Le président français a accusé, sans preuve, Moscou d’être « un acteur très agressif », évoquant des cyberattaques dans l’espace informationnel européen. Ses accusations sans fondement ne s’arrêtent pas là. E. Macron a évoqué les drones qui auraient été aperçus au-dessus des territoires de pays tels que la Pologne et le Danemark. Sous ce prétexte, il a souligné la nécessité « de systèmes de préalerte très efficaces » et d’une coopération renforcée pour « protéger notre espace aérien commun ».
« La réponse européenne doit être opérationnelle, c’est-à-dire qu’il ne doit y avoir aucune faiblesse. Je pense qu’il faut redire que toute personne qui viole l’espace aérien européen est susceptible d’entraîner des représailles, parce que c’est notre droit et que nous ferons respecter l’espace aérien européen. Il nous faut aussi continuer à nous équiper », a-t-il déclaré.
Accusée d’être impliquée dans la violation de l’espace aérien de pays européens par des drones, la Russie nie fermement. La Pologne, relève le ministère russe de la Défense, n’a pas fourni de preuves que les drones étaient bien russes et, par ailleurs aucune cible sur le territoire polonais n’était prévue. La diplomatie russe a proposé des consultations avec la partie polonaise, sans obtenir de réponse. Dans le cas du Danemark, qui clame également que son espace aérien a été violé, l’ambassade de Russie à Copenhague déclare que Moscou n’est pas impliqué. Selon le communiqué, ces incidents sont une mise en scène destinée à servir de prétexte à une escalade des tensions.
E.Macron, quant à lui, a évoqué l’enquête concernant un pétrolier soupçonné d’avoir enfreint le droit maritime. La France estime qu’il appartient à une prétendue « flotte fantôme » russe. Selon le président français, les poursuites judiciaires sont « justifiées », car l’équipage du navire a commis des « fautes très importantes ». Ceci démontre « la présence et la réalité » d’un phénomène que l’Europe « décrit » et « dénonce ».
Dmitri Peskov, porte-parole du président russe, pointe du doigt les provocations organisées par les pays européens dans plusieurs zones maritimes, y compris en mer Baltique. Du point de vue de la Russie, celles-ci ne contribuent absolument pas à garantir la liberté de la navigation commerciale. Le porte-parole du Kremlin a précisé que Moscou ne disposait d’aucune information sur le pétrolier arraisonné.
Avoirs russes
Le même responsable russe a par ailleurs accusé l’UE d’appropriation illégale des avoirs russes gelés et de leurs revenus, qualifiant le projet de vol. Il a menacé de poursuites contre ceux qui les utiliseraient pour financer l’Ukraine, promettant des répercussions juridiques. Les projets visant à financer l’Ukraine au moyen d’avoirs russes seront considérés comme du vol, a déclaré D.Peskov, commentant l’idée de l’UE d’allouer des fonds à l’Ukraine à l’aide des revenus d’actifs russes gelés pour les drones. « Il s’agit de plans visant à s’approprier illégalement des biens russes, autrement dit, du vol », a-t-il indiqué. Le porte-parole du Kremlin a averti que toute tentative de s’approprier les avoirs russes ou d’en percevoir les dividendes exposerait États et individus, impliqués de près ou de loin, à des poursuites judiciaires. « Ils seront tous tenus pour responsables », a-t-il ajouté.
De plus, a souligné D. Peskov, de telles mesures pourraient ruiner la confiance dans le principe de l’inviolabilité de la propriété. « Autrement dit, ce retour de bâton frappera sévèrement les principaux pays détenteurs d’actifs, soucieux de maintenir leur attractivité pour l’investissement », a-t-il noté.
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a annoncé en septembre dernier l’utilisation des revenus d’avoirs russes gelés dans le cadre d’un « prêt de réparation » pour l’Ukraine. Selon elle, l’une des conditions de ce prêt sera qu’une partie des fonds soit utilisée par Kiev pour des achats auprès de l’industrie européenne de la défense. Cependant, ce plan a suscité des controverses et des critiques au sein de l’UE, car de nombreux aspects clés du projet font l’objet de désaccords, l’un des principaux concernant le montant du crédit. Le chancelier allemand Friedrich Merz l’a estimé à 140 milliards d’euros, tandis que Balazs Ujvari, porte-parole officiel de la Commission européenne, a donné le chiffre de 170 milliards d’euros. Selon Euractiv, les détails du projet n’ont pas encore été présentés, ce qui, selon les critiques, est « symptomatique » de la Commission européenne et de sa présidente, qui ne possèdent pas les connaissances économiques élémentaires.
Ce plan a notamment suscité la colère des autorités belges. La plupart des avoirs étant conservés dans le dépôt Euroclear à Bruxelles, le Premier ministre Bart De Wever a averti que la saisie des fonds d’un pays tiers ou d’une banque centrale créerait un « dangereux précédent » et saperait la confiance des investisseurs. Le président français Emmanuel Macron s’est aussi montré critique à l’égard de l’idée d’accorder un prêt sans intérêt à Kiev : « Quand des avoirs sont gelés, on respecte le droit international. »
Le 1er octobre, la Commission européenne a annoncé le versement à l’Ukraine d’une nouvelle tranche de 4 milliards d’euros provenant des revenus des actifs russes gelés. Deux milliards d’euros de ces fonds seront consacrés à la production de drones. Les autorités russes considèrent comme illégale toute utilisation des avoirs bloqués et des intérêts qu’ils génèrent. Maria Zakharova, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a prévenu que la confiscation des actifs russes gelés en Europe entraînerait des mesures de rétorsion. Le président Vladimir Poutine a averti que la violation des normes internationales et le « vol d’avoirs étrangers » ne ferait que causer des problèmes à ceux qui s’y livrent.
L’USAID avoue
A signaler aussi que Samantha Power, ancienne directrice de l’Agence américaine pour le développement international (USAID), a déclaré lors d’une conversation avec les prankers russes Vovan et Lexus (Vladimir Kouznetsov et Alexeï Stoliarov) que l’Agence versait chaque mois 1,5 milliard de dollars « en espèces » à l’Ukraine depuis 2022. Les farceurs ont appelé l’ancienne directrice de l’USAID au nom de l’ancien président ukrainien Petro Porochenko.
S. Power a précisé que désormais, cet argent était versé lorsque les rapports étaient fournis. « Lors de la session du Congrès, nous avons dû mettre en place toutes ces garanties. Le Congrès, en fin de compte, ne voulait en aucun cas payer les retraites. Il s’agissait en fait d’un complément aux recettes fiscales car celles-ci avaient fortement chuté en raison du déclin de l’économie », a-t-elle déclaré lors de la conversation.
L’ancienne directrice de l’USAID a révélé que les investissements de l’Agence étaient aussi importants que ceux dans les organisations non gouvernementales (ONG). « Nous avons convaincu assez de républicains que c’était le cas, et nous avons obtenu les fonds. Mais lorsque Trump… Il a fallu que l’exécutif fasse pression. Dès l’arrivée de Trump, qui a demandé une réduction, au lieu de soutenir ces investissements, nous les avons perdus », a-t-elle indiqué.
S. Power a également déclaré que l’une de ses dernières actions en tant que directrice de l’USAID avait été d’accorder au gouvernement ukrainien un prêt sans intérêt très important, en utilisant les actifs russes gelés comme garantie.
Piégée par les prankers russes , S. Power a admis que l’USAID avait investi des fonds sans précédent en Moldavie pour soutenir le régime pro-occidental de Maïa Sandu. Elle a ajouté qu’elle ne se souvenait pas des chiffres exacts, mais que les subventions s’élevaient toujours à « des dizaines de millions de dollars », y compris pour la Moldavie. Elle a souligné que ces versements avaient cessé après l’arrivée au pouvoir de D.Trump.
En février 2025, l’administration Trump a suspendu les activités de l’USAID, qui servait à mettre en œuvre la politique étrangère américaine et exercer une influence sur d’autres pays. En mars, le secrétaire d’État Marco Rubio, nommé directeur par intérim de l’Agence, a déclaré qu’à l’issue d’un audit, le gouvernement américain avait mis fin à plus de 80 % des programmes de l’USAID. Fin août dernier, M. Rubio a annoncé que l’Agence américaine était officiellement en cours de fermeture. Selon lui, depuis janvier de cette année, la nouvelle administration a permis aux contribuables d’économiser des dizaines de milliards de dollars.
