Le secteur des assurances et de la réassurance a confirmé en 2025 sa dynamique positive. Le volume des primes émises s’est établi à 63,2 milliards de dirhams, en progression de 7,5% sur un an, selon le dernier rapport de l’Autorité de contrôle des assurances et de la prévoyance sociale (ACAPS).
Cette croissance repose sur deux moteurs principaux. La branche vie enregistre une hausse de 8,4% à 29,4 milliards de dirhams, portée essentiellement par l’épargne, qui concentre 88% de l’activité. La composante en unités de compte affiche une progression particulièrement marquée de 43,3%, bénéficiant de la forte performance du marché boursier. Parallèlement, la branche non-vie progresse de 6,6% pour atteindre 33,7 milliards de dirhams, tirée notamment par l’assurance automobile (16,2 milliards) et la maladie (5,2 milliards).
Au-delà de ces segments traditionnels, certains indicateurs traduisent une transformation plus structurelle du marché. Les risques techniques enregistrent ainsi une hausse de 86,9%, en lien avec le développement des assurances liées aux grands projets d’infrastructure, notamment les garanties tous risques chantier et la responsabilité civile décennale.
Cette dynamique s’accompagne toutefois d’une accélération notable des charges. Les prestations et frais ont atteint 58 milliards de dirhams en 2025, en hausse de 11,3%, après un recul l’année précédente. La branche vie affiche la progression la plus marquée (+13,4%), tandis que la non-vie enregistre une hausse de 8,6%.
Les charges techniques d’exploitation suivent une trajectoire similaire, atteignant 12,3 milliards de dirhams (+6,8%). Le taux de chargement global reste néanmoins stable à 18,3%, traduisant une certaine maîtrise des coûts opérationnels malgré l’augmentation des volumes.
Dans ce contexte, la rentabilité du secteur s’est nettement améliorée. Le résultat net a progressé de 19,1% pour atteindre 5,7 milliards de dirhams, portant le rendement des fonds propres à 11,2%, contre 9,9% un an auparavant. Cette performance est largement soutenue par les revenus des placements financiers, qui ont bondi de 28,1% pour atteindre 12,9 milliards de dirhams.
Le résultat technique net a, de son côté, augmenté de 25,2% à 7,3 milliards de dirhams, tandis que le résultat non technique est devenu légèrement déficitaire, sans remettre en cause la tendance globale.
Sur le plan bilanciel, le secteur continue de renforcer ses fondamentaux. Les provisions techniques atteignent 240,2 milliards de dirhams, en hausse de 5,7%, reflétant l’ampleur des engagements pris par les assureurs. Les placements affectés progressent à 244,4 milliards de dirhams, représentant près de 74% du total du bilan, avec une allocation dominée par les actifs de taux et les actions.
Les fonds propres s’établissent à 51,3 milliards de dirhams, en progression de 5,1%, consolidant la solidité financière du secteur.
Segment encore émergent, l’assurance Takaful confirme par ailleurs sa montée en puissance. Les primes ont atteint 141,9 millions de dirhams en 2025, en hausse de 49,5%, portées majoritairement par le Takaful famille. Les prestations se sont élevées à 50,9 millions de dirhams, tandis que les provisions techniques ont presque doublé pour atteindre 61,1 millions.
Au total, le volume global d’affaires du secteur, incluant la réassurance, s’est établi à 67,6 milliards de dirhams, en progression de 7,3%.
Si les indicateurs confirment la solidité et l’attractivité du marché, ils mettent également en lumière un nouvel équilibre à trouver. Entre montée des engagements, pression sur les prestations et dépendance accrue aux performances financières, le secteur entre dans une phase où la gestion fine des risques devient déterminante.
