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« Qatargate » : Doha réagit et Rabat en mode silence

L’affaire dite « Qatargate » commence à livrer ses secrets. Depuis que l’Italien Francesco Giorgi s’est mis à table pour décrire, devant le juge, l’activité déployée par le réseau de corruption principalement italien, exploité par le gouvernement du Qatar et les renseignements extérieurs du Maroc. Dans la foulée, F. Giorgi tente de blanchir Eva Kaili, sa compagne qui est aussi vice-présidente grecque du Parlement européen. Si Doha a réagi en niant en bloc ce qui lui est reproché, Rabat garde, pour le moment, un silence de plomb.
Doha réagit et Rabat en mode silence

Une fois de plus, c’est via un consortium de journaux européens que l’affaire scandaleuse dite « Qatargate » a été éventée. Selon toute vraisemblance, les services belges, aidés en cela par d’autres officines européennes, ont été mis il y a quelques mois sur la piste d’un « réseau » travaillant « pour le compte » du Maroc et du Qatar. Selon le parquet de Bruxelles, chaque geste visait à mener une « activité d’ingérence » au siège de l’UE et aux postes clés des institutions européennes, en particulier au Parlement. Le Qatar n’avait pas les mêmes objectifs que le Maroc : il s’intéressait principalement à l’image de l’Emirat en matière de droits civils. La Repubblica en Italie et Le Soir  et Flamand Knack en Belgique, se font les échos du déroulement de l’enquête à l’heure où le parquet belge assure « respecter le secret de l’instruction »

Selon La Repubblica a fait part jeudi de la confession détaillée de F. Giorgi, assistant dévoué, depuis treize ans, d’Antonio Panzeri, ancien syndicaliste et parlementaire européen, fondateur d’une ONG de défense des droits humains. Ce dernier est considéré par les enquêteurs belges comme le parrain du réseau de corruption mis en place à Bruxelles.

Revenant sur l’implication de Rabat dans cette scabreuse affaire, F. Giorgi rapporte que les deux compères étaient en contact avec trois personnes, dont l’ambassadeur du Maroc en Pologne et le directeur des renseignements extérieurs du royaume. L’opération consistait, assurait-il, à influencer les décisions de l’Europe sur le dossier saharien et le contrôle des flux de migrants. Quant au dossier lié à l’Emirat du Qatar, le duo était directement en affaires avec le ministre qatarien du Travail.

F. Giorgi qui conditionne sa totale collaboration à l’élargissement de sa campagne, confond ainsi deux parlementaires européens de plus, outre un autre Italien à la tête d’une autre ONG proche de l’institution. Et précise que l’argent des corrupteurs était verséviales ONG ou directement en liquide.

En Espagne, Vox, formation d’extrême droite qui ne porte pas le Maroc dans son cœur a mis à profit ce maelstrom dans lequel une majorité d’eurodéputés espagnols, socialistes comme de droite, auraient été « intéressés ». A la Commission européenne, le parti appelle à « évaluer la portée et l’impact des décisions favorables au Maroc » et sollicité du Parlement européen la mise en place d’un « mécanisme d’abrogation » desdits accords. L’objectif de ce parti consisterait à rendre caduques toutes les décisions « qui concernent l’immigration, la lutte contre le terrorisme, les accords de pêche, la concurrence déloyale envers les agriculteurs et les éleveurs espagnols, la souveraineté sur le Sahara occidental ou l’aide au développement », selon Jorge Buxadé, eurodéputé et porte-parole de Vox.

Dans cette même dynamique, il y a lieu de souligner que Sira Rego et Manu Pineda, deux eurodéputés communistes espagnols, ont présenté à la plénière du Parlement européen une initiative appelant à appliquer aux lobbyistes marocains les mêmes sanctions infligées aux supposés représentants des intérêts du Qatar, dont E. Kaili. Le projet a été rejeté par une majorité au Parlement européen : 253 eurodéputés se sont prononcés contre, 238 pour et 67 abstentions. Les eurodéputés du PSOE et du Parti populaire ont réussi à bloquer le texte déposé par leurs compatriotes de l’extrême gauche.

Pour rappel, le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, a abordé jeudi cette affaire avec prudence, se limitant à exprimer sa confiance à Iratxe García, porte-parole du groupe des socialistes au Parlement européen. « Nous parlons d’un cas d’une extrême gravité et, évidemment, nous devons d’abord disposer de toutes les données pour pouvoir décider des actions à prendre ensuite », a-t-il déclaré à Bruxelles.

Le Qatar, signale-t-on, a rué dans les brancards en niant les faits qui lui sont reprochés. Quant au Maroc, il se garde, pour le moment, de donner de la voix. Stratégie payante ?

 

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