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Tension persistante en Palestine occupée : Tel-Aviv s’arroge tous les droits…

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Des parlementaires palestiniens demandent réparation pour le blocus de Gaza. Leurs avocats ont déposé, lundi 26 juin, une demande au Fonds pour les victimes, organe lié à la Cour pénale internationale (CPI). Ils estiment à 25 milliards les dommages causés depuis le début du blocus imposé par Israël en 2007.
Tel-Aviv s’arroge tous les droits…

Les victimes de l’occupation sioniste demandent donc à la Cour d’ordonner le gel de biens de l’État d’Israël alors que le bureau du procureur de la CPI est censé enquêter depuis mars 2021 sur les crimes commis dans les territoires occupés et à Gaza. Dans leur requête, les huit parlementaires, proches du Hamas, ne demandent pas au Fonds pour les victimes de payer l’addition, mais de mettre en place un programme d’assistance, comme il l’a fait dans d’autres pays dans lesquels le procureur enquête. Ils espèrent une ordonnance de la Cour pour saisir les biens israéliens, à hauteur du préjudice, évalué à 25 milliards de dollars.

Le droit international impose à Israël de subvenir aux besoins de la population sous blocus, explique Gilles Devers, un de leurs avocats. « Israël a l’obligation de procurer tous les besoins de la population civile. Il manque, à ce jour, 25 milliards. C’est donc le préjudice qui est lié au blocus. La Cour a des procédés qui sont des procédés de saisie, qui sont des procédés de confiscations. Nous demandons qu’un travail s’organise entre les parlementaires de Gaza, qui représentent le peuple, entre le Fonds et la chambre préliminaire pour prendre de premières mesures de saisies et inviter les États à prendre ces mesures de saisies, vu que les États membres ont l’obligation de coopérer avec la Cour pénale internationale », relève-t-il.

En attendant, les avocats demandent d’urgence une première enveloppe de 10 milliards de dollars pour subvenir aux besoins immédiats des enfants, des vieillards et des handicapés de la bande de Gaza.

A rappeler que le jour même, la résistance palestinienne a pour la première fois, tiré des roquettes en direction des colonies situées à proximité de la ville de Jénine, au nord de la Cisjordanie occupée. Les tirs de roquettes ont été revendiqués par la Brigade Ayyach spécifiant que les deux projectiles sont des Qassam 1? « Cette expérience est la preuve que les missiles Qassam de Gaza couvrent la totalité de la Palestine occupée de la mer au fleuve du nord au sud », a averti ce groupe en assurant que « les sirènes d’alarme retentiront bientôt pour annoncer une nouvelle phase en Cisjordanie et marquer une nouvelle phase dans l’évolution des phases de confrontation avec l’occupant ».

Selon les médias israéliens, le fait d’avoir visé l’enveloppe de Jénine veut dire que l’armée israélienne va devoir faire face à une menace palestinienne supplémentaire. Des chroniqueurs ont estimé que ces tirs de roquettes constituent « un nouveau signe très dangereux ». L’armée d’occupation a indiqué avoir ratissé l’endroit des tirs de roquettes dans le cadre de l’enquête qu’elle mène pour identifier les auteurs. Indiquant qu’il n’y a pas eu de victimes.

C’est la seconde fois que des tirs de roquettes sont signalés en Cisjordanie occupée ces derniers jours. Le 24 mai dernier, la chaine israélienne Kan a rapporté que l’armée israélienne avait trouvé dans le village Nazlat Issa, à proximité de Jénine, une roquette «  primitive » qui aurait dû être tirée en direction de la colonie Shakid.

Les tirs de missiles de lundi ont apporté de l’eau au moulin des Israéliens qui réclament une offensive militaire israélienne dans le nord de la Cisjordanie pour enrayer les opérations de résistance qui ont connu une importante recrudescence depuis le début de l’an. Des sources médiatiques israéliennes ont précisé que l’opération serait limitée, et ne devrait pas durer plus que 48 heures.

Dans ce sillage, il y a lieu de relever que la ville de Naplouse au nord de la Cisjordanie occupée et le camp Ballata situé à l’est de cette ville ont été le théâtre d’une incursion israélienne dans la nuit de lundi à mardi. Des témoins ont signalé que des dizaines de véhicules ont investi vers l’aube le camp situé à l’est de la ville de Naplouse et les soldats des garde-frontières y ont procédé à des perquisitions et des fouilles dans certaines maisons, dont la demeure de la famille al-Salaj.

Les résistants palestiniens des Brigades al-Qods ont contré l’assaut israélien et des accrochages ont éclaté. Des engins piégés ont été actionnés au passage des véhicules.

Mardi, un communiqué de l’armée d’occupation a indiqué l’arrestation d’un certain nombre de recherchés, dont Hamza al-Jarouf.

Dans la nuit de lundi à mardi, des villages du sud de la ville de Naplouse avaient subi des assauts lancés par les colons. A Douma, les colons ont attaqué les voitures de habitants palestiniens, blessant deux d’entre eux. A Jamaïne, les colons ont aspergé les passagers palestiniens d’une voiture de gaz poivré provoquant des brulures dans leurs yeux.

Le site d’information palestinien Pal Today a signalé aussi des affrontements dans le village al-Maghir à l’est de Ramallah et des arrestations parmi les Palestiniens. En plus de cela, trois jeunes palestiniens ont été appréhendés dans le quartier Issawiyat. Des perquisitions ont aussi été menés dans le quartier Salwane, au sud de la mosquée d’al-Aqsa où les soldats israéliens se sont déployés sur les toits des maisons. Le site a ajouté que les forces d’occupation ont attaqué la région Ras Khamis au nord de la ville sainte d’al-Qods.

Par ailleurs, des responsables palestiniens ont souligné, en début de semaine, que tout colonialisme de peuplement dans les territoires palestiniens occupés est illégitime et illégal. La colère et la frustration ont augmenté parmi les Palestiniens face à l’appel de Benjamin Netanyahou invitant à empêcher la création d’un État palestinien. Ce dernier aurait déclaré lors d’une réunion à huis clos de la commission des affaires étrangères et de la défense de la Knesset qu’Israël devait mettre fin aux aspirations des Palestiniens à un État indépendant. « Nous nous préparons à l’ère qui suivra celle du président palestinien, Mahmoud Abbas ».

Nabil Abu Rudeineh, porte-parole officiel de la présidence palestinienne, soutient que l’établissement d’un État indépendant avec Jérusalem-Est pour capitale est la seule solution pour parvenir à la sécurité et à la stabilité. Il ajoute que l’État palestinien existait, qu’il était reconnu par plus de 140 pays et n’attendait que la fin de l’occupation pour incarner son indépendance.

Les déclarations de B. Netanyahou montrent au monde les véritables intentions d’Israël, qui rejettent la légitimité comme le droit international. Elles prouvent qu’aucun partenaire israélien ne voulait parvenir à une paix basée sur la légitimité internationale, poursuit M. Abu Rudeineh.

Le ministère palestinien des Affaires étrangères décrit les déclarations de B. Netanyahou comme une reconnaissance officielle de la politique hostile du gouvernement israélien envers la paix et le rejet des résolutions liées à la légitimité internationale et à la mise en œuvre du principe de la solution à deux États. Les propos rapportés confirment une fois de plus l’absence d’un partenaire de paix au sein du régime israélien, poursuit-il. Et de mettre en lumière le sabotage délibéré par Israël de tous les accords, ententes et efforts régionaux, internationaux et américains pour restaurer l’horizon politique de résolution du conflit.

Le communiqué note que le refus du Premier ministre d’établir un État palestinien indépendant était l’explication politique des violations de l’armée d’occupation, des milices de colons, des terroristes et de leurs crimes contre les citoyens palestiniens, leurs terres, leurs propriétés, leurs maisons, leurs récoltes et leurs lieux sacrés dans tous les territoires occupés, y compris Jérusalem-Est.

Le ministère ajoute que la position de B. Netanyahou encourage « les terroristes à voler davantage de terres palestiniennes, à renforcer les colonies et à mettre en place plus d’avant-postes aléatoires pour saper toute possibilité d’établir un État palestinien indépendant ». Il appelle l’administration américaine à prendre « très au sérieux » la position anti-paix du Premier ministre israélien et à appliquer les sanctions, pressions et mesures nécessaires pour préserver la possibilité de mettre en œuvre le principe de la solution à deux États.

Nasser al-Kidwa, ancien représentant de la Palestine à l’ONU, déclare à Arab News que Yel-Aviv ne cherche pas de solution et « conduirait la région en enfer ». Ajoutant que « ni Benjamin Netanyahou, ni la droite israélienne, ni aucune puissance au monde ne peut refuser aux Palestiniens le droit à un État indépendant ».

Ghassan al-Khatib, analyste politique palestinien, déclare à Arab News que, pour la première fois, les paroles du Premier ministre sont cohérentes avec ses actions et son comportement, puisqu’il rejette toute possibilité de création d’un État palestinien. « Aujourd’hui, il met l’accent sur sa politique d’extrême droite, qui refuse d’abandonner le contrôle israélien de toute partie des territoires palestiniens », indique-t-il.

La position de B. Netanyahou a créé une « nouvelle réalité » pour les Palestiniens et la communauté internationale, ajoute-t-il tout en indiquant que « ce qui est important, c’est la position qu’adoptera la communauté internationale à ce sujet.»

Le Hamas s’est joint à la condamnation de la déclaration du Premier ministre, réaffirmant sa position selon laquelle l’occupation israélienne est basée sur le génocide, le nettoyage ethnique et le colonialisme. « De tels propos obligent l’Autorité palestinienne et l’Organisation de libération de la Palestine à reconsidérer toute voie de compromis ainsi que leurs négociations infructueuses avec les autorités d’occupation israéliennes et à mettre fin à toute collaboration en matière de sécurité », soutient-il. Toutes les formes de normalisation ont encouragé les autorités israéliennes à commettre de nouvelles atrocités, précise-t-il. « Nous appelons la communauté internationale, les Nations unies et l’Organisation de la coopération islamique à condamner de telles positions, puisqu’elles violent les droits humains les plus élémentaires et toutes les résolutions pertinentes, en plus de menacer la paix et la sécurité dans la région. »

Les responsables palestiniens sont également frustrés en raison des déclarations de Ron DeSantis, gouverneur républicain de Floride et candidat à la présidentielle US, selon lesquelles la Cisjordanie « n’est pas un territoire occupé, mais appartient plutôt aux Juifs, selon la Torah ».

G. Al-Kidwa déclare àArab News que la position du gouverneur est « immorale, niant les droits inaliénables du peuple palestinien et son existence nationale, violant un système de lois internationales qui reconnaît le droit du peuple palestinien à un État indépendant et encourageant les extrémistes israéliens des groupes à refuser aux Palestiniens leurs droits ». Il décrit R. DeSantis comme « un opportuniste ».

Entre-temps, à la veille de l’Aïd al-Adha, les autorités militaires israéliennes ont lancé une campagne d’arrestations en Cisjordanie Elles sont entrées par effraction chez des détenus et d’anciens prisonniers dans plusieurs villes et différents quartiers de Jérusalem.

Amjad Abu Asab, chef du Comité pour les familles des prisonniers de Jérusalem, affirme que les forces de sécurité israéliennes se concentrent sur les zones de Silwan, d’Al-Issawiya, de Jabal al-Mukaber, d’Al-Sawwana, d’Al-Tur, de la Vieille Ville et de Beit Hanina. Après avoir fouillé et détruit des maisons et leur contenu, les militaires ont confisqué l’argent et les véhicules, explique-t-il.

Les forces de sécurité israéliennes ont également remis un avis aux prisonniers libérés après avoir saisi leur argent, dont la valeur s’élève à des centaines de milliers d’euros.  Les autorités israéliennes ont lancé une campagne pour saisir les fonds des prisonniers de Jérusalem en 2020.

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