Le président américain a affirmé mardi que l’Iran est dans un « état d’effondrement » et que Téhéran a demandé à Washington de rouvrir le détroit d’Ormuz « le plus rapidement possible ». Il a écrit sur sa plateforme sociale TruthSocial que « l’Iran nous a tout juste informés qu’il est dans un “état d’effondrement”. Ils veulent que nous “ouvrions le détroit d’Ormuz” le plus rapidement possible, alors qu’ils tentent de comprendre leur situation de leadership (ce que je pense qu’ils réussiront à faire !) »
Donald Trump n’a pas donné de détails sur cette communication et aucune confirmation immédiate n’a été apportée par des responsables iraniens. Ces déclarations interviennent alors que des rapports indiquent que le locataire de la Maison Blanche est mécontent d’une proposition de Téhéran visant à rouvrir le détroit et à avancer vers la fin de la guerre américano-israélienne contre l’Iran et le Liban. Selon The New York Times, le président a été informé du plan lors d’une réunion dans la Salle de crise de la Maison-Blanche lundi, citant des sources anonymes. La proposition prévoirait que les États-Unis lèvent le blocus des ports iraniens, tout en prolongeant ou en rendant permanent un cessez-le-feu et en lançant des négociations nucléaires uniquement après la levée des restrictions maritimes. Elle n’aborde pas le programme nucléaire iranien, point central pour Washington.
En début de semaine, D. Trump a réuni son équipe de sécurité nationale afin d’examiner la dernière proposition de l’Iran, a indiqué la Maison-Blanche. « Je peux confirmer que le président a rencontré ce matin son équipe de sécurité nationale… la proposition est en cours d’examen », a déclaré la porte-parole Karoline Leavitt lors d’un point presse. « Je ne veux pas anticiper sur les décisions du président ou de son équipe. Mais je rappelle que ses lignes rouges vis-à-vis de l’Iran ont été établies de manière très claire, tant pour le public américain que pour les autorités iraniennes », a-t-elle ajouté.
Ces déclarations interviennent alors que les efforts diplomatiques s’intensifient pour relancer le dialogue entre Washington et Téhéran, après plusieurs semaines de conflit et l’échec de précédentes négociations. Marco Rubio, secrétaire d’État, a estimé plus tôt dans la journée que l’Iran était « sérieux » dans sa volonté de parvenir à un accord, tout en soulignant qu’un tel compromis devrait impérativement empêcher Téhéran d’accéder à l’arme nucléaire. « Nous devons nous assurer que tout accord conclu empêche de manière définitive toute course vers l’arme nucléaire », a-t-il insisté.
Washington et Téhéran avaient déjà tenu des pourparlers à Islamabad le 11 avril, sans parvenir à un accord pour mettre fin au conflit déclenché le 28 février. Ces discussions faisaient suite à un cessez-le-feu de deux semaines négocié par le Pakistan le 8 avril, ultérieurement prolongé par le président US. Ce dernier a par ailleurs annulé le déplacement prévu ce week-end au Pakistan de ses émissaires, Steve Witkoff et Jared Kushner.
Un nouveau cycle de négociations est à l’étude, mais plusieurs points d’achoppement demeurent, notamment la question du détroit d’Ormuz, le blocus des ports iraniens et l’avenir du programme nucléaire de Téhéran.
A rappeler que Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères, est arrivé à Saint-Pétersbourg tôt lundi matin, dans le cadre d’une tournée incluant le Pakistan et Oman. Lors de son entretien avec le ministre iranien, le président russe Vladimir Poutine a assuré que son pays était prêt à tout mettre en œuvre pour garantir la paix au Moyen-Orient « dans les plus brefs délais ».
Il a mentionné avoir reçu un message du Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, la semaine dernière, chargeant A. Araghchi de transmettre sa « gratitude pour ce message et ses meilleurs vœux de santé au Guide ».
Le dirigeant russe a souligné que le peuple iranien se bat « avec courage et héroïsme » pour sa souveraineté, exprimant l’espoir que la Russie verra « ce peuple traverser cette période difficile pour retrouver la paix ». Il a réaffirmé que Moscou « entend préserver ses relations stratégiques avec l’Iran ».
De son côté, A. Araghchi a remercié le locataire du Kremlin et la Russie pour leur soutien, estimant que « les relations entre Moscou et Téhéran représentent un partenariat stratégique au plus haut niveau, qui continuera de se développer quelles que soient les circonstances ». Il a salué le partenariat stratégique indéfectible entre l’Iran et la Russie, soulignant que les récents développements régionaux n’ont fait que mettre en lumière la profondeur et la solidité des relations entre Téhéran et Moscou.
Dans un communiqué publié mardi sur X à la suite de rencontres de haut niveau en Russie, le chef de la diplomatie iranienne s’est dit très satisfait d’avoir mené des discussions « au plus haut niveau », alors que l’Asie de l’Ouest est confrontée à de profonds bouleversements dus à la politique de déstabilisation persistante du régime israélien et de ses alliés occidentaux. « Je suis heureux d’avoir pu dialoguer avec la Russie au plus haut niveau, car la région traverse une période de grande instabilité », a écrit A. Araghchi. « Les événements récents ont démontré la profondeur et la solidité de notre partenariat stratégique. Alors que nos relations continuent de se développer, nous sommes reconnaissants de la solidarité dont nous bénéficions et nous nous félicitons du soutien apporté par la Russie à la diplomatie », a-t-il déclaré.
Le maître du Kremlin a déclaré que la Russie prendrait toutes les mesures nécessaires pour garantir les intérêts de l’Iran et d’autres pays de la région et pour contribuer au rétablissement de la paix dans la région le plus rapidement possible. Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, qui était également présent à la réunion entre V. Poutine et A. Araghchi, l’a par la suite qualifiée d’« utile ».
« Les relations entre la Russie et l’Iran, qui représentent un partenariat stratégique, seront renforcées », a affirmé A. Araghchi qui a fustigé le silence de certains pays face aux violations et aux intimidations des États-Unis, avertissant qu’une telle politique de deux poids, deux mesures aurait des répercussions sur l’ensemble de la communauté internationale. Évoquant les efforts de médiation du Pakistan, le diplomate iranien a déclaré que les exigences déraisonnables des États-Unis, leurs positions changeantes, leur rhétorique menaçante et les violations fréquentes de leurs engagements avaient entravé les progrès diplomatiques.
La Russie, partenaire clé du nouvel ordre mondial multipolaire, s’est toujours tenue aux côtés de l’Iran contre l’unilatéralisme, les sanctions et les tentatives des États-Unis et d’Israël de semer le chaos en Asie de l’Ouest. Les responsables iraniens ont salué à plusieurs reprises le rôle constructif de Moscou dans le soutien à de véritables solutions diplomatiques. Le renforcement des relations irano-russes est un pilier stratégique de résistance contre les ambitions hégémoniques.
Lundi, une rencontre à Bichkek a eu lieu entre Andreï Biélooussov, ministre russe de la Défense, et le vice-ministre iranien de la Défense, le général de brigade Reza Talaei-Nik « Nous plaidons pour un règlement du conflit exclusivement par la voie diplomatique. « Nous soutenons la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Iran », a assuré A. Biélooussov. « Je souhaite au peuple iranien frère et à ses forces armées, force et courage pour surmonter toutes les menaces qui pèsent sur le pays. Nous sommes prêts à tout mettre en œuvre pour résoudre cette situation », a ajouté le ministre russe. Ce dernier s’est par ailleurs déclaré convaincu que Moscou et Téhéran continueraient de se soutenir mutuellement, quelle que soit l’évolution de la situation.
