Les bulldozers et les excavatrices israéliens ont commencé à démolir des maisons, tandis que les forces d’occupation ont déployé des forces d’infanterie dans plusieurs quartiers du camp de Tulkarem, où l’on pouvait entendre le bruit des balles réelles. Toujours en Cisjordanie, les forces d’occupation israéliennes ont mené une campagne d’arrestations, mercredi à l’aube, arrêtant plusieurs Palestiniens, dont un enfant.
Dans cette atmosphère survoltée, le gouvernorat de Tulkarem a rapporté que le nombre de personnes déplacées des camps de Tulkarem et de Nour Shams est estimé entre 15 000 et 16 000, depuis le début de l’agression dans le nord de la Cisjordanie, il y a plus de 20 jours.
L’occupation israélienne intensifie son agression contre les camps de Tulkarem et de Nour Shams, en menant des opérations de destruction supplémentaires dans les rues et les infrastructures, et en démolissant, faisant exploser et incendiant délibérément des maisons.
En outre, les forces d’occupation ferment la porte du checkpoint de Jabara, à l’entrée sud de la ville de Tulkarem, pour le 11ème jour, isolant la ville des villages et villes voisins, et du reste des gouvernorats de la Cisjordanie.
L’occupation continue également d’assiéger le camp de Nour Shams, de détruire ses infrastructures, de lancer des assauts massifs contre les maisons et de vandaliser leur contenu et de fermer les entrées des maisons et des magasins avec des barrières et des gravats. L’UNRWA a par ailleurs signalé qu’Israël viole le « droit à l’éducation » en prenant d’assaut des écoles en Cisjordanie occupée.
Consensus national
Aux dernières nouvelles, le Hamas s’est déclaré prêt à libérer tous les otages restants dans la bande de Gaza, lors de la deuxième phase de la trêve entre le mouvement islamiste palestinien et Israël après 15 mois de guerre. « Nous avons informé les médiateurs que le Hamas était prêt à libérer tous les otages en une seule fois au cours de la deuxième phase de l’accord, plutôt que par étapes comme pendant la première phase » en cours, a déclaré à l’AFP, Taher al-Nounou. Il n’a pas précisé combien d’otages enlevés lors de l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 en Israël étaient encore retenus dans la bande de Gaza. Au total, 251 personnes avaient été enlevées ce jour-là. Soixante-dix sont encore retenues à Gaza dont au moins 35 sont mortes, selon l’armée israélienne. Des médias israéliens ont assuré que Benyamin Netanyahu a décidé de commencer les négociations de la seconde phase de l’accord de trêve à Gaza, après avoir laissé planer le doute sur la poursuite du processus. La veille au soir, le Hamas a annoncé son rejet du désarmement de la résistance ou de son retrait de Gaza, soulignant que tout arrangement concernant l’avenir de la bande de Gaza sera basé sur un « consensus national » palestinien.
Hazem Qassem, porte-parole du mouvement, a déclaré dans un communiqué que « la condition posée par l’occupation de retirer le Hamas de la bande de Gaza est une guerre psychologique ridicule ». Il a ajouté que « le retrait de la résistance (de Gaza) ou son désarmement sont inacceptables » tout en soulignant que « tout arrangement concernant l’avenir de la bande de Gaza se fera par consensus national ».
Concernant la mise en œuvre de l’accord de cessez-le-feu actuel, H. Qassem a déclaré : « Samedi (prochain), nous assisterons à l’une des réalisations du peuple palestinien : la libération des geôles de l’occupation de plusieurs prisonniers condamnés à la prison à vie et à de longues peines ».
Le Hamas a annoncé mardi son intention de remettre les corps de quatre prisonniers israéliens jeudi prochain, et de six prisonniers vivants samedi prochain en échange des centaines de prisonniers de palestiniens.H. Qassem a en outre ajouté que « le Hamas est pour une deuxième phase des négociations au cours de laquelle tous les prisonniers israéliens restants seront libérés dans le cadre d’un accord conduisant à un cessez-le-feu permanent et à un retrait complet (israélien) de la bande de Gaza. »
Exfiltration de soldats
Aux Pays-Bas, la Fondation Hind Rajab a affirmé, mardi, que deux soldats israéliens ont été rapatriés clandestinement après leur arrivée à Amsterdam. La fondation de la défense des droits de l’Homme, basée en Belgique, a expliqué sur la plateforme X, que le rapatriement des deux soldats a eu lieu après que ses avocats se soient mobilisés, en silence, à leur encontre, et que certains grands comptes sur les réseaux sociaux ont commencé à les taguer avec leurs photos, de sorte que les deux soldats ont été alertés et immédiatement rapatriés de façon clandestine des Pays-Bas.
De son côté, la chaîne israélienne Kan a indiqué que deux soldats israéliens « ont été sauvés d’Amsterdam, après que des organisations ont œuvré pour émettre des mandats d’arrêt à leur encontre ».
Selon le Jerusalem Post, les deux soldats étaient en visite dans la capitale néerlandaise pour des vacances, lorsque le compte Israel Genocide Tracker, via X, a publié des détails sur eux et leurs photos, les accusant d’avoir commis un génocide dans la bande de Gaza. Le journal a ajouté que la Fondation Hind Rajab, qui œuvre pour émettre des mandats d’arrêt contre les soldats d’occupation, a partagé ce poste.
En janvier, un soldat israélien qui se trouvait en vacances au Brésil avait également dû être rapatrié d’urgence, après une décision de la Cour fédérale du pays ordonnant l’ouverture d’une enquête à son encontre. Cette décision de justice avait été prise à la suite d’une plainte de la Fondation Hind Rajab (HRF), preuves à l’appui, l’accusant d’être impliqué dans le génocide à Gaza.
La guerre génocidaire israélienne contre Gaza, lancée en octobre 2023, a couté la vie à plus de 48000 Palestiniens, dont une majorité de femmes et d’enfants. Le Waqf de Gaza a signalé que l’occupation a détruit 1 109 mosquées et 3 églises et tué 315 prédicateurs depuis octobre 2023.
Rappelons que la fondation Hind Rajab se donne pour but de répondre et de renverser l’impunité d’Israël en ce qui concerne ses crimes de guerre et ses violations des droits de l’homme en Palestine, et plus particulièrement dans la bande de Gaza. La fondation porte le nom d’Hind Rajab, une Palestinienne de cinq ans de la bande de Gaza, tuée lors de l’invasion de Gaza par l’armée israélienne, qui a aussi tué six membres de sa famille. Deux personnels soignants sont morts en essayant de la secourir.