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Moralisation de la vie politique : Un code contraignant en perspective

by Perspectives Med
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Moralisation de la vie politique : Un code contraignant en perspective

Tout en se félicitant du « niveau élevé de maturité » atteint par les institutions représentatives au Maroc, le souverain a insisté de nouveau sur la moralisation de la scène politique. En dépit des réalisations accomplies, il importe de redoubler d’efforts afin que la démocratie représentative institutionnelle puisse « se hisser au niveau que Nous lui souhaitons et qui ferait honneur au Maroc », a-t-il indiqué, dans l’adresse lue à cette occasion par Rachid Talbi Alami, président de la Chambre des représentants.

Une ambition dont la réalisation exige « l’adoption d’un code de déontologie qui soit juridiquement contraignant pour les deux Chambres de l’institution législative », a souligné le roi Mohammed VI.

L’appel royal à l’élaboration d’un code de déontologie pour les parlementaires est d’une résonnance particulière à l’heure où le pays assiste à un premier acte de la démocrature, une brochette de députés et conseillers parlementaires trainant devant la justice  en état de liberté provisoire ou derrière les barreaux, pour dilapidation de deniers publics, détournements de fonds ou encore trafic de drogues. A la vingtaine de noms englués dans des scandales qui portent atteinte à la construction démocratique et à la crédibilité des enseignes politiques dans laquelle nichent ces « baronnies » s’ajoutent, d’ailleurs, d’autres mal élus locaux de premier plan soumis aux fourches caudines de la justice ou encore révoqués, sans autre forme de procès, par le ministère de l’Intérieur. Le décompte est assez impressionnant avec 18 présidents et 30 vice-présidents de communes écartés pour avoir trempé dans toutes sortes de trafics peu orthodoxes dans la gestion de leurs collectivités territoriales. Plus, des parlementaires ont été éjectés de leurs sièges par la Cour constitutionnelle qui a convoqué des élections partielles dans certaines circonscriptions.

Le souverain avait déjà appelé, à maintes reprises, à nettoyer les écuries d’Augias, qui portent atteinte à l’exercice de la démocratie et renforcent la démonétisation des acteurs supposés animer le champ politique pour le plus grand bien du pays. Dans son discours du 20 août 2011, à titre d’exemple, le Roi avait appelé à « mettre en œuvre les dispositifs de moralisation de la vie politique et parlementaire ». Message martelé une fois de plus le 13 octobre 2020, lors de l’ouverture de l’année parlementaire en soulignant que « la moralisation du processus électoral (…) est à même de permettre à une élite imprégnée des vertus de dévouement au service de l’Etat et du service public, de rectitude et d’honnêteté, d’assumer la responsabilité de la gestion de la chose publique » d’émerger, avait-il insisté.

On comprend dès lors pourquoi le roi Mohammed VI a ordonné l’adoption d’un code de déontologie juridiquement contraignant pour les élus. En prévision des législatives de 2026, gouvernement et Parlement doivent désormais s’atteler à la mise en place d’un tel code. C’est le chemin le plus court pour sauver la démocratie des scories qui la salissent. La voix de la raison l’emportera-t-elle sur toute autre considération ? That’s a question !

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