Le communiqué sanctionnant la réunion du secrétariat national de l’UMT indique que le gouvernement à venir, « quelle que soit sa couleur politique », devra répondre aux revendications de la classe ouvrière marocaine et de la centrale syndicale. Et appelle notamment au respect des droits et libertés syndicaux, à l’amélioration des conditions matérielles, sociales et professionnelles des salariés et des retraités, ainsi qu’au respect des engagements conclus dans le cadre des précédents accords sociaux.
Le syndicat plaide également pour une institutionnalisation effective du dialogue social, dont il réclame l’encadrement par une loi spécifique. Selon lui, ce mécanisme doit devenir un espace de concertation « productif », doté de davantage de crédibilité et de valeur.
L’UMT place au premier rang de ses priorités la question du pouvoir d’achat. La centrale dénonce la poursuite d’une hausse qu’elle qualifie de « excessive » du coût de la vie et accuse les pratiques de monopole, de spéculation et d’entente de contribuer à cette situation. Elle demande, dans ce contexte, l’activation des mécanismes de protection des consommateurs et des mesures destinées à mettre fin à ces pratiques.
Sur le volet salarial, le syndicat revendique une augmentation générale des rémunérations dans le secteur privé ainsi que dans la fonction publique, les collectivités territoriales et les établissements publics à caractère administratif, industriel, commercial ou de services.
Les retraités figurent également parmi les bénéficiaires des revendications portées par la centrale. Celle-ci réclame une revalorisation générale des pensions de retraite, le relèvement de la pension de réversion à 100 % de la pension du conjoint décédé ainsi que l’instauration d’une pension minimale dont le montant ne serait pas inférieur au salaire minimum légal.
L’organisation syndicale demande en outre une augmentation des allocations familiales, une égalité de traitement entre les enfants bénéficiaires et une hausse du salaire minimum dans l’ensemble des secteurs professionnels. Elle insiste également sur la mise en œuvre effective de l’unification du salaire minimum dans les secteurs industriel et agricole (SMIG et SMAG).
Parmi ses autres revendications, l’UMT appelle à la poursuite de la réduction de la pression fiscale sur les salaires, à la relance des dialogues sectoriels et au respect des engagements déjà pris par les pouvoirs publics. La centrale réclame également la création d’un nouvel échelon de promotion dans la fonction publique et la satisfaction des revendications des cadres communs, notamment les ingénieurs, administrateurs, techniciens, adjoints administratifs et adjoints techniques.
En matière des libertés syndicales, le syndicat exprime une vive inquiétude. Il dénonce ce qu’il considère comme une aggravation des atteintes aux libertés syndicales depuis l’adoption de la loi organique encadrant le droit de grève, qualifiée dans le communiqué de « loi restrictive ». L’UMT appelle ainsi son secrétariat national à œuvrer pour la suspension de l’application de ce texte dans l’attente de l’ouverture d’un dialogue qu’elle souhaite « sérieux et responsable » afin d’en réviser les dispositions.
Selon la centrale, ces revendications s’inscrivent dans le contexte de la rentrée sociale et interviennent à la lumière des résultats des élections législatives du 23 septembre 2026, qui ont redessiné la composition de la Chambre des représentants.
Lors de la réunion du secrétariat national, Miloudi Moukharik, S.G de l’UMT, a présenté un exposé consacré à l’évolution de la situation politique, économique et sociale, tant au niveau national qu’international. Il y a notamment évoqué ce qu’il décrit comme une aggravation des atteintes au pouvoir d’achat de la classe ouvrière et des catégories populaires, ainsi que la poursuite du recul des droits économiques et sociaux et des libertés syndicales.
Pour l’UMT, les négociations appelées à aboutir à la formation du prochain gouvernement devront donc intégrer ces préoccupations sociales, alors que le futur exécutif s’apprête à prendre en charge la gestion des affaires publiques durant la prochaine législature.

