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Terrorisme en Afrique : Moscou brandit un doigt accusateur face à Paris et Kiev

by Perspectives Med
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Terrorisme en Afrique : Moscou brandit un doigt accusateur face à Paris et Kiev

Selon le haut diplomate russe, Paris fournirait à ces groupes différents types de renseignements, notamment des données satellitaires. Cette assistance aurait joué un rôle essentiel dans l’organisation de l’attaque coordonnée du 25 avril au Mali, ainsi que de plusieurs attaques ultérieures contre quatre localités. A. Bachkine a toutefois souligné que le rôle des spécialistes français et ukrainiens ne se limiterait pas au partage de renseignements. Ils participeraient activement à la planification des opérations et à l’utilisation de moyens de combat.

La France occuperait une place centrale dans ce dispositif. Les échanges avec les groupes armés se dérouleraient principalement en français, notamment pour expliquer le fonctionnement des armements, préparer les opérations et coordonner les actions. Les spécialistes ukrainiens auraient, pour leur part, recours à des interprètes. Le responsable russe a également déclaré que des modèles avancés de drones de fabrication ukrainienne apparaissaient désormais entre les mains de groupes terroristes en Afrique. Selon lui, il ne s’agirait pas d’armes détournées, mais d’équipements plus récents, notamment de drones à pilotage en immersion, de systèmes de guerre électronique ainsi que de drones lourds. A Bachkine a ajouté que des conseillers militaires ukrainiens seraient présents dans le nord du Mali, notamment dans les zones où vivent les Touaregs ainsi que dans d’autres régions où opèrent des groupes djihadistes. Ils y formeraient les combattants à l’utilisation d’armes modernes de fabrication ukrainienne et occidentale.

Le diplomate a par ailleurs estimé que la situation au Mali évoluait de manière positive. Il a fait savoir que l’African Corps du ministère russe de la Défense, avec l’appui des forces armées maliennes, était parvenu à lever le blocus de garnisons militaires à Anéfis ainsi que dans d’autres localités. Dans le même temps, il a souligné une amélioration des relations entre le Mali et l’Algérie. D’après lui, le retour prochain des ambassadeurs et la reprise des contacts diplomatiques pourraient ouvrir la voie à un processus de négociation susceptible d’apaiser les tensions dans les régions frontalières. Ce dialogue pourrait permettre de trouver un compromis sur le statut des Touaregs tout en préservant l’intégrité territoriale du Mali. Le 25 avril 2026, plusieurs villes maliennes ont été attaquées de manière coordonnée par des groupes terroristes. Le chef d’état-major malien avait annoncé le même jour que toutes les attaques avaient été repoussées et que les assaillants avaient subi de lourdes pertes.

On signale par ailleurs, selon une source sécuritaire malienne, que 18 soldats ont été exécutés sommairement par le Jnim. Sur des images diffusées par les jihadistes, on peut voir des militaires désarmés, assis ou allongés dans le sable, recevoir des rafales de balles. Parmi les jihadistes à l’œuvre, plusieurs sources identifient clairement Hamza Ag Iyad, l’un des fils d’Iyad Ag Ghaly, le chef du Jnim.

Si les militaires exécutés ne sont, par définition, pas des civils, le droit international humanitaire protège aussi les prisonniers de guerre. Une fois les combats terminés, les vainqueurs sont responsables de leurs captifs, qu’ils sont censés traiter sans violence et dignement. « Ce sont des soldats qui étaient restés à l’arrière du convoi, leur camion s’était ensablé, ils s’étaient rendus », affirment plusieurs sources au sein du MSA et du Gatia, des groupes politico-militaires du Nord alliés des autorités de transition, et dont les combattants sont intégrés à l’armée malienne. Les mauvais traitements, a fortiori les exécutions de prisonniers de guerre ou d’otages, sont constitutifs de crimes de guerre.

L’état-major malien avait indiqué samedi que des frappes aériennes avaient « permis au convoi de se désengager des embuscades tendues et de poursuivre son itinéraire », sans communiquer de bilan. Après l’attaque, le convoi avait fini par rejoindre Gao.

Du côté des rebelles du FLA, alliés sur le terrain des jihadistes du Jnim, on s’efforce de se démarquer. « Nous avons attaqué le même convoi mais chacun de son côté, les groupes ne sont pas mélangés », assure un chef militaire indépendantiste, qui précise : « Le Jnim a exécuté ses propres prisonniers. » Le Front de libération de l’Azawad (FLA) affirme avoir capturé, pour sa part, une vingtaine de soldats maliens environ au cours de cette embuscade, qui s’ajoutent à ceux déjà capturés à Kidal le 25 avril et lors de précédentes attaques.

Au total, ils seraient entre 200 et 250 militaires maliens actuellement détenus par le FLA, qui « invite » les organisations internationales à venir vérifier leurs conditions de détention. La famille de l’un d’entre eux confirme à RFI recevoir des nouvelles régulières et rassurantes. Le FLA cherche à cultiver l’image d’un groupe armé respectueux des droits humains. Quant aux jihadistes du Jnim, ils tentent depuis plusieurs mois de lisser leur discours et de gagner en « respectabilité », aux yeux de l’opinion publique malienne et des acteurs politiques nationaux et internationaux. Les exécutions sommaires dont ils viennent de se rendre coupables ne vont pourtant pas dans ce sens. « Voilà l’industrie du crime qui prétend diriger le Sahel », réagit avec colère un notable de Kidal, favorable au régime de transition et qui, comme les autorités en place, considère que jihadistes et indépendantistes sont « terroristes », sans distinction.20U

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