La Coalition civile pour la montagne et la Coordination nationale des victimes du séisme d’Al Haouz ont manifesté lundi devant le Parlement afin de faire entendre les revendications des victimes du tremblement de terre. Le sit-in a rassemblé plusieurs dizaines de participants venus de différentes zones sinistrées. Les organisateurs ont appelé au règlement des dossiers en suspens, à l’indemnisation des victimes marginalisées et à l’accélération du processus de reconstruction pour garantir un logement décent et une vie digne.
Les deux organisations ont organisé lundi 8 septembre, date anniversaire de la catastrophe, une conférence de presse afin de mettre en lumière la souffrance persistante des victimes, de révéler l’amère réalité endurée, et présenter des données de terrain face aux informations inexactes qui circulent. Sur la foi de ces dernières, on assure que la reconstruction des habitations touchées par le séisme qui a frappé la province d’Al Haouz en septembre 2023 entre dans sa phase finale, portée par une mobilisation sans précédent des autorités locales, des ingénieurs, des entrepreneurs et des associations. Selon Hassan Ighighi, coordinateur du programme de reconstruction et de réhabilitation, le taux d’avancement des travaux a atteint 91,33 % après la réhabilitation ou la construction de près de 24.000 logements conformes aux normes techniques et architecturales de haut niveau.
« Toutes les tentes, installées pour accueillir les sinistrés après le séisme, ont été définitivement démontées », a précisé H. Ighighi, soulignant que le rythme des travaux devrait permettre d’atteindre 93 % à la fin septembre et 96 % dans les deux mois à venir. Seuls 4 % des sinistrés n’ont pas encore entamé la reconstruction de leurs habitations, principalement en raison de litiges entre héritiers ou de familles ayant refusé de construire malgré la perception de la première tranche de l’aide de l’État. Les autorités locales ont engagé les procédures légales nécessaires pour inciter ces bénéficiaires à commencer les travaux.
La phase préliminaire de reconstruction, menée par la commission de pilotage et de suivi de la province, a été particulièrement complexe. Elle a impliqué le sauvetage des victimes, le recensement des populations affectées, le déblaiement des décombres de plus de 23.500 maisons effondrées et la délivrance des permis de construire. La topographie accidentée et l’accès difficile à de nombreuses habitations ont nécessité l’usage d’équipements spéciaux, d’engins lourds et d’importantes ressources humaines.
La délivrance des permis a été effectuée selon des critères stricts, sous la supervision d’architectes et de bureaux d’études spécialisés, sur la base d’un cahier des charges respectant les normes scientifiques et techniques parasismiques, tout en tenant compte des spécificités architecturales et culturelles locales.
La reconstruction dans le quartier emblématique de Bab Doukkala à Marrakech illustre la réussite du programme : la majorité des habitants ont regagné leurs maisons reconstruites dans le respect de l’architecture authentique marocaine et des normes antisismiques. Les commerçants et artisans des Foundouks, touchés par des fissures ou des dégâts partiels, ont également pu reprendre leurs activités, contribuant au retour progressif à la vie normale dans cette médina prisée des touristes.
Les bénéficiaires ont reçu un soutien financier régulier : 2.500 DH par mois pour le loyer et l’hébergement, ainsi que 140.000 DH ou 80.000 DH pour la reconstruction, selon le recensement effectué par les commissions mixtes. Dans leurs déclarations à la MAP, plusieurs habitants ont exprimé leur soulagement et leur gratitude à Sa Majesté le Roi Mohammed VI pour l’attention portée aux victimes du séisme.
La préfecture d’Al Haouz souligne que, malgré les difficultés rencontrées, la cadence de reconstruction dépasse largement celle observée dans d’autres expériences internationales, qui nécessitent au minimum trois ans pour rétablir des conditions de vie normales après un séisme majeur. La coordination exemplaire entre les différentes parties prenantes sur le terrain a été déterminante pour atteindre ces résultats.
Qui croire ?
L’affaire mérite, les Marocains y tiennent, plus de transparence de la part du ministère de l’Intérieur dont les agents sont impliqués à bon, ou à mauvais escient, dans cette opération d’envergure.
