La Résistance islamique au Liban (Hezbollah) a annoncé que ses combattants ont ciblé, jeudi à l’aube, la colonie d’Al-Manara par un barrage de roquettes, affirmant que « cette opération, menée pour défendre le Liban et son peuple, intervient en riposte aux violations de l’accord de cessez-le-feu par l’ennemi israélien ». La Résistance souligne aussi « qu’elle s’était engagée à respecter le cessez-le-feu, contrairement à l’ennemi qui ne l’a pas fait » tout en ajoutant, dans un communiqué, que cette riposte « se poursuivra jusqu’à ce que l’agression israélo-américaine contre notre pays et notre peuple cesse ».
Les médias israéliens avaient fait état de 25 roquettes tirées depuis le Liban vers Kiryat Shmona. Les combattants de la Résistance ont ciblé, à 11h30, un rassemblement de soldats de l’armée ennemie israélienne sur le site d’Al-Marj avec un barrage de roquettes et visé les colonies de Metulla, Avivim et Shomera avec des barrages de roquettes. En outre, une salve de roquettes a visé, à 12h00, le site de la colline d’Al-Ajl, au nord de la colonie de Kfar Yuval, avec une salve de roquettes.
A rappeler que la Résistance a ciblé, le 5 de avril, une barge militaire appartenant à l’armée d’occupation israélienne, à 68 milles marins au large des côtes libanaises. Selon le communiqué de la Résistance, celle-ci se préparait à mener des agressions contre le territoire libanais. L’opération a été menée avec un missile de croisière antinavire après plusieurs heures de surveillance de l’objectif, confirmant qu’il a été atteint directement.
Les combattants de la Résistance islamique ont en outre affronté les tentatives d’incursions israéliennes dans les villages frontaliers du Sud. Elle a ciblé, à 08h42, un véhicule Nemera dans la localité d’Al-Taybeh avec un missile guidé, atteignant directement la cible. Et puis à 08h45, une force israélienne positionnée à l’intérieur d’une maison dans le projet Al-Taybeh a été frappée avec succès avec un drone d’attaque.
Mercredi, les Relations médiatiques du Hezbollah ont publié un communiqué condamnant les massacres commis par l’ennemi israélien contre des civils paisibles, « avec sa haine aveugle, sa criminalité habituelle et sa sauvagerie infinie qui sont devenues chez lui une nature intrinsèque ». Le communiqué a précisé que « l’ennemi israélien a commis aujourd’hui une série de massacres itinérants contre des civils paisibles, ciblant par des dizaines de raids sauvages des zones civiles dans la banlieue sud et la capitale Beyrouth, ainsi qu’à Saïda, au Sud et dans la Békaa, faisant des centaines de martyrs et de blessés parmi les enfants, les femmes et les vieillards ».
Le communiqué a qualifié l’agression de « barbare », affirmant qu’elle « représente à chacune de ses étapes des crimes de guerre caractérisés et des crimes de génocide », et que « le ciblage de lieux civils surpeuplés, de marchés et de commerces aux heures de pointe n’est qu’une tentative désespérée de se venger des citoyens civils après l’échec de toutes les tentatives de briser ce peuple fier et de le soumettre ». Cette agression déchaînée est « l’expression claire de la déception subie par l’ennemi après son échec cuisant à atteindre l’un de ses objectifs et de ses plans sur les différents fronts, et après s’être retrouvé acculé par la réalité de sa défaite, incapable et entravé pour changer les équations imposées par la résilience des peuples d’Iran et du Liban ». Des dizaines d’enfants libanais ont été massacrés, mercredi 8 avril, par l’entité sioniste. L’occupation israélienne a commis, mercredi, des massacres contre des civils innocents dans différentes régions du Liban, entraînant la mort et la blessure de centaines de personnes, dont des dizaines d’enfants, ce qui constitue un crime de guerre complet et une violation flagrante des lois internationales.
Cela intervient après que le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a annoncé que l’Iran et les États-Unis, ainsi que leurs alliés, s’étaient mis d’accord sur un cessez-le-feu immédiat partout, y compris au Liban, devant prendre effet instantanément ; cependant, le chef du gouvernement de l’occupation, Benjamin Netanyahu, a prétendu que le cessez-le-feu proposé n’incluait pas le Liban, intensifiant ainsi ses massacres dans le pays.
L’entité israélienne poursuit son agression contre le Liban, ciblant des bâtiments résidentiels dans le sud du pays. Dans la localité d’Abbassieh district de Tyre, 7 citoyens sont tombés en martyre et plusieurs autres blessés. L’agresseur israélien a également commis un autre massacre dans la localité de Zararieh, en ciblant un bâtiment résidentiel, causant le martyre de plus de 10 personnes, dont des femmes et des enfants. L’aviation de guerre a également frappé une maison de deux étages à l’entrée est de la localité de Doueir, la détruisant complètement. Les équipes de la Défense civile du centre de Doueir ont travaillé à l’extinction d’un incendie déclaré sous les décombres. L’aviation a renouvelé son agression sur Doueir avec un second raid, moins d’une heure après le premier, ciblant un bâtiment résidentiel et commercial dans le quartier d’Al-Wadi.
Par ailleurs, l’aviation de guerre ennemie a bombardé les localités de Qlaileh et Khirbet Selm (secteur d’Al-Kroum).
Des avions de combat ont également mené un raid sur le terrain de sport de la localité de Charkiyeh, provoquant des projections de terre et de gravats qui ont entraîné la fermeture de la route principale entre Charkiyeh et Doueir et lancé des frappes contre les localités de Habouch et Jebchit, ainsi que sur la zone située entre Habouch et Deir Zahrani.
Dans le même contexte, le village de Jebchit a été la cible d’un second raid, tandis que deux frappes ont visé Zoutar el-Gharbieh et la zone située entre Zoutar el-Charkiyeh et Zoutar el-Gharbieh, dans le district de Nabatieh. Et puis l’aviation de guerre a mené un raid ciblant la localité de Kounine, district de Bint Jbeil.
Parallèlement, plusieurs familles de la zone située au sud du Fleuve Litani ont lancé un appel pour leur évacuation sous protection internationale, la région étant totalement assiégée suite à la destruction par l’entité sioniste du pont maritime de Kasmiyeh. Des équipes de la Défense civile et de secours s’emploient actuellement à rouvrir le passage. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s’est dit « indigné par les morts et destructions dévastatrices » provoqués mercredi par les frappes israéliennes au Liban. « Tout accord global pour la région doit prendre en compte la sécurité, la protection et la dignité des civils au Liban », indique le CICR dans un communiqué. « Après plus de cinq semaines d’hostilités, la population a un besoin urgent de répit face à la violence », insiste-t-il.
L’organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) a indiqué que ses équipes intervenaient face à un afflux massif de blessés, dont des enfants, à l’hôpital public Rafik-Hariri de Beyrouth. « Les patients arrivent avec des blessures par éclats d’obus et de graves hémorragies. L’un d’eux a été admis à l’hôpital après avoir perdu ses deux jambes. La situation est chaotique, car de plus en plus de personnes arrivent », a dit Christopher Stokes, coordinateur des urgences de MSF au Liban. « Ces frappes aveugles sur des zones densément peuplées sont totalement inacceptables », a-t-il ajouté. « Les attaques incessantes contre les civils doivent cesser. Les déplacements forcés et répétés de populations – un crime de guerre – doivent cesser. »
En l’espace de 10 minutes, 250 raids ont été menés contre 89 régions libanaises dans la capitale Beyrouth, le Mont-Liban, le sud et la Bekaa à l’est faisant 182 martyrs et 890 blessés, selon un bilan encore provisoire du ministère libanais de la Santé.
Le Cabinet libanais a ordonné jeudi à l’armée de commencer immédiatement à faire respecter le contrôle de l’État sur les armes dans la capitale Beyrouth, en limitant leur possession aux seules forces de sécurité officielles. Le gouvernement a également décidé de déposer une plainte urgente auprès du Conseil de sécurité de l’ONU contre les attaques israéliennes sur le pays.
La séance s’est tenue au palais présidentiel de Baabda, à l’est de Beyrouth, sous la présidence de Joseph Aoun et en présence du Premier ministre Nawaf Salam, a indiqué le ministre de l’Information Paul Morcos lors d’une conférence de presse. N. Salam a précisé que cette décision visait à « préserver la sécurité, la sûreté et les biens des citoyens ». Il a ajouté avoir « instruit l’armée et les forces de sécurité de renforcer immédiatement le contrôle total de l’État sur le gouvernorat de Beyrouth et de ramener toutes les armes sous le contrôle exclusif des forces de sécurité légitimes ».
Le 8 janvier, l’armée libanaise avait indiqué que son plan de restriction des armes avait « atteint les objectifs de sa première phase au sud de la rivière Litani dans le sud du Liban et était entré dans une phase avancée », mais avait averti que les attaques israéliennes et l’occupation de territoires libanais freinaient les progrès. Le Hezbollah a réitéré qu’il ne rendra pas ses armes tant que l’occupation israélienne se poursuit.
Au début de la séance, J. Aoun a déclaré que le Liban « en avait assez des simples déclarations de condamnation », regrettant que le pays n’ait pas été inclus dans le cessez-le-feu annoncé entre les États-Unis et l’Iran, malgré les attentes dans ce sens.
Les frappes aériennes israéliennes ont touché mercredi de larges zones de Beyrouth, frappant des quartiers résidentiels à majorité sunnite et suscitant des craintes de lourdes pertes civiles. Cette escalade fait suite à l’annonce mardi par les États-Unis et l’Iran d’un cessez-le-feu de deux semaines, négocié par le Pakistan, comme étape vers un possible accord plus large visant à mettre fin au conflit lancé le 28 février par Washington et Tel Aviv contre Téhéran, qui a déjà fait des milliers de morts et de blessés. Si Islamabad et Téhéran ont indiqué que le cessez-le-feu incluait le Liban, Washington et Tel Aviv l’ont nié, et l’armée israélienne a lancé mercredi une vague de frappes aériennes ayant tué 254 personnes et blessé 1 165 autres, selon la Défense civile libanaise. Depuis le 2 mars, l’offensive israélienne élargie au Liban a fait 1 739 morts et 5 873 blessés, selon le ministère libanais de la Santé.
