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Avec la démission de S. Lecornu : L’instabilité politique en France prend une autre tournure

by Perspectives Med
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Avec la démission de S. Lecornu : L’instabilité politique en France prend une autre tournure

Dès l’annonce de la composition de son gouvernement dimanche soir, S. Lecornu a fait face à une vague de contestations. L’opposition, unie dans la défiance, a menacé de voter une motion de censure dès les premiers jours. Les critiques ont porté sur le manque de cohérence politique et l’incapacité à répondre aux attentes dans un contexte de crise économique et sociale. La menace de retrait des Républicains du gouvernement a probablement été le coup de grâce pour le nouveau Premier ministre qui était alors suspendu au bon vouloir de son ancien parti et de Bruno Retailleau. Démissionnaire environ 27 jours après sa nomination le 9 septembre, S. Lecornu est le chef de gouvernement qui aura quitté sa fonction le plus rapidement dans l’histoire de la Cinquième république. Avant lui, les mandats les plus courts dépassaient les 90 jours, comme celui de Michel Barnier (environ 90 jours en 2024) ou Bernard Cazeneuve (155 jours en 2017). Mis à mal par la nomination de Bruno Le Maire aux Armées, S. Lecornu est par ailleurs le seul chef de gouvernement à avoir démissionné avant même d’avoir nommé l’ensemble des membres de son gouvernement. E. Macron va désormais devoir trouver un nouveau Premier ministre ou dissoudre l’Assemblée nationale.

Les Insoumis se font pressants pour exiger la démission du chef de l’Etat. La brièveté du mandat de S. Lecornu ravive l’offensive parlementaire et populaire contre le président, perçu comme responsable de la crise institutionnelle persistante. Au-delà de LFI, d’autres voix s’élèvent, en effet, pour réclamer le départ du président de la République. Ce dernier doit par ailleurs faire face à la défiance de l’opinion alors que 64 % des français se disaient favorable à sa démission au début du mois de septembre.

À peine 24 heures après avoir annoncé la composition de son gouvernement, critiquée pour son orientation macroniste, le Premier ministre a remis sa démission à l’Élysée. Elle a été acceptée par le président de la République. Immédiatement, LFI a réclamé l’examen urgent de sa motion de destitution, signée par 104 députés et visant à réunir le Parlement en Haute Cour en vertu de l’article 68 de la Constitution.

Les Insoumis font aussi valoir une pétition en ligne pour demander la destitution d’Emmanuel Macron qui a recueilli plus de 440 000 signatures sur le site macron-destitution.fr Sophia Chikirou, députée LFI, renchérit : « Barnier censuré, Bayrou défié, Lecornu démissionné. La macronie c’est fini. Macron doit être destitué ».

A gauche toujours, l’ancien proche des Insoumis François Ruffin réclame aussi le départ du président. Le maire de Béziers Robert Ménard, élu avec les voix du RN et papillonnant de droite à gauche au gré des circonstances, a également appelé à la démission d’Emmanuel Macron dès dimanche matin sur RTL, puis une autre fois lundi matin auprès de CNews : « Des législatives ne suffisent pas. Le chef d’État doit partir ».

Au début de l’année, c’est l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac Dominique de Villepin qui appelait à la démission du président. Jean-François Coppé avait aussi émis ce souhait au mois de septembre et le parti politique de Florian Philippot réclame de son côté une « destitution » du chef de l’État. Une telle destitution n’a jamais eu cours sous la Cinquième république. En revanche une démission a déjà eu lieu, celle du général de Gaulle en 1969.

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