Selon The New York Times, les courriels datant de 2008 montrent que P. Mandelson a exprimé un soutien explicite à Epstein, notamment au moment de sa condamnation pour avoir sollicité des relations sexuelles avec une mineure. P. Mandelson écrivait : « Je pense le plus grand bien de toi […] Tu dois être incroyablement résilient, te battre pour une libération anticipée ». Il qualifiait la condamnation « d’incompréhensible » et estimait que cela « ne pourrait pas arriver au Royaume-Uni ».
Le Foreign Office a confirmé que ces messages, retrouvés dans une ancienne boîte mail, n’étaient pas connus au moment de la nomination de P. Mandelson. C’est la mention explicite de la volonté de contester la première condamnation d’Epstein qui a été déterminante. Ce détail, jusque-là inconnu, a conduit Downing Street à conclure que la relation entre les deux hommes était « matériellement différente » de ce qui avait été déclaré lors de la nomination.
Le tabloïd The Sun a été le premier à publier les courriels compromettants, quelques heures après que les Démocrates américains ont diffusé le « birthday book » d’Epstein. Dans cet album, compilé pour les 50 ans du financier, P. Mandelson écrivait à la main : « Où qu’il soit dans le monde, il reste mon meilleur ami ». Ce message est accompagné d’une photo où on le voit en peignoir, riant avec Epstein.
Après que K. Starmer a initialement défendu P. Mandelson le 10 septembre lors des questions au Premier ministre, où il affirmait « avoir toute confiance » en son ambassadeur, la pression politique est devenue insoutenable. De nombreux députés, y compris au sein du Parti travailliste, se sont dits « écœurés », dénonçant un processus de nomination « bâclé » et une erreur de jugement flagrante. Le poste d’ambassadeur britannique à Washington est désormais occupé par intérim par James Roscoe, ancien conseiller en communication de la reine Elizabeth II. Le gouvernement devra rapidement désigner un remplaçant permanent, alors que Donald Trump arrive à Londres la semaine prochaine pour une visite d’État officielle. Or, D. Trump lui-même est éclaboussé par la publication d’un message présumé qu’il aurait envoyé à J. Epstein dans le même album d’anniversaire, bien que la Maison Blanche en conteste l’authenticité. Le limogeage de P. Mandelson vient clore une carrière jalonnée de controverses. Le diplomate avait déjà dû quitter deux fois le gouvernement sous T. Blair pour des affaires personnelles. Cette fois, c’est son amitié avec un criminel sexuel notoire qui met fin brutalement à son parcours diplomatique. Dans un dernier commentaire, P. Mandelson a déclaré : « Je regrette très profondément m’être associé à Epstein pendant bien plus longtemps que je n’aurais dû ». Il affirme avoir été dupé par les mensonges d’un « criminel charismatique ».
