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Guerre génocidaire d’Israël : Les militants de Sumud arrêtés de nouveau par l’armée israélienne

by Perspectives Med
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Guerre génocidaire d’Israël : Les militants de Sumud arrêtés de nouveau par l’armée israélienne

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a appelé lundi Israël à prendre « toutes les mesures nécessaires » pour empêcher des actes de « génocide » dans la bande de Gaza, dénonçant également des signes de « nettoyage ethnique » à Gaza et en Cisjordanie. Dans un rapport couvrant la période allant du 7 octobre 2023 à mai 2025, l’ONU estime que les opérations israéliennes menées dans l’enclave palestinienne constituent des « violations flagrantes » du droit international et s’apparentent, dans de nombreux cas, à des « crimes de guerre et autres atrocités ».

Volker Türk, a exhorté Israël à appliquer une ordonnance rendue en 2024 par la Cour internationale de justice (CIJ) lui demandant de prévenir tout acte de génocide à Gaza. Selon le rapport, Israël doit veiller « avec effet immédiat » à ce que son armée ne commette pas d’actes relevant du génocide et prendre des mesures pour « prévenir et punir l’incitation au génocide ».

Le document marque une nouvelle étape dans les prises de position des instances onusiennes sur la guerre à Gaza. En septembre dernier, une commission de l’ONU avait accusé des dirigeants israéliens d’avoir « incité à commettre un génocide », tandis que Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens, avait évoqué dès mars 2024 plusieurs « actes de génocide » dans l’enclave. Le rapport condamne également les « violations graves » commises par des groupes armés palestiniens, notamment lors de l’attaque menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Israël impose un blocus à la bande de Gaza depuis 2007, laissant les 2,4 millions d’habitants du territoire au bord de la famine.

F. Albanese, a appelé lundi les pays méditerranéens à protéger une flottille humanitaire en route vers Gaza, après que des militants ont signalé la présence de navires non identifiés à proximité du convoi en eaux internationales. Elle a également appelé les gouvernements à « briser le siège », « mettre fin à la complicité avec l’apartheid » et « faire triompher la justice ». La responsable onusienne relayait un message de la Flottille mondiale Sumud, qui a affirmé que « des navires non identifiés ont été repérés près de notre flotte ».

La flottille, composée de 54 navires, avait quitté jeudi la ville portuaire de Marmaris, sur la côte méditerranéenne turque, dans une nouvelle tentative de briser le blocus israélien de Gaza, en place depuis l’été 2007. Lundi matin, la marine israélienne a commencé à s’emparer de navires appartenant à la flottille Global Sumud dans les eaux internationales de la mer Méditerranée et à arrêter les militants à bord. L’organisation israélienne de défense des droits des Palestiniens, Adalah, a appelé à ce que des équipes juridiques puissent avoir un accès immédiat aux militants de la flottille humanitaire à destination de Gaza, détenus par Israël. Dans un communiqué, Adalah a également demandé la divulgation des lieux de détention et des conditions de détention des personnes arrêtées. « Selon les informations disponibles à ce stade, les forces israéliennes ont pris le contrôle de plusieurs navires et conduit les participants ailleurs, tandis que les détails concernant leurs lieux de détention et leur état de santé restent limités », indique le texte.

Adalah précise que son équipe juridique, accompagnée d’avocats bénévoles, s’est rendue au port d’Ashdod afin de représenter immédiatement les participants après l’interception. « L’interception de navires civils dans les eaux internationales et la détention de participants, tout en empêchant la livraison d’aide humanitaire à la bande de Gaza, constitue une grave violation du droit international et s’inscrit dans la continuité du blocus illégal imposé par Israël et de politiques de famine de masse contre la population de Gaza », ajoute le communiqué. Le centre confirme que son équipe juridique continuera de suivre les conditions de détention et de contester la légalité de ces arrestations.

Plus tôt lundi, le site israélien Walla a rapporté qu’environ 100 militants avaient été arrêtés jusqu’à présent dans le cadre de la flottille, à environ 100 miles des côtes israéliennes.

Pour rappel, en Cisjordanie, des organisations de défense des droits humains parlent d’un « déplacement non déclaré » ou d’un « déplacement sournois », mis en œuvre par de multiples moyens, qui ne se limitent pas aux expulsions directes, mais incluent également la création d’un climat coercitif qui pousse progressivement les habitants à quitter leurs zones de résidence. Un rapport publié il y a deux jours par Middle East Eye a décrit en détail la vie quotidienne et les déplacements entre Ramallah et Naplouse. Il rapporte entre autres qu’un trajet relativement court s’est transformé en une épreuve qui a duré de longues heures en raison des points de contrôle militaires, des fermetures de routes et des risques croissants pour la sécurité sur les routes.

Le rapport met en lumière un système de mesures militaires et administratives, notamment les démolitions de maisons, les refus de permis de construire et le durcissement des restrictions de circulation, comme outils clés pour consacrer cette nouvelle réalité.

Dans des zones comme Masafer Yatta, au sud d’al-Khalil (Hébron), des décisions ont été prises empêchant les Palestiniens de construire ou de développer leurs communautés, sous des prétextes sécuritaires liés à l’utilisation de la zone à des fins d’entraînement militaire, ce qui pousse au déplacement des centaines de familles qui vivent dans la région depuis des décennies.

À Jérusalem-Est, dans le quartier d’Al-Boustan, situé dans le district de Silwan, plus de 57 maisons ont été démolies ces deux dernières années. Selon les données disponibles, au moins huit autres maisons sont menacées de démolition dans les semaines à venir, ce qui accroît l’inquiétude des habitants quant à leur avenir dans le quartier.

Ces démolitions sont réalisées dans le cadre du projet d’aménagement du site intitulé « Kings’ Garden », un parc à caractère religieux et touristique, lié aux légendes bibliques attribuées au roi Salomon.

En parallèle, les attaques des colons contre les Palestiniens et leurs biens se multiplient : ils incendient les récoltes, détruisent les voitures, attaquent des villages entiers, en particulier dans les zones proches des avant-postes de colonisation décrits comme les plus extrêmes. D’après les témoignages locaux, ces attaques ne sont plus des incidents isolés, mais constituent plutôt un schéma récurrent qui impose une pression constante sur la population et lui rend plus difficile de maintenir sa présence dans certaines zones.

Ces évolutions s’accompagnent d’une expansion marquée des avant-postes de colonisation informelle, qui commencent souvent par de petits sites au sommet de collines, puis se transforment progressivement en communautés permanentes qui reçoivent ensuite un soutien politique et financier du gouvernement israélien.

Cette expansion ne se limite pas à la seule construction, mais s’étend au contrôle des routes, des pâturages et des zones agricoles, ce qui conduit à une réduction des espaces disponibles pour les Palestiniens et à une redistribution inégale du contrôle des terres.

Selon le Haut -Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, ces politiques s’inscrivent dans un schéma croissant de « climat coercitif » qui conduit au déplacement des Palestiniens de leurs communautés. Les données de l’ONU indiquent que des milliers de Palestiniens ont été déplacés ces dernières années à la suite de démolitions de maisons, de violences perpétrées par des colons ou de restrictions d’accès aux terres agricoles et aux moyens de subsistance, en plus des informations selon lesquelles des dizaines de milliers de personnes ont été contraintes de quitter des camps et des villages en raison d’opérations militaires et de l’escalade des pressions sécuritaires.

La diplomatie européenne, accusée d’appliquer le droit international et ses propres valeurs à géométrie variable, et d’être complice du génocide et du colonialisme brutal menés en Cisjordanie et en Israël, a réagi en tentant d’apaiser la colère mondiale. Elle a approuvé des sanctions à l’encontre d’individus colons – mais elles n’ont pas encore été adoptées. Pourtant, les principaux responsables de ces exactions violentes – des ministres israéliens comme Itamar Ben-Gvir et Bezalel Smotrich – ont été retirés de la liste sous la pression d’Israël, selon Politico Brussels Playbook. D’après Haaretz, quatre entités de colons israéliens (Amana, Nachala, Hashomer Yosh et Regavim) et trois individus liés (Daniella Weiss, Avichai Suissa et Meir Deutsch) seront soumis à une interdiction de visa et à un gel de leurs avoirs par l’UE. Il s’agit essentiellement de donner l’impression d’agir sur un enjeu colossal, pour sauver les apparences. Les diplomates européens savent pertinemment que ce qui se passe en Cisjordanie n’est pas le fruit d’initiatives individuelles, mais bien d’une politique d’État.

Le responsable du bureau des droits de l’homme de l’ONU dans le territoire palestinien occupé a averti lundi que la distinction entre la violence des colons et la violence de l’État en Cisjordanie occupée « s’amenuise de plus en plus », dénonçant l’absence de responsabilité pour les attaques visant les Palestiniens. S’exprimant lors d’un point presse à Genève, Ajith Sunghay a indiqué que des soldats des Forces de défense israéliennes (FDI) participeraient de plus en plus à des attaques de colons. « Nous avons en réalité vu des membres des FDI se joindre aux colons et attaquer des communautés palestiniennes. Les FDI ne se contentent pas de rester à l’écart », a-t-il ajouté, soulignant la difficulté de distinguer entre colons et forces armées israéliennes, « car de nombreux soldats sont eux-mêmes des colons ».

« La distinction entre la violence des colons et la violence de l’État, je pense, s’amenuise de plus en plus », a-t-il ajouté en réponse à une question d’Anadolu.

A. Sunghay a également critiqué ce qu’il a décrit comme une absence de responsabilité concernant les violences des colons. « Il n’y a eu aucune responsabilité. Nous ne voyons ni arrestations, ni poursuites, ni sanctions », a-t-il affirmé. « Ils bénéficient d’une protection. Ils sont capables de s’emparer de terres sans conséquence. Ainsi, avec toutes ces explications, l’action de l’État et celle des colons se confondent. »

Interrogé sur les moyens de faire pression sur Israël pour changer la situation sur le terrain, le diplomate onusien a estimé que les États membres devraient réévaluer leurs relations bilatérales avec Israël. « Nous attendons, comme le Haut-Commissaire l’a appelé à de nombreuses reprises, que les États membres exercent des pressions sur Israël et examinent également leurs relations bilatérales avec Israël afin de voir comment elles peuvent être utilisées pour changer la situation sur le terrain », a-t-il déclaré.

Qualifiant la violence des colons d’« outil de déplacement forcé des Palestiniens et d’expansion des colonies et des colons », il a renvoyé à l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice appelant Israël à mettre fin à l’occupation et à démanteler les colonies. « La responsabilité est extrêmement importante », a-t-il conclu, soulignant que des questions plus larges doivent également être abordées.

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