La FGD a présenté à la presse mercredi, à Casablanca, son mémorandum relatif au cadre régissant les élections législatives prévues en 2026. Un document qui dépasse le cadre de simples propositions techniques sur la législation et les procédures et constitue, selon A. El Aziz, une lecture politique de la situation actuelle du Maroc, marquée par un recul démocratique et une restriction de l’espace public.
Le leader de cette formation a pointé du doigt les pratiques observées lors des législatives de 2021. « Le scrutin passé a été entaché par la distribution ostensible d’argent et l’achat de voix au sein même des institutions électorales », a-t-il affirmé. Pratiques qui plus est étaient accompagnées de l’intervention d’agents administratifs pour influencer les choix des électeurs et exploiter des réseaux d’influence, fragilisant ainsi la crédibilité du processus, a-t-il précisé.
Pour le secrétaire général de la FGD, toute réforme électorale doit s’attaquer aux causes profondes de ces dysfonctionnements. « Le système électoral est le socle de la légitimité institutionnelle. Sa défaillance compromet la confiance entre l’Etat et les citoyens », a-t-il expliqué. Rappelant que plus de huit millions de Marocains ne sont pas enregistrés, ce qui pose un réel problème de représentativité, il a préconisé l’instauration d’un système d’inscription automatique, à l’instar des pratiques en vigueur dans la plupart des démocraties contemporaines.
La participation des femmes à la vie politique a également été mise en avant dans le mémo de la Fédération. Laquelle propose des mécanismes garantissant une représentation équilibrée sur les listes électorales nationales, conformément au principe de parité inscrit dans la Constitution marocaine. Pour A. El Aziz, cette mesure est essentielle non seulement pour respecter les obligations constitutionnelles, mais aussi pour renouveler les élites et enrichir le débat politique.
Le mémorandum prévoit également des sanctions strictes contre les partis qui présentent des candidats impliqués dans des affaires de corruption. Une réduction de 5% du financement public pour chaque élu condamné vise à responsabiliser les partis dans le choix de leurs candidats et à favoriser la sélection de profils intègres.
A.El Aziz a souligné l’importance de mesures politiques plus larges, telles que la libération des prisonniers politiques, journalistes et militants des droits humains, qu’il considère comme un préalable à toute réforme crédible du système électoral. Il a également dénoncé la mainmise prolongée du ministère de l’Intérieur sur les processus électoraux, estimant que ce contrôle affaiblit l’indépendance des institutions et la confiance des citoyens. « L’objectif n’est pas seulement d’organiser les élections de 2026, mais de faire de ce scrutin une étape décisive pour restaurer la valeur de la volonté populaire et renforcer la confiance entre la société et l’Etat », a-t-il conclu.
