Le 28 février, le ministère algérien de la Défense a reconnu avoir tué deux Marocains dans la région de Beni Ounif, située dans la province de Béchar. Cet incident survient moins d’un mois après l’exécution de trois autres marocains par des soldats algériens, le 28 janvier, dans la région de Ghennama. Dans les deux affaires, l’armée algérienne a affirmé que les victimes étaient impliquées dans des activités de « trafic de drogue et de contrebande ».
La Ligue a exprimé sa profonde inquiétude face à la répétition de tirs mortels visant des citoyens marocains dans cette zone frontalière. Elle souligne, dans son communiqué, que l’utilisation de balles réelles suscite de sérieuses interrogations quant au respect des normes internationales régissant le recours à la force, notamment en l’absence de menace imminente avérée. S’appuyant sur le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, l’organisation rappelle que le droit à la vie exige que la force létale ne soit utilisée qu’en dernier recours, dans le respect strict des principes de nécessité et de proportionnalité.
La Ligue s’inquiète également de la récurrence de tels incidents dans une même zone et sur une période aussi courte, ce qui soulève des questions sur les directives données aux forces sur le terrain. Elle appelle à ce que toute violation éventuelle fasse l’objet d’enquêtes impartiales et de poursuites appropriées.
La Ligue demande ainsi l’ouverture d’une enquête internationale transparente, sous l’égide des mécanismes compétents des Nations unies, afin d’établir les faits, de déterminer les responsabilités et de garantir aux familles des victimes leur droit à la vérité, à la justice et à la réparation. Comme elle exhorte également les autorités algériennes à respecter strictement les règles internationales relatives à l’usage de la force. Par ailleurs, l’ONG appelle le Maroc à mobiliser les mécanismes diplomatiques et juridiques internationaux pour assurer la protection de ses citoyens.
En août 2023, la marine militaire algérienne avait tué deux Marocains au large de Saïdia.
