lundi, avril 27, 2026
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L’opposition étrille le bilan de A. Akhannouch : Le PJD boit du petit lait…

by Perspectives Med
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L’opposition étrille le bilan de A. Akhannouch : Le PJD boit du petit lait…

Le pâle bilan socio-économique de l’Exécutif et les prestations des parlementaires du PJD ont fait jubiler Abdelilah Benkirane. Le leader de la formation islamise croit déjà en la bonne étoile de sa formation pour remporter haut la main les législatives. Pour peu qu’il n’y ait pas de mauvaises surprises au bout. En tout cas, les médias ont été conviés à assister à un « contre-bilan » de l’Exécutif qui n’a en rien respecté les engagements phare du programme gouvernemental. Sans aller jusqu’à jeter la pierre au cadre du RNI qui avait incité les Marocains à le faire en cas de défaillance de l’Exécutif, D. E. Azami a rétorqué le chef de l’Exécutif qui persiste, en dépit de son départ programmé, dans la reproduction des passe-droits, comme le confirment les derniers contrats signés avec quatre opérateurs de la place, sans appel d’offres, pour la connexion des bassins hydrauliques. Un scandale de plus qui a fait hurler A. Bouanou dans l’enceinte du parlement. Comme il a méthodiquement procédé à l’évaluation des réalisations promises, mais non tenues, du gouvernement. Croissance du PIB, création d’un million de poste de travail, augmentation du taux d’activité des femmes au-delà de 30% en lieu et place des 20% actuels, tirer 1 million de familles de la pauvreté et de la précarité, réduction des disparités sociales et spatiales, mobiliser le système éducatif pour améliorer le storing du pays en l’intégrant dans la grille des 60 pays les plus performants, généraliser l’éducation de base pour tous les enfants de 4 ans et rendre effective la dimension amazighe du pays… Autant de pièce défaillantes dans le chapelet des promesses gouvernementales non tenues. L’économiste du pays qui a tenu à faire preuve de pédagogie auprès des représentants des médias n’a pas manqué de dresser un tableau de notation pour le rendu du gouvernement. Et il faut croire, assure-t-il pince sans rire, que le chef de l’Exécutif n’a pas réussi à obtenir de notes encourageantes. Pis, son bilan mérite un « zéro pointé », ou presque…

L’ancien ministre du PJD qui connait les arcanes des Finances n’a pas manqué, non plus, de remettre une couche sur les conflits d’intérêts qui ont émaillé le mandat du patron du groupe d’Aqua. Groupe qui a raflé le très mirifique contrat de dessalement de l’eau de mer pour la plus grande région du pays, celle de Casablanca-Settat en l’occurrence. Outre le fuel destiné aux centrales de l’ONEE dont il préside le Conseil d’administration. L’affaire des hydrocarbures et du yoyo des prix à la pompe n’a pas été en reste. Cela sans occulter les marchés passés dans le secteur très stratégique des médicaments entre ministres de coloration Rniste.

Par ailleurs, à la Chambre des Conseillers, les critiques n’ont pas manqué de fuser non plus face au bilan de l’Exécutif et ce en présence du chef du gouvernement. Les conseillers ont mis en lumière « le recours aux financements novateurs qui ont dépassé sous cette mandature les 120 milliards de dirhams, sans la révélation des listes des institutions ni des parties de l’opération », ainsi que « l’incapacité à atteindre l’objectif d’un million de postes de travail à la fin du mandat actuel ». Ainsi, M’barek Sbaï, chef du groupe Haraki a évoqué « l’adoption du taux unifié pour l’impôt sur les entreprises sans la prise en considération de leurs tailles ni de leurs spécificités, et le recours aux financements novateurs qui ont atteint sous ce gouvernement plus de 120 milliards de dirhams sans révéler les listes des institutions publiques concernées ni les parties de cette opération financière, et sans poser la question du besoin d’un socle juridique qui légifère ce financement novateur ». S’il a laissé « la réponse au sujet de l’impact socio-économique et territorial de cette hausse des recettes est laissée aux rapports des institutions nationales spécialisées », il n’a pas manqué de rappeler « la réalité des marchés marqués par la cherté de toute chose », ce qui est durement ressenti dans le quotidien des Marocains au point que l’amère réalité les a poussés à protester aussi bien dans « les villages que dans les villes et leurs périphéries ».

Le conseiller n’a pas hésité à mettre en évidence le marasme qui touche le monde économique en rappelant « la hausse du nombre d’entreprises en faillite, proches de la faillite et menacées de l’arrêt de leurs projets à cause de la hausse des prix des hydrocarbures », outre « la perte de l’équilibre imposé pour la classe moyenne, et l’élargissement des disparités territoriales ».

Youssef Aïdi, chef du groupe Socialiste – Opposition Ittihadie à la Chambre des Conseillers, a expliqué de son côté qu’« une évaluation objective du bilan exige une comparaison minutieuse entre les promesses annoncées en 2021 et les résultats exposés en 2026 ». Il a précisé que « cette comparaison révèle en toute clarté qu’il y a un large fossé entre l’engagement et l’exécution, et entre le discours et la réalité ».

Il a rappelé que « le gouvernement a présenté dans son programme la promesse de créer un million de postes de travail nets au cours du mandat, soit avec une moyenne proche de 200 000 postes de travail par an, et aujourd’hui le bilan de l’Exécutif confirme la création de près de 850 000 emplois entre 2021 et 2025 avec une moyenne de 170 000 postes par an ». Il a déduit qu’au moment de la comparaison, « il s’avère que le gouvernement n’a pas atteint l’objectif envers lequel il s’est engagé, et qu’avec la fin de l’année 2025 il reste encore loin de la promesse originelle avec un écart d’environ 150 000 postes de travail ».

Du côté des représentants syndicaux, Noureddine Soulik, chef du groupe de l’Union Marocaine du Travail (UMT), a considéré que les hausses enregistrées dans les salaires au cours du mandat du cabinet de ministres « se sont érodées ». Il a expliqué cela par le fait que « le gouvernement n’a pas pris la peine de prendre des mesures et des dispositions préventives, ce qui a mis l’ensemble des citoyennes et des citoyens, et à leur tête la classe ouvrière, en confrontation directe avec les courtiers et les spéculateurs, et dans le support de cette hausse monstrueuse et continue des prix pour tous les produits et services essentiels ». Il a ajouté que cette situation « a vidé, avec tout notre regret, ces hausses de leur contenu et de leur effet matériel et social, et a porté préjudice au pouvoir d’achat des salariés et de la globalité des citoyens ».

Le conseiller a poursuivi que la centrale de laquelle il se réclame « a déjà averti à de multiples occasions et au cours des divers rounds du dialogue social que la classe ouvrière marocaine se brûle au quotidien au feu de la cherté excessive sous la poursuite de la hausse des prix des produits de consommation de base sans le moindre contrôle, et elle a appelé à la protection du pouvoir d’achat des citoyens et à la prise de mesures exceptionnelles via la suppression de la taxe sur la valeur ajoutée, le plafonnement des prix des hydrocarbures, et la détermination des marges de profit des sociétés et de leur distribution ».

Au sujet du dernier cycle de dialogue, il a noté « l’absence de réponse aux requêtes de l’Union ; et à leur tête la demande de hausse générale des salaires et des pensions de retraite, et l’adoption d’un seuil minimal pour les pensions qui ne baisse pas sous le salaire minimum pour rendre justice aux catégories retraitées qui n’ont pas bénéficié depuis un temps d’une quelconque hausse digne de ce nom ».

Lahcen Nazhi, coordinateur du groupe de la Confédération Démocratique du Travail (CDT), a déclaré de son côté que « le dialogue social, qui devait constituer un levier essentiel pour la gestion des affaires sociales, ne s’est pas encore hissé au niveau des attentes, que ce soit du côté de la méthode adoptée ou du côté des résultats réalisés ». Il a affirmé dans son intervention que « le dialogue social n’a pas abouti à des réformes structurelles profondes, tout spécialement pour ce qui touche à l’amélioration de la situation des catégories fragiles et des travailleurs dans les secteurs informels ». Et de poursuivre que dans sa pratique sur le terrain, ledit dialogue « s’est caractérisé par un aspect saisonnier et occasionnel, et a manqué d’un souffle participatif réel basé sur la négociation productive et l’engagement ferme envers les conclusions ». Dès lors, devait-il conclure, « tout bilan du dialogue social ne se mesure pas au nombre des rencontres et à la signature des accords, mais à l’étendue de l’exécution des engagements, et à la réalisation d’un effet concret dans la vie de la classe ouvrière ».

Pour sa part, l’Union Nationale du Travail au Maroc (UNTM) a enregistré, par la voix de Khalid Setti, que « le dialogue social est resté à effet limité et sélectif, et n’a pas traité de manière réelle les demandes de larges franges de la classe ouvrière, avec la poursuite de l’exclusion de l’Union malgré sa place représentative ». Le conseiller a insisté sur le besoin « d’accélérer la prise de mesures concrètes, en particulier la hausse générale des salaires et des allocations familiales, pour inclure le secteur privé et les retraités, dans le but de préserver la paix sociale, et de rendre justice aux administrateurs, aux techniciens, aux ingénieurs et aux exclus hors échelle, aux victimes de l’indemnité complémentaire, et d’annuler le plafonnement de l’âge de recrutement dans l’enseignement, ainsi que pour beaucoup de catégories ».

Dans une pique à l’endroit du chef de la majorité aux affaires, il a fait valoir que « les secteurs gérés par les partis de la coalition ont été présents dans votre exposé avec disparité, et chaque composante nous a rappelé le bilan de ses ministres ; mais nous enregistrons l’absence de référence aux ministères non politisés qui ont déployé des efforts d’une valeur extrême, spécialement pour la mobilisation des ressources et la consolidation des recettes de l’État, ce qui a fourni la liquidité nécessaire pour la gestion de l’étape ». Référence a été ainsi faite au « ministère délégué chargé du Budget, ainsi que l’administration des douanes, des impôts, des entreprises publiques et le reste des cadres du ministère de l’Économie et des Finances ».

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