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Sommet arabe d’Alger : C’est N. Bourita qui représente le Maroc

Le roi Mohammed VI aurait finalement «renoncé» à assister au sommet de la Ligue arabe, prévu mardi et mercredi 1er et 2 novembre à Alger. Une décision qui intervient après l’annonce faite la veille, à Alger, par Nasser Bourita, chef de la diplomatie marocaine, sur le fait que cette participation était à l’étude par le Palais royal.

Le ministre marocain des Affaires étrangères aurait formellement informé, dimanche soir, le secrétaire général de la Ligue arabe de la décision du souverain de ne pas prendre part au conclave arabe, rapporte Jeune Afrique qui relaie les indiscrétions marocaines. La délégation marocaine censée préparer la visite du monarque aurait, quant à elle, quitté Alger lundi. La même source ajoute que le Royaume sera finalement représenté à ce sommet par N.Bourita, présent à Alger depuis samedi.

Le roi Mohammed VI a été officiellement convié par le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, via une lettre d’invitation remise au chef de la diplomatie marocaine, le 27 septembre. Il «devait» y prendre part en compagnie du prince héritier Moulay El Hassan.

Les raisons de l’absence du Souverain «sont de plusieurs ordres», ajoute la même source, notant que «Rabat estime tout d’abord que les autorités algériennes ont réservé un traitement peu diplomatique à Nasser Bourita et à sa délégation, ce qui ne permettrait pas au roi d’effectuer un séjour serein et apaisé». Et de citer «la persistance des attaques» à l’encontre du royaume par les médias algériens ainsi que «l’absence à ce sommet des chefs d’Etat que Rabat considère comme lui étant proches».

Hier à Amman, la Cour royale en Jordanie a annoncé que le roi Abdallah II de Jordanie n’effectuera pas le déplacement à Alger pour prendre part au 31e sommet de la Ligue arabe. Le monarque jordanien mandatera toutefois le prince héritier Hussein Ben Abdallah pour présider la délégation jordanienne.

Les médias marocains maltraités

A rappeler qu’une fois de plus, les responsables algériens n’ont pas hésité à s’en prendre aux représentants des médias marocains ayant fait le déplacement à Alger pour couvrir le sommet arabe dit de « réconciliation » inter-arabe. La preuve, la Fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ) et le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) ont condamné, lundi, les «provocations» ayant visé des journalistes marocains en mission en Algérie. «La FMEJ a suivi avec colère ce qu’a subi la délégation des médias marocains, qui s’est rendue en Algérie pour couvrir le Sommet arabe, et les agissements illégaux des autorités algériennes à son encontre», dénonce la fédération dans un communiqué.

«Ce qui s’est produit cette fois avec les équipes des deux chaînes de télévision marocaines Al Aoula et 2M» de la part des autorités algériennes «s’est passé plus d’une fois lors de la couverture de n’importe quel événement en Algérie», dénonce la FMEJ. «Des collègues des deux chaînes ont raconté ce qui leur est arrivé en Algérie avec les services de sécurité, l’ampleur des restrictions et des traitements inappropriés, et l’interdiction d’exercer leur devoir professionnel, ce qui confirme leur ciblage intentionnel», ajoute-t-on.

Pour la FMEJ, cela démontre que les autorités algériennes ont abandonné «toutes leurs obligations organisationnelles et contractuelles en tant que pays hôte du sommet», outre le fait qu’un tel «comportement maladroit est considéré comme une atteinte à la liberté de la presse et au droit des médias d’accomplir leur mission de façon libre et indépendante». «La Fédération marocaine des éditeurs de journaux (…) affirme sa condamnation et son rejet du comportement répressif et égaré des autorités algériennes à l’encontre des professionnels des médias marocains qui ont couvert le Sommet arabe», note le communiqué.

Pour sa part, le SNPM a estimé que ce comportement «n’est pas étranger aux autorités algériennes», rappelant «ce qu’a subi la délégation de la presse marocaine à l’aéroport Houari Boumediene en juin dernier, lorsqu’elle a été empêchée de couvrir les Jeux méditerranéens puis expulsée vers la Tunisie». Le syndicat a ainsi exprimé sa «solidarité absolue avec ses confrères journalistes victimes de ces comportements honteux» et a appelé les responsables de la Ligue des États arabes à «assumer leur entière responsabilité» après les faits.

Pour sa part, l’Union générale des journalistes arabes a confirmé, lundi, avoir reçu une lettre du SNPM indiquant que les autorités algériennes ont mené des enquêtes contre la délégation de journalistes marocains chargés de couvrir le Sommet arabe. «Ils ont été détenus très longtemps dans l’un des bureaux avant que les autorités algériennes de sécurité de l’aéroport ne décident de confisquer leur matériel de travail et leur permettre d’entrer sur le sol algérien en tant que touristes», ajoute-t-il dans un communiqué.

«La délégation s’est rendue à l’endroit désigné pour recevoir les accréditations des journalistes mais ses membres ont été surpris par les instructions destinées à refuser d’accorder cette accréditation à tout journaliste marocain. Elle a par la suite quitté le territoire algérien pour rentrer au Maroc», assure l’Union, qui exprime «son entière solidarité avec les revendications du SNPM et sa condamnation de ce traitement». La même source a également insisté sur la nécessité de «respecter les journalistes et de leur permettre de travailler librement dans le respect de toutes les lois et normes internationales».

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