Cette mise à jour traduit une évolution favorable des économies importatrices de pétrole, portée par un regain de la consommation et de l’investissement privé, ainsi qu’une reprise tangible des secteurs agricole et touristique, selon les explications de la Banque mondiale dans son dernier rapport intitulé « Emploi et Femmes : Talents inexploités, croissance non réalisée ».
Le Maroc figure parmi les pays bénéficiant de cette embellie. Les données officielles font état d’une hausse de la valeur ajoutée agricole au cours de l’année 2025, en parallèle à la bonne santé du secteur touristique, dont les recettes continuent d’enregistrer des niveaux record et de renforcer l’attractivité du Royaume. Ces facteurs combinés devraient soutenir une croissance stable et ascendante de l’économie nationale d’ici la fin de l’année, selon les projections de la Banque mondiale.
D’après les calculs établis à partir des données actualisées, le Maroc se hisserait au cinquième rang des économies arabes les plus performantes de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, avec une croissance prévue de 4,4 %. En tête du classement figurent la Libye (13,3 %), suivie de Djibouti (6 %), des Émirats arabes unis (4,8 %) et de l’Égypte (4,5 %). Cette performance place le Royaume devant plusieurs pays de la région, notamment l’Algérie, la Tunisie, la Jordanie, l’Arabie saoudite et le Qatar, dont les économies devraient enregistrer des croissances plus modestes.
Le rapport qui anticipe une amélioration générale des perspectives économiques dans la région MENAAP prévoit que la croissance moyenne du PIB régional devrait atteindre 2,8 % en 2025, avant de progresser à 3,3 % en 2026, confirmant une tendance haussière par rapport aux estimations du mois de juin. Comme il indique également que les pays de la région pourraient améliorer les conditions de vie d’un plus grand nombre de personnes en mobilisant pleinement le potentiel de leur main-d’œuvre.
La même source estime que les talents et compétences des femmes demeurent largement sous-utilisés. Les données révèlent qu’à peine une femme sur cinq fait partie de la population active — le taux le plus faible au monde — malgré des progrès notables en matière d’éducation et de compétences. « J’appelle à des actions audacieuses, et non à des mesures partielles. Pour libérer tout le potentiel des femmes de la région, il est nécessaire de lever l’ensemble des obstacles à leur inclusion grâce à des mesures globales. Un secteur privé dynamique, créateur d’emplois et porteur d’ambitions nouvelles, est la clé de véritables progrès », a déclaré Ousmane Dione, vice-président de la Banque mondiale pour la Région MENAAP.
Malgré ces signaux positifs, la Banque mondiale reste prudente. L’institution qui siège à Washington met en garde contre la persistance de facteurs d’incertitude liés aux mutations du commerce international, à la poursuite des conflits armés et aux mouvements de populations dans plusieurs pays de la région. Dans le même document, Roberta Gatti, économiste en chef pour la Région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan et coautrice du rapport, souligne l’importance de renforcer l’inclusion économique des femmes. Selon elle, « l’augmentation du taux d’activité des femmes peut se traduire par d’immenses gains économiques ». Elle estime que « la suppression des obstacles à l’emploi des femmes pourrait accroître le PIB par habitant de 20 à 30 % en Égypte, en Jordanie et au Pakistan ».
Pour l’année 2026, la Banque mondiale a toutefois revu à la baisse ses anticipations de croissance pour la région. Cette correction s’explique, selon le rapport, par la baisse de la production pétrolière en Iran et en Libye, mais aussi par les effets économiques des conflits qui continuent de perturber la stabilité régionale. Les pays exportateurs de pétrole à revenu intermédiaire devraient, par conséquent, faire face à un ralentissement marqué, impactés à la fois par les réductions de production et les tensions géopolitiques persistantes.
