l’armée suggérait que l’ennemi israélien se retire des localités qu’il a occupées pour laisser place aux forces armées libanaises, puis leurs habitants seront invités à y retourner », a expliqué Mona Thini. Elle a assuré que c’est cette proposition qui avait été présentée par l’armée libanaise dans toutes les étapes des négociations qui ont précédé la signature de l’accord-cadre et ce qui est mis en œuvre n’a rien à voir avec. « Ils feignent avoir offert un exploit au président de la république, mais la montagne a accouché d’une souris », a-t-elle conclu, déplorant qu’« on se moque des dirigeants libanais et du peuple libanais. »

Le président libanais avait entamé depuis lundi ses réunions officielles à Washington par une rencontre avec Marco Rubio, au cours de laquelle ils ont discuté de la mise en œuvre de l’accord-cadre tripartite et des relations bilatérales.

Le 26 juin, des délégations libanaise et israélienne, en présence du secrétaire d’État américain, ont signé un accord-cadre à Washington après plusieurs jours de négociations. Les autorités libanaises ont fait des concessions humiliantes à Israël, lui accordant la liberté de circulation au sein de la zone dite de sécurité et le droit d’y rester jusqu’au désarmement du Hezbollah, selon le Premier ministre israélien.

La plupart des partis libanais ont rejeté l’accord-cadre, estimant qu’il ne garantit nullement le retrait israélien des zones libanaises occupées où l’armée ennemie israélienne procède à la destruction des villages.

Sale temps pour les journalistes

Lundi, le juge Ahmed Rami El Haj, procureur général près la Cour de cassation, a demandé à la branche des renseignements des Forces de sécurité intérieure d’arrêter le journaliste Hassan Ollaik, en raison de publications sur les réseaux sociaux dans lesquelles il critiquait le régime saoudien pour le siège continu du Yémen.

Le journal Al-Akhbar rapporte que le juge a confirmé qu’il avait agi d’office, indiquant que le président de la République lui avait précédemment demandé d’agir immédiatement contre quiconque s’en prendrait à l’Arabie saoudite, et de considérer cela comme un délit ne relevant pas des dispositions de la loi sur la presse. Partant de cette interprétation, A.R. El Hage a estimé que les publications sur les réseaux sociaux ne relèvent pas des délits de presse, mais sont soumises à des poursuites pénales ordinaires. Par conséquent, le refus de H. Ollaik de comparaître devant la branche des renseignements entraînera l’émission de mandats d’arrêt à son encontre, lesquels seront diffusés auprès des différents services de sécurité pour exécution.

Al-Akhbar a appris que l’envoyé saoudien Yazid bin Farhan et l’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dossari, ont contacté directement des ministres et des juges afin d’agir à la suite de ce que H. Ollaik a publié. On apprend également que le président de la République souhaite exécuter cet ordre avant son retour de Washington, afin de se dédouaner de toute responsabilité.

Selon le récit du journaliste sur ce qui lui est arrivé, la branche des renseignements du Mont-Liban au sein des Forces de sécurité intérieure l’a contacté pour le convoquer à la « section des enquêtes de la division des renseignements, sur instruction du procureur général près la Cour de cassation ». Lorsqu’il a demandé la raison, son interlocuteur a répondu : « Nous ne savons pas. Nous sommes exclusivement chargés de la notification. » H. Ollaik a alors refusé de se présenter, au motif que les journalistes ne comparaissent que devant le tribunal de la presse. Par la suite, le confrère a effectué des démarches pour connaître le motif de la convocation, pour découvrir qu’elle était due à deux commentaires rédigés sur le réseau « X » dans lesquels il attaquait le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, « en raison de son siège criminel des gouvernorats du nord du Yémen ». La personne qui l’a contacté lui a rapporté qu’il s’agissait « des instructions de Joseph Aoun, ordonnant de poursuivre quiconque s’en prend à ben Salmane et à son régime ».

Quelques heures plus tard, l’agent de sécurité l’a recontacté pour lui notifier, au nom du procureur général près la Cour de cassation, que sa publication « n’entre pas dans les compétences du tribunal de la presse ».

Selon les informations, le parquet général près la Cour de cassation s’est appuyé, pour demander l’écoute du journaliste devant la division des renseignements, sur une jurisprudence qui établit une distinction entre ce qu’un journaliste publie dans un journal ou un média, et ce qu’il écrit sur les plateformes de réseaux sociaux. Selon cette interprétation, le journaliste ne bénéficie des garanties accordées par la loi aux journalistes dans les affaires de presse que dans le premier cas. Quant à ses publications numériques, elles n’entrent pas dans le cadre du travail journalistique dont les affaires relèvent du tribunal de la presse. C’est une interprétation qui jette une ombre inquiétante sur les journalistes, d’autant plus que les plateformes numériques sont devenues une partie essentielle de leur travail.

 

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