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Pas de communiqué final au G20 : La question de l’Ukraine divise les puissances

Réunis en Indonésie, les ministres des Finances du groupe des 20 plus grandes économies mondiales (G20) n’ont pas réussi à aplanir les divergences sur la guerre en Ukraine. La rencontre s’est clôturée samedi sans communiqué final conjoint.

Toutes les personnes impliquées ont convenu que la réunion s’est déroulée « dans une situation très difficile en raison des tensions géopolitiques », a indiqué samedi Mulyani Indrawati, ministre indonésienne des Finances. « En ce qui concerne la guerre, il y a encore des points de vue différents au sein du G20 », a-t-elle ajouté.

L’Indonésie, qui mène une politique étrangère non alignée, n’avait pas cédé aux pressions occidentales pour écarter la Russie des réunions du G20. Anton Silouanov, ministre russe des Finances, a participé virtuellement tandis que deux responsables russes étaient présents sur place. Son homologue ukrainien, Sergii Marchenko, s’est aussi exprimé par visioconférence.

Pendant les deux jours de réunion, les grands argentiers ont cherché des réponses aux crises alimentaire et énergétique mondiales. Mais une nouvelle confrontation entre les Occidentaux, qui dénoncent l’impact de la guerre en Ukraine sur l’économie, et la Russie, qui accuse les sanctions occidentales d’être à l’origine de la détérioration de la conjoncture, a rendu tout accord impossible.

La ministre indonésienne a indiqué que les pourparlers à huis clos du G20 n’avaient pas inclus de discussion sur des propositions de plafonnement des prix du pétrole russe, un des principaux objectifs que s’est assigné Janet Yellen, secrétaire au Tr6sor américaine, au moment où les États-Unis et leurs alliés cherchent à limiter la capacité de Moscou à financer sa guerre.
De telles discussions auraient eu lieu en marge de la réunion, a-t-elle expliqué.

Les recettes d’exportation russes ont augmenté de 700 millions de dollars en juin pour atteindre la barre des 20 milliards de dollars, bien que les exportations de pétrole aient diminué de 250 000 barils par jour (b/j) en glissement mensuel pour atteindre 7,4 millions de barils par jour, leur plus bas niveau depuis août 2021, rapporte Sherry Su de Bloomberg en citant le dernier rapport de l’AIE sur le marché pétrolier.

Parmi les 14 points, il n’a pas été possible de parvenir à un consensus entre les membres sur deux liés aux « répercussions de la guerre et comment y répondre », selon Perry Warjiyo, gouverneur de la Banque centrale indonésienne.

A la place d’un communiqué conjoint, M. Indrawati et P.Warjiyo, ont déclaré que l’Indonésie publierait plus tard une déclaration du président du G20 qui comprendrait deux paragraphes décrivant les domaines sur lesquels les participants ne sont pas parvenus à s’entendre.

Les rencontres à Bali ont fait suite à une réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 au début du mois, qui n’a pas non plus réussi à trouver un terrain d’entente sur la guerre entre la Russie et l’Ukraine et ses répercussions mondiales.

La ministre indonésienne a en revanche énuméré une série de questions sur lesquelles les membres se sont mis d’accord, notamment la nécessité d’améliorer la sécurité alimentaire, de soutenir la création d’un mécanisme de financement pour la préparation, la prévention et la gestion de pandémies, de travailler à un accord fiscal mondial et de faciliter le financement de la transition vers des énergies plus propres pour faire face au changement climatique. « Nous avons tous convenu que nous devions poursuivre avec un esprit de collaboration et de multilatéralisme », a dit la ministre indonésienne.

Suite à cet échec, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont assuré vouloir débattre, dès lundi, d’un durcissement des sanctions contre la Russie. Ils vont notamment se pencher sur la proposition de la Commission européenne d’interdire les achats d’or à la Russie afin d’aligner la position de l’Union européenne sur celle des pays du G7. De nouvelles personnalités russes devraient également se retrouver sur liste noire et être la cible de sanctions. « Moscou doit continuer à payer le prix fort pour son agression », a affirmé Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, après avoir transmis les nouvelles mesures aux Vingt-Sept.

Sergueï Vershinine, vice-ministre russe des Affaires étrangères, a averti vendredi que les tentatives des pays occidentaux de créer une spirale de sanctions unilatérales contre la Russie finiraient par provoquer une récession mondiale.

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