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Tension avec la Russie : Un haut gradé britannique craint une « guerre accidentelle »

Le risque d’une guerre accidentelle entre l’Occident et la Russie est plus grand qu’à aucun autre moment depuis la guerre froide, avec de nombreux outils diplomatiques traditionnels qui ne sont plus disponibles, a déclaré le chef d’état-major britannique.

Le général Nick Carter a déclaré à Times Radio qu’il y avait un plus grand risque de tensions dans la nouvelle ère d’un “monde multipolaire”, où les gouvernements se disputent différents objectifs et différents programmes. “Je pense que nous devons faire attention à ce que les gens ne finissent pas par laisser la nature belliqueuse de certaines de nos politiques se retrouver dans une position où l’escalade conduit à des erreurs de calcul”, a déclaré le chef d’état-major britannique dans une interview diffusée dimanche 14 novembre.
Les tensions se sont intensifiées en Europe de l’Est ces dernières semaines après que l’Union européenne a accusé la Biélorussie d’avoir transporté des milliers de migrants pour déclencher une crise humanitaire à sa frontière avec la Pologne, un État membre de l’UE, un différend qui menace d’attirer la Russie et l’OTAN.
A Moscou, le président Vladimir Poutine a déclaré samedi que les exercices imprévus de l’OTAN dans la mer Noire représentaient un sérieux défi pour Moscou et que la Russie n’avait rien à voir avec la crise à la frontière entre la Biélorussie et la Pologone.
N. Carter a déclaré que les rivaux autoritaires étaient prêts à utiliser n’importe quel outil à leur disposition, tels que les migrants, la flambée des prix du gaz, les forces par procuration ou les cyberattaques. “Le caractère de la guerre a changé”, a-t-il déclaré.
Après le monde bipolaire de la guerre froide et le monde unipolaire de la domination américaine, les diplomates sont désormais confrontés à un monde multipolaire plus complexe, a-t-il déclaré, ajoutant que “les outils et mécanismes diplomatiques traditionnels” de la guerre froide n’étaient plus disponibles. “Sans ces outils et mécanismes, il y a un plus grand risque que ces escalades ou cette escalade puissent conduire à des erreurs de calcul”, a-t-il déclaré. “Je pense donc que c’est le vrai défi auquel nous devons être confrontés.”
La Grande-Bretagne a déclaré vendredi qu’une petite équipe de militaires britanniques avait été déployée pour explorer un “soutien technique” pour la Pologne à sa frontière avec la Biélorussie.
Les chasseurs britanniques Typhoon ont également escorté deux avions militaires russes hors de sa zone d’intérêt vendredi, travaillant avec des partenaires de l’OTAN pour surveiller les avions alors qu’ils traversaient l’espace aérien international.
Alors que la situation à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne reste tendue en raison de la présence de milliers de migrants qui se dirigent vers l’Union européenne, le ministère britannique de la Défense a annoncé vendredi 12 novembre sa décision d’y envoyer « un petit groupe » de militaires pour fournir « un soutien technique » aux Polonais.
D’après le Guardian, il ne s’agit que d’une équipe d’environ 10 soldats, qui sont arrivés jeudi et devraient passer quelques jours dans le pays pour réparer ou renforcer la clôture.
Citées par le quotidien, des sources au sein de la Défense britannique soulignent que ces soldats n’ont pas d’autre mission et qu’il s’agit d’une mesure appropriée étant donné que « c’est la Biélorussie qui pousse les migrants vers la frontière ».
Toujours sur Twitter, le ministre polonais de la Défense Mariusz Blaszczak a exprimé sa reconnaissance à Londres tout en soulignant que les soldats des deux pays allaient coopérer pour renforcer la clôture à la frontière biélorusso-polonaise. « Ensemble, nous sommes plus forts », a-t-il ajouté.
La Russie n’a pas tardé à réagir à ce déploiement, d’autant plus que le 9 novembre le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a accusé V. Poutine d’avoir orchestré la situation avec les migrants.
« C’est un exemple classique de provocation et d’escalade. Il est clair que ce dont la partie polonaise a besoin à la frontière, c’est d’un accès pour les ONG, la presse et les agents humanitaires. Comme le fait la Biélorussie. Seul cela peut arrêter l’expulsion forcée et honteuse de réfugiés par la Pologne et la Lituanie », a écrit sur Twitter Dmitry Polyansky, adjoint à l’ambassadeur de la Fédération de Russie à l’Onu.
En effet, des groupes de défense des droits de l’Homme ont critiqué la mesure, affirmant qu’au lieu de renforcer la frontière polonaise le Royaume-Uni devrait se concentrer sur la lutte contre la crise humanitaire actuelle. « Envoyer des soldats britanniques pour ériger davantage de clôtures à la frontière plutôt que de répondre aux besoins des personnes qui meurent à ces frontières, c’est un mépris choquant pour la vie humaine et le droit des gens à chercher l’asile », a déclaré Steve Valdez-Symonds, directeur des droits des réfugiés et des droits des migrants d’Amnesty International, cité par le Guardian.
Le quotidien rappelle que Varsovie a refusé l’aide de l’agence européenne des gardes-frontières et des garde-côtes (Frontex).
Le 11 novembre au cours d’une réunion à huis clos du Conseil de sécurité de l’Onu, la France, l’Estonie, l’Irlande, la Norvège, les États-Unis et la Grande-Bretagne ont condamné, selon l’AFP, « l’instrumentalisation orchestrée d’êtres humains dont les vies et le bien-être ont été mis en danger à des fins politiques par la Biélorussie, avec le but de déstabiliser des pays voisins et les frontières externes de l’Union européenne, et de détourner l’attention de ses propres violations des droits humains ».
S’exprimant devant les journalistes en amont de la réunion, D. Polyansky a dit penser que ses homologues européens avaient « une sorte de penchant masochiste, parce que soulever devant nous ce sujet, qui constitue une honte totale pour l’UE, serait très courageux ».
Interrogé sur une éventuelle aide apportée par la Russie, ou par la Biélorussie, aux migrants pour que ceux-ci atteignent la frontière polonaise, le diplomate russe a répondu par la négative. Il a ajouté qu’il n’était pas nécessaire que le Conseil se penche sur tous les problèmes.

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