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Vive tension au Moyen-Orient : Les responsables US jouent aux pompiers

by Perspectives Med
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Vive tension au Moyen-Orient

Arrivé dimanche en Jordanie, il a fait un saut inattendu à Bagdad avant de poursuivre sa tournée régionale qui doit aussi le mener en Égypte et en Israël. Un déplacement sur fond de tensions : le programme nucléaire de l’Iran inquiète les alliés de Washington et les violences répétées en Cisjordanie occupée font craindre un embrasement. 

En Jordanie, le responsable américain a entendu le roi Abdallah évoquer « la stabilité régionale menacée » par l’actuelle poussée de violence en territoires palestiniens occupés par Israël. Washington ne cesse de manifester sa désapprobation face aux décisions et aux déclarations incendiaires de l’actuel gouvernement d’extrême droite en Israël. La semaine dernière, le département d’État a qualifié d’« irresponsable », de « répugnant » et de « dégoûtant » les propos du ministre Betzalel Smotrich qui avait appelé à « raser » le village palestinien de Huwara, avant de se rétracter.

Dans ce contexte explosif, les officiels américains se succèdent dans la région : après le conseiller à la sécurité Jake Sullivan et le chef de la diplomatie Antony Blinken, c’est donc au tour du secrétaire à la Défense Lloyd Austin. Avec les dirigeants israéliens, celui-ci évoquera aussi le programme nucléaire de l’Iran alors que des soupçons pèsent sur le programme militaire nucléaire de Téhéran, l’AIEA ayant fait savoir que des traces d’uranium enrichi à plus de 83%, c’est-à-dire très proche de la qualité militaire avait été détectés, et que l’on prête à Israël le projet de lancer une attaque préventive contre les installations iraniennes.

Inattendue, l’escale de L. Austin mardi à Bagdad cherche à « réaffirmer le partenariat stratégique » entre les États-Unis et l’Irak, a-t-il annoncé sur son compte Twitter« Atterrissage à Bagdad. Je suis ici pour réaffirmer le partenariat stratégique entre les Etats-Unis et l’Irak au moment où nous allons vers un Irak plus sûr, stable et souverain », a indiqué le chef du Pentagone. La visite intervient au moment où l’Irak commémore les vingt ans de l’invasion US qui a détruit le pays de l’Euphrate. Le 20 mars 2003, les troupes américaines avaient lancé leur offensive, épaulées par une coalition internationale, sans l’aval de l’ONU. L’invasion avait ouvert l’une des pages les plus sanglantes de l’histoire irakienne, marquée par des années de conflits et d’instabilité politique. L. Austin, le plus haut responsable de l’administration du président Joe Biden à se rendre en Irak, a pris part à l’invasion de l’Irak en 2003 et avait été nommé commandant des forces US dans le pays en 2010, avant de superviser le retrait des troupes en 2011.

Aujourd’hui, Bagdad conserve des liens très forts avec Washington, notamment sur le plan militaire, même si au fil des ans le pouvoir irakien est devenu un allié indéfectible de l’Iran. Des alliances imposant parfois aux responsables irakiens de se livrer à un délicat exercice d’équilibriste.

Après avoir rencontré le ministre de la Défense Thabet al-Abbassi et le Premier ministre Mohamed Chia al-Soudani, le ministre américain a été rassurant face aux journalistes. « Je suis optimiste quant à l’avenir de notre partenariat. Les États-Unis continueront de renforcer et d’élargir notre partenariat en faveur de la sécurité, la stabilité et la souveraineté irakienne », a-t-il déclaré à l’issue de ses entretiens.

De son côté, le Premier ministre irakien a souligné la volonté de son gouvernement de « renforcer et consolider » ses relations avec Washington, tout en disant chercher à « maintenir des relations équilibrées » avec les puissances régionales et internationales.

Quelque 2 500 militaires américains sont stationnés en Irak dans le cadre de la coalition internationale contre le groupe État islamique (EI). L. Austin a assuré que les forces américaines pourraient rester sur demande des autorités irakiennes. « Mais nous devons être en mesure d’opérer en toute sécurité pour poursuivre ce travail vital », a prévenu le chef du Pentagone, alors que ces dernières années, des bases abritant la coalition avaient été la cible de roquettes et de drones armés, jamais revendiqués, mais souvent imputés à des factions armées pro-Iran. « Je tiens donc à remercier le Premier ministre et le ministre de la Défense pour leur engagement aujourd’hui à garantir la protection des forces de la coalition (…) face aux acteurs étatiques et non-étatiques », a-t-il lancé. Fin 2021, l’Irak a annoncé la « fin de la mission de combat » de la coalition internationale, qui reste officiellement déployée sur le sol irakien avec un rôle de formation et de conseil.

Bagdad a été ces dernières semaines le théâtre d’une intense activité diplomatique. Les dirigeants irakiens ont successivement reçu les chefs de la diplomatie d’Arabie Saoudite, d’Iran et de Russie, avant la visite début mars du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.

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