Les forces navales ont affirmé exercer un contrôle total ainsi qu’une surveillance du renseignement exhaustive sur l’est du détroit d’Ormuz, la mer d’Arabie et la mer d’Oman, selon les informations relayées par Tasnim. « Nous sommes conscients des risques liés à la navigation dans les zones interdites », ont-elles ajouté.
Ces déclarations interviennent alors que l’Iran maintient le blocage du détroit d’Ormuz en réponse aux menaces et aux agressions américaines dans la région. Téhéran prend pour cible les navires-citernes empruntant des couloirs non autorisés au sein du détroit ; par ailleurs, des mines marines ont explosé au contact d’autres pétroliers qui tentaient de traverser la zone en désactivant leurs systèmes de suivi.
L’agence de sécurité maritime britannique UKMTO a rapporté samedi que deux tankers avaient été touchés la veille au large de l’Arabie saoudite, dans les eaux du Golfe.
Les Gardiens de la Révolution (CGRI) ont affirmé le même jour que deux pétroliers avaient pris feu après avoir heurté des mines dans le détroit d’Ormuz. « Un superpétrolier en infraction transportant plus de deux millions de barils de pétrole brut, tentant de franchir illégalement le détroit d’Ormuz, a heurté une mine, provoquant une explosion et un violent incendie », ont d’abord indiqué les Gardiens dans un communiqué, sans préciser l’endroit exact où les faits se sont produits. « Le pétrolier a tenté de traverser le détroit grâce au soutien de l’armée américaine (…) en désactivant tous ses systèmes de localisation », ont ajouté les Gardiens, qui ont également diffusé une vidéo d’un navire en feu en pleine nuit.
Plus tard, ils ont annoncé « qu’un deuxième superpétrolier contrevenant avait été ravagé par un violent incendie après avoir heurté une mine », ajoutant qu’il transportait également plus de deux millions de barils de brut. L’origine de la cargaison et les pavillons des navires n’ont pas été donnés.
Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz reste inférieur d’environ 70 % aux niveaux enregistrés avant le conflit, avait indiqué vendredi l’agence britannique des opérations commerciales maritimes (UKMTO). Dans son bilan hebdomadaire, l’UKMTO a fait état de 125 transits de sortie et de 129 transits d’entrée au cours des sept derniers jours. Ces chiffres marquent une baisse par rapport à la semaine précédente, durant laquelle 129 transits de sortie et 146 transits d’entrée avaient été enregistrés, selon l’agence.
L’UKMTO a recensé 12 attaques contre des navires au cours de la semaine, dont 10 dans le détroit d’Ormuz, une dans le golfe et une dans le golfe d’Oman. Six navires ont poursuivi leur route ou atteint un port, un a été perdu, deux ont été immobilisés ou ont perdu leur capacité de manœuvre, tandis que le sort de trois autres reste incertain.
Selon l’UKMTO, un porte-conteneurs a été touché le 13 octobre par un projectile non identifié à proximité de Ras Cheikh Massoud. Le navire a pris feu avant de couler le lendemain, a précisé l’agence.
Tous les membres de l’équipage ont été évacués. L’UKMTO a averti qu’il lui était difficile d’établir le nombre réel d’attaques, la plupart des navires ciblés refusant de signaler les incidents. Depuis le début du conflit, fin février, l’agence a recensé 84 incidents dans le détroit d’Ormuz.
Deux pétroliers ont été touchés dans le Golfe avait-on signalé plus tôt. Le premier, qui se trouvait à 68 milles marins au nord-est de la ville de Jubail, a été touché par un « projectile d’origine inconnue » et son équipage a été évacué, a indiqué l’agence, en ajoutant que « les membres d’équipage étaient sains et saufs » et qu’aucun impact environnemental n’avait été signalé à ce stade. L’UKMTO a ensuite fait état d’un deuxième incident survenu à 78 milles marin de la ville saoudienne.
« Le capitaine d’un tanker a signalé avoir été pris pour cible par un tir de lance-roquettes (RPG) provenant d’une petite embarcation, ce qui a endommagé la partie arrière bâbord », a-t-elle rapporté. « Les membres d’équipage ont été localisés et sont sains et saufs », a ajouté l’agence en précisant que l’étendue des dégats et l’impact environnemental étaient inconnus à ce stade.
La société de sécurité maritime Vanguard a identifié l’un des navires comme étant le pétrolier ST3, battant pavillon des Îles Marshall. « L’impact a provoqué une coupure de courant et un incendie dans la salle des machines », a-t-elle précisé, en affirmant que l’équipage a été transféré à bord d’un porte-conteneurs battant pavillon des Émirats arabes unis, qui se trouvait à proximité.

