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Une mission diplomatique attaquée par les colons à Ramallah : Un maire français blessé

by Perspectives Med
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Une mission diplomatique attaquée par les colons à Ramallah : Un maire français blessé

Le maire de Taybeh a confirmé que l’attaque avait eu lieu alors que la délégation se trouvaient dans le village, a rapporté le média palestinien Quds News. Il a précisé que le consul de France se trouvait parmi la délégation. Des diplomates belges et polonais en faisaient aussi partie, selon des médias.

« Les colons ont intercepté les véhicules de la délégation, les ont attaqués et ont brisé la vitre de l’un d’eux », a-t-il ajouté. Un diplomate semble avoir été blessé, selon les images de Quds News. Il s’agit de Bernard Baudoux, 78 ans, maire de gauche d’Aulnoye-Aymeries. Quds News a en outre fait état que les colons ont bloqué la route à un véhicule qui transportait des militants étrangers sur la route Khallat-al-Homs au sud de Yata à al-Khalil (Hébron).

Des centaines de militants étrangers solidaires sont actifs dans les zones menacées par la colonisation et les déplacements de population, où les Palestiniens trouvent un soutien moral et pratique grâce à leur présence, formant ainsi la première ligne de défense contre les attaques des colons.

Récemment, ces attaques se sont tournées vers les militants solidaires eux-mêmes, ciblant de manière directe et répétée leur rôle dans la protection des Palestiniens et la documentation des atrocités qu’ils subissent. Selon la chaine qatarie Al Jazeera, le nombre de militants étrangers solidaires ne cesse d’augmenter, avec entre 40 et 50 militants arrivant en Palestine chaque mois.

Vendredi, les colons avaient attaqué une journaliste américaine du Washington Post pendant qu’elle couvrait les attaques contre les oliveraies des Palestiniens au nord-est de Ramallah par les colons.

Drame gazaoui

Dans la bande de Gaza, la barbarie israélienne se poursuit. Deux martyrs et plusieurs blessés ont été recensés à la suite d’une frappe aérienne israélienne dans le quartier d’Al-Touffah, à l’est de la ville de Gaza, rapporte le correspondant d’Al-Manar.

Les déplacements répétés au cours des trois années de guerre génocidaire menée par Israël contre Gaza ont entraîné une dégradation croissante des abris dans l’ensemble de l’enclave, tandis que les restrictions et le manque de financements entravent les préparatifs pour l’hiver, a déclaré vendredi soir un haut responsable de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Karl Baker, coordinateur régional des opérations d’urgence pour Gaza au sein de l’OIM, a indiqué que certains Palestiniens avaient été déplacés jusqu’à huit fois, endommageant ou détruisant à chaque fois leurs tentes et autres abris temporaires lorsque les familles étaient contraintes de déménager. « Lorsqu’ils se déplacent, tous les biens qu’ils possèdent ou possédaient sont détruits, ou ils doivent chercher un nouvel abri », a-t-il expliqué à UN News. Même les matériaux de base, comme les bâches, doivent être remplacés environ tous les six mois. Cependant, les organisations humanitaires ne sont pas en mesure d’acheminer de nouvelles fournitures à Gaza dans les quantités nécessaires, a-t-il précisé.

K. Baker a déclaré que les organisations devaient désormais dépasser les solutions temporaires et privilégier des abris de transition plus durables. Toutefois, les matériaux nécessaires à la construction de toitures plus solides, de sols en béton et de murs plus résistants sont soumis aux restrictions israéliennes sur les biens à « double usage », justifiées par des considérations de sécurité. « Après trois années de guerre, nous devons améliorer la qualité des abris disponibles et nous éloigner des solutions temporaires pour nous orienter davantage vers des abris de transition », a-t-il déclaré.

K. Baker a précisé que l’OIM restait en contact permanent avec les autorités israéliennes, mais que certains matériaux durables continuaient de se voir refuser l’entrée dans l’enclave pour des raisons de sécurité. Il a également évoqué le manque de financements et les perturbations du transport maritime international parmi les obstacles rencontrés. L’OIM dépend notamment de fournisseurs situés en Chine, en Inde et au Pakistan.

Bien que des financements commencent à arriver, ils restent insuffisants pour répondre aux besoins estimés entre 1,8 et 1,9 million de personnes nécessitant une aide en matière d’hébergement, a-t-il ajouté. Selon K. Baker, seuls environ 30 % du territoire de Gaza sont actuellement accessibles à la majeure partie de la population, contraignant les Palestiniens déplacés à se regrouper dans des zones de plus en plus surpeuplées et souvent exposées aux inondations. « Les 30 % du territoire où ils vivent actuellement constituent un immense camp de déplacés », a-t-il déclaré.

Alors que les pluies hivernales ont déjà commencé, les organisations humanitaires s’efforcent d’intervenir dans les zones exposées aux inondations et d’y installer des pompes à eau. Baker a toutefois averti que permettre aux Palestiniens déplacés de traverser l’hiver serait le principal défi. Plus tôt ce mois-ci, l’OIM avait indiqué que les stocks disponibles et les livraisons attendues de matériel pour les abris ne couvraient que 17 % des besoins de Gaza pour l’hiver. Plus de la moitié des tentes et des abris de fortune étaient par ailleurs en mauvais état.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 10 octobre 2025, mais les attaques israéliennes et les restrictions à l’entrée de l’aide humanitaire et des matériaux destinés aux abris se poursuivent.

Rome enquête

Israel Katz, ministre israélien de la Défense, ainsi que de hauts responsables militaires, policiers et pénitentiaires font l’objet d’une enquête en Italie concernant le traitement réservé aux militants de la flottille pour Gaza, ont annoncé les procureurs italiens. Le parquet de Rome a indiqué vendredi que l’enquête, initialement centrée sur Itamar Ben-Gvir, ministre d’extrême droite chargée de la Sécurité nationale, portait sur des soupçons de torture, d’enlèvement, de blessures volontaires, de vol et de dégradations lors des interceptions par Israël de bateaux à destination de Gaza en 2025 et 2026.

Les enquêteurs ont ouvert cette procédure à la suite de plaintes déposées par 50 ressortissants italiens détenus par les autorités israéliennes lors de deux missions de la flottille Global Sumud, en septembre-octobre 2025 et en avril-mai 2026.

Outre I. Katz et I. Ben-Gvir, les procureurs ont désigné comme suspects 12 hauts responsables militaires, policiers et pénitentiaires israéliens, dont le chef d’état-major de l’armée, Eyal Zamir.

L’enquête visant I. Ben-Gvir avait été ouverte après la condamnation internationale suscitée par des images diffusées par le ministre en mai, montrant des militants de la flottille détenus, agenouillés et les mains liées. Dans l’une des vidéos, des agents ont plaqué au sol une militante après qu’elle eut scandé : « Libérez la Palestine, libérez la Palestine ». Le gouvernement italien avait dénoncé un traitement « inacceptable » et convoqué l’ambassadeur israélien. Rome avait ensuite demandé à l’Union européenne d’examiner la possibilité de sanctions contre I. Ben-Gvir.

Les militants détenus lors de la première mission ont fait état de passages à tabac, de blessures, de menaces de mort, d’insultes et d’accusations de terrorisme, selon les procureurs. Les participants à la deuxième mission ont déclaré avoir subi des traitements encore plus brutaux, notamment des coups dans l’obscurité ainsi que l’utilisation de pistolets à impulsion électrique et de balles en caoutchouc.

Les enquêteurs ont indiqué avoir identifié des personnes au sein des chaînes de commandement militaires et policières impliquées dans les opérations. En juin, les procureurs ont adressé à Israël une demande d’entraide judiciaire afin d’obtenir des informations permettant de reconstituer les faits et d’établir les responsabilités individuelles. Ils n’ont pas précisé si les autorités israéliennes avaient répondu à cette demande. Ils ont également mené des discussions avec Eurojust, l’agence de l’Union européenne pour la coopération judiciaire, alors que des enquêtes similaires sur les deux missions étaient en cours dans d’autres pays européens, dont ils n’ont pas révélé les noms.

En vertu du droit italien, les infractions commises à l’étranger contre des citoyens italiens peuvent faire l’objet de poursuites à Rome. Le fait d’être visé par une enquête ne signifie pas que la culpabilité est établie et n’entraîne pas automatiquement un procès. Les procureurs peuvent demander formellement la tenue d’un procès s’ils estiment que les charges sont justifiées. Les organisateurs de la flottille affirment que ces missions visaient à briser le blocus israélien de Gaza et à acheminer de l’aide humanitaire.

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