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Stress hydrique : Aller au-delà du constat ministériel

La situation hydrique au Maroc est alarmante. Le remplissage des bassins hydrauliques a connu une baisse de 67%, affectant l’ensemble des infrastructures hydrauliques, annonce Nizar Baraka, ministre de l’Equipement et de l’Eau. Le responsable s’est contenté d’établir un constat. Sans pour autant proposer d’alternatives durables. Il est peut-être temps de sonder l’alternative des « déchets des phosphates » pour reverdir le pays. Voilà un chantier à inaugurer pour conjurer le mauvais sort de la désertification avancée. Terraformer le pays n’est plus un luxe !
Stress hydrique : Aller au-delà du constat ministériel

Lors de la séance hebdomadaire à la Chambre des conseillers mardi, N. Baraka a répondu aux questions des conseillers sur la situation hydrique du pays en soulignant trois faits essentiels. En premier lieu, il a expliqué que les changements climatiques sont une réalité, notant une augmentation d’un degré des températures au niveau international par rapport au XIXe siècle. « Cette hausse est loin de l’objectif fixé lors de la Conférence de Paris, visant à ne pas dépasser 1,5 degré d’ici 2050, posant ainsi un véritable problème à l’échelle mondiale », a-t-il indiqué.

Le deuxième constat est que le Maroc figure parmi les pays les plus touchés par les changements climatiques, poursuit le ministre. Il a cité comme preuve que, au cours des deux dernières années, le niveau d’augmentation des températures a dépassé 2 degrés, atteignant précisément 1,99 en 2022 et 2023. « En 2023/2024, la température atteint 37 degrés, dépassant la moyenne mondiale. Cette situation se traduit, notamment en ce qui concerne les barrages, par un taux d’évaporation quotidien d’un million et demi de mètres cubes d’eau« , a-t-il fait savoir.

Quant à la troisième constatation, le ministre évoque les réserves annuelles d’eau s’élevant à 11,5 milliards de mètres cubes entre 1945 et 2023. Toutefois, au cours des dix dernières années, ce chiffre a chuté à 7,2 milliards de mètres cubes. Entre 2017 et 2023, il a encore diminué pour atteindre 5,2 milliards de mètres cubes, et au cours des trois dernières années, la quantité de remplissage des bassins n’a pas dépassé les 3 milliards de mètres cubes, note le responsable. De plus, « depuis septembre jusqu’à aujourd’hui, un 1,5 milliard de mètres cubes d’eau ont été enregistrés, mais aujourd’hui seulement 500 millions de mètres cubes ont été ajoutés, représentant une baisse de 67% qui touche tous les bassins hydriques » , révèle le responsable.

Présentant des indicateurs quantitatifs relatifs aux bassins, il a précisé que le barrage de Loukkos, un réservoir d’eau de grande envergure, a enregistré un remplissage de 282 millions de mètres cubes l’année précédente, tandis que cette année, seuls 23 millions de mètres cubes ont été constatés.

De manière similaire, le barrage de Sebou, qui était autrefois rempli à hauteur de 758 millions de mètres cubes, n’a enregistré que 90 millions de mètres cubes d’apports hydriques. En outre, le barrage d’Al Wahda, le plus vaste en termes de capacité d’eau disponible, avait reçu 400 millions de mètres cubes au cours des quatre premiers mois de l’année agricole précédente, mais n’a reçu que 11 millions de mètres cubes cette année. Ainsi, la diminution des apports hydriques oscille entre 60 et 90%, entraînant une baisse significative du taux de remplissage des barrages, passant de 31,5% à 23,3%.

Par ailleurs, « on observe une utilisation excessive de la nappe phréatique, qui constitue le réservoir futur, et qui a également connu une réduction. Actuellement, on constate une diminution, par exemple à Tadla de 5 mètres cette année, à Béni Mellal de 4 mètres, à Souss de 4 mètres, à Berrechid de 3 mètres, et à Chtouka d’un mètre et demi« , ajoute le ministre.

En plus de l’exploitation dépassant la quantité annuelle rechargée, soit entre un milliard et un milliard et demi de mètres cubes par an, s’ajoute le problème de l’accumulation des sédiments dans les barrages, constituant également un obstacle à leur accès, estimé entre 17 millions et 25 millions de mètres cubes par an, avec une moyenne annuelle de 48 millions de mètres cubes.

Ainsi, le ministre a noté qu’il est essentiel de concentrer les efforts sur la construction des barrages, de continuer à accélérer le à accélérer le rythme de leur réalisation, en parallèle, « nous devons accorder une attention accrue aux sources d’eau non conventionnelles, en mettant l’accent sur le dessalement de l’eau de mer et en favorisant la réutilisation des eaux usées » .

Pour le responsable, il est également crucial de mettre fin au gaspillage et d’améliorer l’efficacité de l’utilisation de l’eau, en favorisant des pratiques telles que l’irrigation goutte à goutte, entre autres mesures fondamentales, tout en préservant les nappes phréatiques afin de garantir l’avenir des générations futures dans le pays et d’assurer la durabilité.

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