Ses rédacteurs, bien qu’ils soient des personnes indépendantes, ont évité de pointer du doigt des irrégularités ou des dysfonctionnements dans les opérations de distribution de l’assistance humanitaire, se limitant à relever des « lacunes », observées durant leur présence dans les camps de Tindouf. Le PAM est, pour rappel, un organisme placé sous la tutelle des Nations unies. Le cadre dans lequel a évolué la mission, ayant eu au préalable le feu vert des autorités algériennes, était l’évaluation et non l’inspection.
Le rapport reconnaît que l’équipe a fait face un « défi » dans le processus d’évaluation. « Tous les participants aux entretiens, aux discussions de groupes et les visites à domicile ont été sélectionnés par les autorités des camps », c’est-à-dire le Front Polisario. Ce facteur a contraint l’équipe à admettre qu’elle n’était pas en mesure de « s’assurer si les points de vue de tous les groupes de réfugiés étaient pris en compte ».
La mission a relevé avec prudence que « la distribution générale de l’aide alimentaire entraîne l’intégration de ménages qui ne sont pas en situation d’insécurité alimentaire ou qui sont beaucoup moins en situation d’insécurité alimentaire que d’autres. Cela explique peut-être la préoccupation largement exprimée des réfugiés au sujet des rations insuffisantes », ajoute-t-on.
Le rapport souligne que « le Croissant rouge sahraoui est un acteur essentiel dans la mise en œuvre du programme car il organise la distribution de la nourriture dans les camps pour le compte des partenaires du PAM ». En revanche, « le PAM a eu du mal à établir une relation solide avec le Croissant rouge algérien, lorsqu’il s’agit du transport des marchandises du port d’Oran vers les camps de Tindouf ». Le document n’a pas fourni davantage d’explications sur ce volet. La même prudence est, par ailleurs, constatée dans l’appel lancé par la mission à la communauté internationale pour qu’elle « s’assure que l’aide du PAM profite aux réfugiés les plus vulnérables » .
Le document reconnaît également que « la situation des réfugiés sahraouis n’a pas fondamentalement évolué au cours des 45 dernières années. D’une part, les chefs des camps veulent améliorer la vie des réfugiés, mais d’autre part, ils ne veulent pas que les réfugiés s’engagent dans des activités qui pourraient être perçues comme une acceptation du statu quo », avance la même source.
