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Contrôle des armes nucléaires : Washington veut négocier un New Start. Moscou parle d’accord équilibré…

by Perspectives Med
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Contrôle des armes nucléaires : Washington veut négocier un New Start. Moscou parle d’accord équilibré...

Le président américain a annoncé que les États-Unis allaient «commencer à travailler» sur un nouvel accord nucléaire avec la Russie, à l’approche de la fin du traité New Start prévue pour le 5 février 2026. «Ce n’est pas un accord dont on veut voir l’expiration. Quand on lève les restrictions nucléaires, c’est un gros problème», a-t-il déclaré à la presse.

Signé en 2010 par Dmitri Medvedev et Barack Obama, le traité New Start limite les deux pays à 1 550 ogives nucléaires et 700 lanceurs stratégiques déployés. C’est le dernier accord bilatéral de ce type encore en vigueur entre Washington et Moscou. Il a été prolongé en 2021 pour une durée de cinq ans, mais ne peut pas être reconduit une seconde fois. D. Trump s’est montré favorable à un nouveau traité incluant d’autres puissances nucléaires, notamment la Chine. «J’aimerais voir ça. Nous avons des restrictions, et eux aussi. C’est une question mondiale», a-t-il ajouté. Depuis février 2023, la Russie a suspendu sa participation au traité, sans en sortir officiellement. Vladimir Poutine avait alors précisé que Moscou attendait de prendre en compte l’ensemble du potentiel stratégique de l’OTAN avant de reprendre tout dialogue. Le ministère russe des Affaires étrangères avait souligné que les discussions sur un nouveau document dépendraient du contexte général de stabilité stratégique. Le Kremlin, par la voix de Dmitri Peskov, a réaffirmé que « le dialogue sur le contrôle des armements était nécessaire » mais exige un retour à un climat de confiance, sérieusement détérioré sous l’administration Biden. Les États-Unis, eux, ont suspendu en 2023 les inspections mutuelles prévues par le traité et cessé de transmettre certaines données à la Russie.

Au sein même de l’ONU, certains responsables estiment que la Russie et les États-Unis pourraient continuer à respecter les limites actuelles, même en l’absence d’un accord formel, à condition d’un minimum de volonté politique. Une position que Moscou pourrait considérer si les conditions sont rééquilibrées et les menaces occidentales restreintes. Risques accrus sans solution rapide Du côté des spécialistes, l’Association pour le contrôle des armements (Arms Control Association) alerte sur les risques d’une absence d’accord. D’après son directeur Daryl Kimball, «si Donald Trump et Vladimir Poutine ne trouvent pas un accord intérimaire pour respecter les limites actuelles, chaque côté pourrait augmenter ses arsenaux pour la première fois depuis plus de 35 ans». Il estime urgent que les deux présidents engagent rapidement des discussions formelles pour éviter une nouvelle course aux armements. Les précédentes tentatives de dialogue sur la stabilité stratégique avaient été interrompues en janvier 2022, juste avant le début du conflit en Ukraine. Depuis, aucune rencontre de haut niveau n’a eu lieu sur le sujet. Pourtant, D. Trump, qui s’était opposé à une extension du traité lors de son premier mandat, semble désormais vouloir se positionner comme l’initiateur d’un retour à la table des négociations. Il reste toutefois à voir si Moscou jugera crédible cette main tendue, alors que la méfiance reste forte entre les deux puissances. Pour la Russie, toute discussion sérieuse devra prendre en compte non seulement les arsenaux américains, mais aussi ceux de leurs alliés européens.

Mais il faut croire que le climat se tend entre Washington et Moscou. D. Trump a déclaré lundi 28 juillet qu’il donnait maintenant « 10 ou 12 jours » à Vladimir Poutine pour cesser le conflit en Ukraine, sous peine de sévères sanctions américaines contre la Russie. « Je fixe une nouvelle date limite d’environ 10 ou 12 jours à partir d’aujourd’hui. Il n’y a aucune raison d’attendre. Nous ne voyons aucun progrès », a déploré le président US, qui avait donné le 14 juillet un délai de 50 jours à son homologue russe.

Nouveaux sous-marins

La veille, à l’occasion de la Journée de la marine russe, le maitre du Kremlin a rendu hommage depuis Saint-Pétersbourg aux marins pour leur engagement envers la défense de la patrie. Le président a rappelé que «depuis Pierre le Grand, les forces navales sont un pilier de l’identité russe», saluant les générations de marins qui ont forgé la puissance du pays. Il a exprimé sa reconnaissance à tous les membres des forces navales russes pour leur fidélité, leur rigueur et leur sens du devoir. «La marine russe n’est pas seulement un outil militaire, mais une part vivante de l’histoire nationale», a-t-il affirmé.

 Du 23 au 27 juillet, de vastes manœuvres militaires baptisées « Juillet orageux » ont été organisées en mer Baltique, Caspienne, dans les océans Arctique et Pacifique. Plus de 150 navires, 120 aéronefs, 950 véhicules et plus de 15 000 soldats ont été mobilisés pour tester la réactivité de la marine russe en situation quasi réelle. Les exercices ont inclus l’usage de drones, d’armes de haute précision et de systèmes de défense côtière, en intégrant l’expérience de l’opération militaire spéciale. «Ces entraînements permettent de vérifier notre préparation à contrer toute menace venant de la mer», a déclaré le président, qui a suivi les opérations par vidéoconférence et salué l’efficacité des équipages. Il a également annoncé que cinq brigades de la marine seraient transformées en divisions, deux d’entre elles dès cette année.  Cette réforme vise à augmenter significativement la puissance de frappe de la flotte. V.Poutine a confirmé la montée en puissance de la composante nucléaire navale, avec l’entrée en service prochaine de nouveaux sous-marins stratégiques Boreï-A et de submersibles multi-missions Iassen-M. Il a aussi approuvé une stratégie de transformation pour les forces navales russes s’étendant jusqu’en 2050, conçue pour garantir l’adaptabilité de la flotte face à toute évolution mondiale. En marge des opérations militaires, le président a visité l’université technique navale de Saint-Pétersbourg. Il y a découvert les projets de navires électriques portés par de jeunes ingénieurs, ainsi qu’un nouveau centre de recherche et d’entraînement. Il a été décoré à cette occasion de la médaille « Pour fidélité à la flotte russe », remise par la Commission navale. Il a également échangé brièvement avec des habitants et des anciens marins venus à sa rencontre dans les rues de Saint-Pétersbourg, à qui il a adressé ses félicitations pour cette journée symbolique. Enfin, Vladimir Poutine s’est rendu à Kronstadt pour visiter la frégate Amiral Grigorovitch, qui avait participé le jour même à la défense de la région de Léningrad contre une attaque de drones. Le président a salué l’équipage pour son rôle actif dans la protection du territoire.

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