« À l’initiative du représentant républicain Mario Díaz-Balart, la commission des crédits de la Chambre souligne que ces deux villes, “administrées” par l’Espagne, sont situées au Maroc et encourage le secrétaire d’État (Marco Rubio) à promouvoir un accord entre les deux pays » sur l’avenir de ces territoires, signale El Confidencial dans sa livraison de samedi.
Díaz-Balart avait déjà nourri l’ire d’une partie de la classe politique espagnole lorsqu’il avait déclaré, début avril, dans une interview à un média ibérique proche de la droite traditionnelle, que « Sebta et Melilla ne se trouvent pas sur le territoire géographique de l’Espagne mais bien sur celui du Maroc », ajoutant que « les relations entre le Maroc et les États-Unis sont anciennes et très positives ».
El Confidencial n’est pas le seul média à exprimer cette hantise. Vozpopuli avait fait écho plus tôt de l’examen par la Maison Blanche d’« un rapport accablant pour l’Espagne, faisant référence à Sebta et Melilla et présentant des aspects favorables au Maroc ». Le document recommande, selon la même source, au président Donald Trump « l’ouverture d’un débat sur la souveraineté de ces villes autonomes, dans un contexte de relations étroites entre les États-Unis et le Maroc ».
Le média ibérique, proche de l’extrême droite, affirme que ce rapport a été rédigé à la suite du refus de Pedro Sánchez, chef du gouvernement espagnol, d’autoriser les forces militaires américaines à utiliser les bases aériennes de Rota et de Morón pour une offensive contre le régime iranien.
Reuters a aussi rapporté que le département américain de la Défense envisagerait de sanctionner ce refus espagnol de soutenir l’offensive israélo-américaine en Iran, notamment en écartant Madrid de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord). Depuis le début de cette offensive, le 28 février, P. Sánchez a rejeté publiquement toutes les demandes de survol de l’espace aérien espagnol par des avions américains, y compris celles émanant de vols opérant depuis les bases de l’OTAN à Rota et Morón.
Par ailleurs, le ministre américain de la Défense a annoncé vendredi 1er mai le retrait de 5 000 soldats américains stationnés en Allemagne, présence qui date de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cette décision alimente davantage les inquiétudes en Espagne, d’autant qu’elle a coïncidé avec l’arrivée le même jour au Maroc de Daniel Driscoll, secrétaire à l’armée de terre des États-Unis.
Les Présides occupés ne bénéficient pas de la protection de l’OTAN en dépit des multiples tentatives de Madrid pour les y intégrer, notamment lors du sommet de l’Alliance militaire organisé à Madrid en juin 2022.
