L’une des versions des faits rapporte qu’un groupe inconnu a enlevé un syrien druze ce qui a incité le Conseil militaire conduit par cheikh Hekmat al-Hajari, chef spirituel de la communauté druze, à enlever 10 personnes parmi les fils des tribus bédouines. La seconde signale, elle, qu’un commerçant de fruits et légumes originaire de Soueïda a été victime d’une attaque armée sur le chemin de retour de Damas. Il a été contraint par la force à descendre de son camion, a été insulté avec des termes confessionnels avant d’être jeté dans une zone accidentée à 5 kilomètres de la route principale, après avoir été torturé. Son véhicule qui transportait 5 tonnes de légumes lui a été dérobé. Cette version est soutenue par l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) dont le président dit soutenir le gouvernement syrien actuel. Il assure que l’attaque contre ce druze a été perpétrée par un membre de la tribu bédouine al-Masmiya.
Depuis des affrontements ont éclaté entre des groupuscules druzes et d’autres bédouins notamment dans le quartier al-Mqawwas à l’est de la ville de Soueïda, accompagnés d’enlèvements de part et d’autre. Des attaques de factions armées bédouines ont été signalées contre le village al-Soura à l’entrée de la province de Soueïda, et contre certains villages de l’ouest à savoir Labine, Jirine et al-Tira où des maisons ont été incendiées.
Selon l’OSDH, il est à craindre que « ces affrontements ne soient provoqués de toutes pièces, pour servir de prétexte et imposer un contrôle sécuritaire total sur la province ». Et de signaler que les affrontements se poursuivent ainsi que les déplacements de population. 89 personnes ont été tuées depuis dimanche et 200 autres ont été blessées dans ces combats, selon l’OSDH, dont 50 druzes (dont 2 enfants, photo), 18 bédouins et 12 éléments du ministère syrien de la Défense. Ce dernier avait rendu compte de « la mort de 7 militaires pendant l’opération de désengagement à Soueïda, après avoir été pris pour cible par des groupes hors-la-loi ».
Cheikh al-Hajari a refusé « l’intervention des forces de sécurité et des factions de Hayat Tahrir al-Cham » (ex-front al-Nosra d’Al-Qaïda) indiquant « qu’elles étaient entrées dans ce gouvernorat sous prétexte de protection mais ont bombardé les villages frontaliers et ont soutenu les groupuscules takfiris en utilisant des armements lourds et des drones ». Il a réclamé « une protection internationale pour préserver la vie des civils ».
Rami Abdel Rahmane, président de l’OSDH, a confirmé la présence d’éléments portant des tenues militaires et sécuritaires officielles qui ont participé aux combats aux côtés des milices bédouines. Il a assuré que ces dernières ont utilisé des drones suicides dans leurs attaques. « Quiconque exprime un point de vue opposé est victime d’une campagne… al-Hajari s’est opposé, il est devenu un diable… un alaouite qui n’est pas d’accord avec toi est taxé d’être un partisan du régime (déchu)… les FDS ne sont pas d’accord avec vous, ils sont diabolisés … un sunnite qui n’est pas d’accord avec toi devient aussi un partisan de l’ex-régime… Ce pays devrait être une démocratie », a-t-il déploré.
Noureddine Al-Baba, porte-parole du ministère syrien de l’Intérieur, a annoncé qu’« en réponse aux appels de détresse et aux supplications des habitants de Soueïda, et en coordination avec les parties influentes de la province, un plan de déploiement sécuritaire a été élaboré par les ministères de la Défense et de l’Intérieur, dans le but de faire respecter l’État de droit et l’autorité de l’État, et de désarmer les groupes hors-la-loi ». Il a ajouté que « la situation évolue vers une issue décisive dans l’intérêt de l’État syrien, conformément à la vision fixée par la présidence de la République ».
Un énorme convoi de chars de la 52e division de l’armée syrienne a été vu en train de se diriger vers la province de Soueïda. Les dernières informations font état que les forces du ministère de la Défense se trouvent à 5 km de la ville de Soueïda. Des médias pro régime ont diffusé une photo assurant qu’elle a été prise pour des détenus druzes qui ont été capturé par le ministère de la Défense.
Tel-Aviv réagit
Des avions israéliens ont violé lundi l’espace aérien du sud-de la Syrie pendant les affrontements. La chaine 12 israélienne a indiqué qu’ils ont bombardé des chars syriens qui avaient franchi les limites définies par Israël dans le sud de la Syrie.
Un responsable israélien a déclaré : « Nous avons mené des raids aériens sur Deraa et avons mis en garde les milices armées contre toute atteinte aux Druzes. » L’armée israélienne a assuré avoir attaqué un char syrien à Soueïda.
Des sources médiatiques ont assuré que les avions de l’occupation ont mené un raid entre le village al-Mazraa et la ville de Soueïda où les troupes de l’armée syrienne avançaient.
Cela se déroule en Syrie au lendemain de la participation du président syrien par intérim Ahmad Al-Charaa à au moins une réunion avec des responsables israéliens en Azerbaïdjan, selon les révélations faites samedi par la télévision israélienne i24.
Une source syrienne proche de A. al-Charaa a déclaré à la chaîne israélienne « qu’il s’agit d’une série de deux ou trois rencontres entre les parties, avec la participation du ministre syrien des Affaires étrangères Asaad al-Shaibani et d’Ahmad Al-Dalati, le responsable gouvernemental syrien chargé des réunions sécuritaires avec Israël ».
« Quant à la délégation israélienne, elle comprenait un envoyé spécial de Benjamin Netanyahu, en plus de personnalités sécuritaires et militaires », a indiqué i24. Laquelle précise que « ces réunions visent à discuter de détails supplémentaires concernant l’accord de sécurité qui doit être signé entre Israël et la Syrie, ainsi que d’autres questions liées à l’Iran, au Hezbollah, aux factions palestiniennes et à l’avenir des Palestiniens dans la bande de Gaza ».
La réunion a notamment abordé « la possibilité d’ouvrir un bureau de coordination israélien à Damas, sans statut diplomatique », a-t-on ajouté de même source, tout en ajoutant que « la décision d’Israël et des États-Unis d’organiser ces réunions en Azerbaïdjan vise à envoyer un message à l’Iran ».
A.al-Charaa était en visite à Bakou, capitale azerbaïdjanaise, où il a rencontré Ilham Aliyev, président azerbaïdjanais. Lors de cette visite, un protocole d’accord a été signé entre les deux parties, incluant la coopération et la coordination dans le secteur de l’énergie, l’approvisionnement en gaz naturel de la Syrie via la Turquie et la coopération en matière d’exploration pétrolière. Avant sa visite à Bakou, le président syrien par intérim avait rencontré Tzachi Hanegbi, conseiller à la sécurité nationale d’Israël, à Abou Dhabi, la capitale des Émirats arabes unis, lors d’une réunion coordonnée par le président émirati Mohammed ben Zayed.
Par ailleurs, on signalait dimanche qu’une force israélienne s’est infiltrée, dans la matinée, dans les villages d’Aïn Ziwan et de Souwaysa, dans la campagne de Quneitra, au sud de la Syrie, ont indiqué des sources locales à la télévision libanaise Al-Mayadeen. « Des coups de feu ont éclaté dans le village d’Aïn Ziwan après l’entrée des forces israéliennes », a-t- on indiqué de mêmes sources.
Vendredi 11 juillet, « les forces d’occupation israéliennes avaient délibérément incendié, le des zones agricoles à l’ouest de la localité d’Al-Rafid, dans la campagne sud de Quneitra, provoquant un important incendie dans la zone », ont fait savoir des sources syriennes. Et d’ajouter que « l’incendie avait affecté des dizaines de dunams de terres et provoqué l’explosion d’une mine terrestre près de la barrière de séparation ».
Rappelons que les violations israéliennes contre la Syrie se sont intensifiées depuis la chute du régime d’Assad, en décembre 2024. Israël a occupé de vastes zones dans le sud de la Syrie et détruit plus de 90 % des capacités militaires syriennes.
