mardi, avril 28, 2026
Home MondeAsieAsie OccidentaleIranA. Araghchi reçu par V. Poutine à Saint Petersbourg : La tension qui guette le Machrek au menu des discussions entre alliés

A. Araghchi reçu par V. Poutine à Saint Petersbourg : La tension qui guette le Machrek au menu des discussions entre alliés

by Perspectives Med
0 comments
A. Araghchi reçu par V. Poutine à Saint Petersbourg : La tension qui guette le Machrek au menu des discussions entre alliés

A. Araghchi a déclaré que l’Iran avait su résister, avec courage et détermination à l’agression américaine et qu’il continuerait à faire preuve d’endurance. Il a remercié le président russe et la Russie pour leur soutien, soulignant le caractère stratégique du partenariat entre Moscou et Téhéran, appelé selon lui à se renforcer. « Il est désormais clair pour tous que l’Iran peut compter sur des amis et alliés tels que la Fédération de Russie, qui se tiennent à ses côtés dans les moments difficiles. Nous vous sommes reconnaissants pour votre position ferme et résolue en soutien à la République islamique », a ajouté le chef de la diplomatie iranienne.

Téhéran a fermement démenti toute rencontre avec les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, précisant que A. Araghchi a remis à Islamabad un « programme global » pour « mettre fin totalement à la guerre », destiné à être transmis aux Américains. Cependant, peu après, D. Trump a annulé la visite de ses émissaires au Pakistan, signe d’un possible mécontentement face au contenu de la proposition. Fait notable, le responsable iranien a modifié son itinéraire pour repasser par Islamabad après Mascate, afin de poursuivre ses échanges avec le général Munir, tandis qu’une partie de sa délégation rentrait à Téhéran pour « consultations et instructions ». L’Iran qui négocie avec doigté tente de vaincre les réticences US en rappelant que ce pays fort de 93 millions d’âmes n’exige pas plus que le respect scrupuleux du droit international. Des informations laissent entendre que la proposition iranienne, faite de trois points, insiste sur le droit à l’accès à la technologie nucléaire, la souveraineté de son industrie d’armement, dont sa force balistique, et la paix globale, et non plus un cessez-le-feu limité dans le temps, qui couvrirait aussi le front libanais.

Mehdi Mohammadi, conseiller du président du Parlement iranien a assuré que « ke signal stratégique le plus important que nous puissions envoyer à l’occupation aujourd’hui est que la guerre n’a pas seulement échoué à modifier nos calculs, elle nous a rendus plus obstinés encore. »

Valse hésitation US

A signaler que le président américain a déclaré dimanche ne pas être « particulièrement déçu » par le rôle de la Chine dans le conflit avec l’Iran, estimant que le soutien de Pékin à Téhéran restait limité. « Je ne pense pas à grand-chose. Peut-être qu’ils aident, mais je ne crois pas qu’ils puissent faire beaucoup », a indiqué Trump sur Fox News au sujet de l’implication chinoise dans la guerre en Iran. « Ils pourraient faire beaucoup plus. Je ne suis pas particulièrement déçu. » Par ailleurs, il a établi un parallèle avec le soutien des États-Unis à l’Ukraine, affirmant ne pas considérer la Chine comme « très mauvaise », dans la mesure où Washington apporte lui aussi son aide à d’autres pays en conflit.

Dans le même temps, Donald Trump a annoncé avoir suspendu les déplacements diplomatiques américains en vue de discussions, indiquant que l’Iran pouvait appeler ou se rendre à Washington. « Nous avons toutes les cartes en main », a-t-il déclaré, ajoutant que les États-Unis n’enverraient pas de représentants pour un trajet de 18 heures vers le Pakistan, estimant disposer d’une position de négociation plus forte. Enfin, « ils savent ce qui doit figurer dans l’accord. C’est très simple. Ils ne peuvent pas posséder l’arme nucléaire, sinon il n’y a aucune raison de se rencontrer », a-t-il conclu.

Maroc Rubio, secrétaire d’Etat américain, a apporté de l’eau à son vin en relevant, lundi, que l’Iran est « sérieux » quant à la conclusion d’un accord avec les États-Unis, mais tout compromis devra impérativement empêcher le pays de se doter de l’arme nucléaire. Dans ce contexte, « je pense qu’ils sont sérieux dans leur volonté de sortir de la situation difficile dans laquelle ils se trouvent », a affirmé le chef de la diplomatie US lors d’un entretien accordé à Fox News.

Par ailleurs, il a mis en avant la dégradation des conditions économiques en Iran, évoquant notamment l’inflation, les difficultés à verser les salaires ainsi que le maintien des sanctions. « Tous les problèmes auxquels l’Iran était confronté avant le début de ce conflit sont toujours présents, et la plupart se sont aggravés », a-t-il souligné. « Nous devons veiller à ce que tout accord conclu empêche définitivement l’Iran de se lancer à tout moment dans une course vers l’arme nucléaire », a-t-il encore souligné.

Ces déclarations interviennent alors que des informations médiatiques évoquent une proposition iranienne visant à rouvrir le détroit d’Ormuz en échange de la levée du blocus américain et de la fin de la guerre, tout en reportant à plus tard les négociations élargies sur son programme nucléaire.

Interrogé sur l’affirmation de Téhéran selon laquelle le détroit d’Ormuz serait ouvert, M. Rubio a répondu que « les détroits sont ouverts, à condition de se coordonner avec l’Iran, d’obtenir notre permission, sinon nous vous ferons exploser et vous devrez payer. Ce n’est pas une ouverture des détroits. » Il a ajouté : « Il s’agit de voies navigables internationales. Ils ne peuvent pas normaliser, et nous ne pouvons pas tolérer, un système dans lequel les Iraniens décident qui peut utiliser une voie maritime internationale et combien il faut payer pour y accéder. »

Dans ce cadre, l’Iran et les États-Unis ont tenu des discussions à Islamabad le 11 avril, sans parvenir à un accord pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février. Ces négociations faisaient suite à un cessez-le-feu de deux semaines négociées par le Pakistan le 8 avril, puis prolongé par D. Trump qui a aussi annulé un déplacement prévu ce week-end au Pakistan de ses émissaires spéciaux, S. Witkoff et J.Kushner. Toutefois, des efforts se poursuivent pour organiser un nouveau cycle de discussions, malgré des points de blocage majeurs, notamment le détroit d’Ormuz, le blocus américain des ports iraniens et l’avenir du programme nucléaire de Téhéran.

A rappeler qu’environ 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole transite chaque jour par ce passage stratégique, et l’insécurité croissante a entraîné une hausse des prix du pétrole ainsi que des coûts de transport maritime et d’assurance.

Autre fait notable, D. Trump multiplie les déclarations contradictoires. S’il vante l’efficacité du blocus sur Fox News, affirmant que l’Iran est à court de fonds, il a également déclaré : « La guerre avec l’Iran se terminera très bientôt et nous gagnerons. S’ils veulent parler, ils peuvent nous appeler. » Concernant l’annulation du voyage de ses émissaires, il a confié à Axios qu’après cette annulation, il avait reçu de l’Iran un document « bien meilleur », avant de menacer de nouveau : « L’Iran a environ trois jours avant que son infrastructure pétrolière n’explose. »

Pour l’heure, la navigation dans le détroit d’Ormuz reste faible et sous le contrôle strict des Iraniens. Selon le site Geo Focus, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) possède « une flotte fantôme de 1500 embarcations de moins de 10 tonnes, trop petites pour les radars, trop rapides pour les missiles, et trop nombreuses pour être toutes détruites » surtout s’ils « sont envoyés en même temps ». Et le site d’expliquer dans son reportage vidéo diffusée le 5 avril sur Facebook qu’un « moustique ne tue pas un lion en combat singulier, mais mille moustiques rendent le lion fou, il se fatigue à les chasser, il saigne de partout, et à la fin ce n’est pas le moustique qui le tue, c’est l’hémorragie.» Comme navires de guerre, le site indique les vedettes Boghamar, munies « de mitrailleuses lourdes, de RPG et de roquettes de 107 mm » dont la force réside non dans leur puissance de feu, mais parce qu’elles sont invisibles, puis les Peykaap, munis de torpilles et « assez rapides pour frapper un destroyer et disparaitre », et les Siraj avec une vitesse de 120 km sur eau « des bateaux kamikazes, bourrés d’explosifs, téléguidés ou pilotés par un équipage qui sait qu’il ne rentrera pas ».

Selon Geo Focus, cette flotte est placée dans des bases navales souterraines côtières dispersées. « La logique iranienne n’est pas de concentrer ses forces dans une grande base qu’un Tomahawk peut raser en une frappe, c’est de disperser », explique le site. Ces embarcations sont utilisées au sein d’un système plus vaste comprenant des drones et des missiles, lancés soit directement depuis les embarcations, soit depuis des plateformes terrestres mobiles, camouflées et difficiles à repérer.

Le site rapporte aussi que l’Iran a miné le détroit avec des mines intelligentes : Sadaf, M- 08 « capables de distinguer un type de navire par sa signature acoustique ». 300 y ont été disséminés, tandis que l’Iran en possède des milliers.

Il y a trois jours, le New York Times a consacré un article pour cette doctrine. Intitulé « Pourquoi la flotte de moustiques iranienne demeure une menace sérieuse pour de détroit d’Ormuz ». Il met en garde contre des escadrons de vedettes rapides, notamment les Zulfiqar, les Siraj, les ‘Ashura, les Tufan et les Haidar 110, qui se déploient dans des formations offensives flexibles conçues pour des opérations rapides et surprises. Selon Geo Focus, l’idée de la doctrine du moustique remonte à la guerre Irak-Iran, et plus précisément au 18 avril 1988 lorsque la marine américaine a coulé sa frégate l’Iris Jochan par le croiseur USS Wainwright puis détruit la moitié de la marine iranienne.

En 38 ans, les Iraniens qui avaient tiré la leçon de cette débâcle, ont façonné l’antidote, exploitant les faiblesses de leurs adversaires en adoptant des stratégies asymétriques leur permettant d’accroître leur influence à moindre coût.

Curieusement, l’offensive américaine de 1988 avait été baptisée « La mante religieuse », insecte carnivore qui dévore ses victimes. Les moustiques devraient s’en charger.

A rappeler qu’environ 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole transite chaque jour par ce passage stratégique, et l’insécurité croissante a entraîné une hausse des prix du pétrole ainsi que des coûts de transport maritime et d’assurance.

Agitation européenne

Depuis Berlin, Friedrich Merz a réitéré lundi ses critiques à l’égard des États-Unis et d’Israël concernant la prolongation de la guerre avec Iran, tout en affirmant que les Européens intensifieront leurs efforts diplomatiques afin de trouver une issue. « Concernant l’Iran, oui, j’ai été déçu », a déclaré F.  Merz lors d’une conférence de presse à Berlin, interrogé sur ses précédents propos selon lesquels les États-Unis manqueraient d’une « stratégie de sortie » et auraient été « humiliés » par Téhéran.

« Les États-Unis et Israël ont supposé, dès le départ, que ce problème serait résolu en quelques jours. Or, nous devons désormais reconnaître que ce n’est pas le cas », a poursuivi le chancelier allemand. « C’est pourquoi nous souhaitons, du côté européen, contribuer par la voie diplomatique à la recherche d’une solution.»

Le dirigeant conservateur a également souligné que l’Allemagne avait repris des discussions directes avec l’Iran et menait des consultations avec ses partenaires régionaux afin de soutenir les initiatives diplomatiques visant à mettre fin au conflit. « Nous coordonnons étroitement nos actions avec les États-Unis, mais nous tenons aussi à préciser que nous avons nos propres idées européennes sur la manière de parvenir à une résolution du conflit », a déclaré Friedrich Merz. « J’espère que nous y parviendrons, mais je n’en suis pas certain », a-t-il conclu.

Depuis Andorre, Emmanuel Macron a annoncé lundi son intention de reprendre contact avec les autorités iraniennes afin de favoriser la réouverture du détroit d’Ormuz, un passage clé pour le commerce énergétique mondial actuellement fortement perturbé. Le chef de l’État français a estimé que la hausse des prix du carburant trouvait son origine dans le blocage du détroit, appelant à « traiter le problème à la racine » en rétablissant la circulation maritime. Il a indiqué qu’il échangerait avec Téhéran dès la fin de sa visite, espérant « convaincre les parties prenantes dans les prochains jours » de permettre la reprise du trafic dans cette zone stratégique. Le président français a souligné l’importance de rouvrir ce corridor maritime afin de permettre la circulation des hydrocarbures, des engrais et des biens commerciaux, dont l’interruption pèse sur l’économie mondiale.Sur le plan intérieur, Emmanuel Macron a assuré que le gouvernement faisait « le maximum » pour atténuer l’impact de la hausse des prix de l’énergie sur les ménages français, affirmant que l’État restait mobilisé face à une situation qui « pèse » sur le pouvoir d’achat. Cette initiative diplomatique intervient alors qu’un cessez-le-feu fragile est en vigueur dans la région et que les discussions entre les États-Unis et l’Iran restent dans l’impasse, maintenant un niveau élevé de tensions autour de la sécurité du détroit.

You may also like

Adblock Detected

Please support us by disabling your AdBlocker extension from your browsers for our website.