Mohammad Mokhber, conseiller de l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré que son pays « dispose aujourd’hui d’un moyen de pression à travers le détroit d’Ormuz, lequel affecte des milliards de personnes face aux perturbations touchant le ravitaillement en gaz, en pétrole, en essence et en carburant, avec des répercussions directes sur l’industrie et l’agriculture de nombreux pays ». Il a précisé que « la stratégie de la République islamique repose sur le principe que toute reprise de la guerre la transformera en un conflit régional ». Ce n’est pas pour rien que l’UKMTO a signalé un incident au nord-est de Khor Fakkan, aux Émirats arabes unis, où un remorqueur naviguant vers le sud a déclaré avoir été touché par deux projectiles d’origine inconnue.
Selon ce haut responsable, « la dissuasion iranienne empêche les États-Unis et l’entité sioniste d’utiliser la totalité de leurs capacités, par crainte des retombées régionales de toute frappe visant les infrastructures ». Dans ce cadre, il a affirmé que « les États-Unis pensaient que la guerre contre l’Iran s’achèverait en trois ou quatre jours, mais à ce jour, pas même 10 % de leurs objectifs n’ont été atteints ». Et d’ajouter que « l’entité sioniste est incapable de mener la moindre action sans le soutien américain, tandis que Washington utilise ses bases installées dans les pays européens ainsi que les bases britanniques dans sa confrontation avec l’Iran. »
Il a par ailleurs indiqué que le ciblage d’un centre de gaz liquide au Qatar avait entraîné des répercussions mondiales, faisant valoir que le coût du conflit avait atteint un niveau tel que les ennemis se retrouvent incapables de savoir quelle conduite adopter.
Sur un autre plan, M. Mokhber a souligné que « 70 % des Américains s’opposent à cette guerre, tandis que la cote de popularité du président américain Donald Trump a chuté à un niveau sans précédent ».
Répondant à Benjamin Netanyahu, le ministre iranien des Affaires étrangères a averti que l’Iran avait « des comptes non réglés » avec l’entité israélienne, affirmant que la précédente tentative d’« achever la mission » n’avait fait que renforcer la puissance iranienne. « La dernière fois que vous avez voulu achever la mission, l’Iran est devenu plus fort. Voulez-vous réessayer ? Allez-y, mais faites attention : nous avons nous aussi des comptes non réglés ! », a déclaré Abbas Araghchi.
Le chef de la diplomatie iranienne a également accusé le responsable israélien d’entraîner les États-Unis dans une nouvelle guerre pour « échapper à la prison », sans se soucier des conséquences pour l’entité israélienne, ni des répercussions sur le président américain.
En effet, Donald Trump, est entré directement dans la course des élections israéliennes en annonçant, dans les derniers jours précédant le scrutin, son soutien total au premier ministre sioniste réclamé par la justice internationale. Il a explicitement lié son soutien à B. Netanyahu au dossier iranien, conditionnant la poursuite du partenariat entre Washington et Tel-Aviv dans la guerre régionale au vote en faveur de ce dernier.
Ce faisant, le président américain a offert au premier ministre israélien la carte qu’il cherchait tant à obtenir : apparaître comme le partenaire dont les États-Unis ont besoin pour mener à bien la bataille contre Téhéran, après que la position publique de D. Trump est restée ambiguë, oscillant entre les tentatives du Likoud d’obtenir son soutien et les efforts de l’opposition pour l’en empêcher. Dans une publication sur la plateforme Truth Social, D. Trump a présenté son protégé comme un partenaire essentiel face à l’Iran, estimant que l’accession de toute autre personnalité à la tête du gouvernement contraindrait les États-Unis à « accomplir la mission » eux-mêmes, ce qu’il a déclaré ne pas souhaiter.
Ce message est apparu comme une tentative d’imposer le dossier iranien comme critère de choix entre B. Netanyahu et ses rivaux, ou, en d’autres termes, entre celui qui garantit le maintien de la coordination avec Washington et ceux qui pousseraient cette dernière, selon la version de Trump, à agir seule. Le président américain n’a pas séparé ce soutien de ses menaces contre Téhéran ; il a prétendu que cette dernière avait subi une destruction systématique, sur les plans militaire et économique, et a brandi la menace de poursuivre la pression sur elle si elle ne changeait pas rapidement de comportement. Il a également défendu B. Netanyahu face à ses adversaires, saluant sa capacité à « résister aux pressions » et à surmonter des circonstances qui, selon lui, auraient suffi à faire tomber d’autres dirigeants. Considérant sa résistance politique comme la preuve de son aptitude à rester au pouvoir, il a conclu ses propos en annonçant un soutien électoral « total et absolu » au chef du Likoud.
Toutefois, le message de D. Trump, malgré sa véhémence, ne contenait aucun engagement à mener une frappe imminente contre l’Iran, ni aucune menace de suspendre la coopération avec Israël en cas de défaite électorale de B. Netanyahu. Ce dernier s’est empressé de saisir ce soutien inespéré, déclarant : « Merci, M. le président Trump, pour ce soutien immense et cette action commune. Ensemble, nous achèverons la mission ! ». S’il n’a pas précisé les démarches concrètes pour mener à bien cette « mission », il a repris la propre expression de D. Trump pour l’exploiter sur le plan électoral contre son rival Gadi Eizenkot. Lors d’une interview accordée à la Chaîne 14, il a qualifié le partenariat avec le président américain d’« atout pour Israël », prétendant que « Eizenkot ne possède pas les compétences nécessaires pour gérer la relation avec Trump ».
Ainsi, s’il est certain qu’il n’y a pas de confrontation efficace avec l’Iran sans les États-Unis, B. Netanyahu a ancré l’idée qu’il n’y a pas de relation garantie avec ces derniers sans lui.
Tout cela intervient deux jours seulement après que le locataire de la Maison Blanche s’est abstenu d’apporter un soutien explicite au premier ministre israélien ; lorsqu’on lui a demandé lors d’un entretien avec Newsmax, s’il faisait confiance au premier ministre, il avait répondu : « Dans le monde de la politique, je ne fais confiance à personne », se contentant de mentionner leurs bonnes relations et leurs succès communs. Dans la même interview, il avait révélé que « des parties en Israël souhaitent qu’il participe à la campagne de Netanyahu », sans toutefois s’engager à y prendre part, se vantant que s’il se présentait au poste de premier ministre israélien, il obtiendrait 99 % des voix.
Selon les observateurs, la position du président américain révèle qu’il a besoin du lobby sioniste dans la bataille des élections de mi-mandat, ce qui l’a poussé à une sorte de troc avec la droite israélienne menée par Benjamin Netanyahu.
De passage à Manama, Sergueï Lavrov a salué la médiation des pays du Golfe et défendu la poursuite des échanges entre Moscou et Washington sur ce plan. Le Moyen-Orient se trouve au bord d’une reprise de la guerre à grande échelle, a averti le chef de la diplomatie russe, lors d’une conférence de presse dans la capitale de Bahreïn. Il a insisté sur la nécessité de privilégier les négociations et de s’attaquer aux causes profondes des tensions, notamment autour de l’Iran et du détroit d’Ormuz.
Pour sa part, Pedro Sanchez a souligné que la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran avait coûté plus de 100 milliards d’euros aux Européens. Dans un message publié vendredi sur X, accompagné d’une déclaration vidéo, le chef du gouvernement espagnol a affirmé que les citoyens ordinaires supportaient le poids économique de cette guerre injustifiée contre l’Iran. « Ceux d’entre nous qui ont élevé la voix contre cette guerre avaient raison de dire NON à la guerre », a-t-il écrit, avant d’ajouter : « Nous savions que ce seraient les citoyens ordinaires qui finiraient par en payer le prix. »
Lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet du Conseil européen à Bruxelles vendredi, P. Sanchez a déclaré que les opposants à la guerre avaient eu raison, « non seulement du point de vue du droit international et du respect des droits humains, mais aussi au regard des conséquences économiques et sociales que nos concitoyens subissent une fois de plus ».
« Au final, ce sont les citoyens ordinaires qui en paient le prix et, malheureusement, les conséquences se font déjà sentir », a-t-il souligné. Comme il a souligné que la hausse des prix des carburants à la pompe alourdissait le coût de la vie pour les ménages.
Le dirigeant espagnol a indiqué que son gouvernement et le Parlement avaient approuvé un plan de plus de 12 milliards d’euros pour aider les personnes touchées par la hausse des prix des carburants. Ce dispositif est « destiné à protéger les secteurs concernés et les citoyens qui utilisent leur voiture », a-t-il précisé. Il a ajouté que leur priorité immédiate était de faire baisser les prix de l’énergie, dont la flambée pose des difficultés aux populations du monde entier. « L’urgence est désormais de mettre fin à cette catastrophe le plus rapidement possible », a-t-il déclaré.
Les États-Unis et le régime israélien ont lancé le 28 février, conjointement une agression non provoquée contre l’Iran en ciblant de hauts responsables iraniens ainsi qu’une école primaire à Minab, dans le sud du pays, tuant 168 enfants, enseignants et parents innocents. En réponse, les forces armées iraniennes ont lancé des frappes de représailles contre des cibles américaines et israéliennes dans la région.

