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Opinion : Flambée des prix : Avant le méchoui, ça sent déjà le roussi !

Les Marocains n’en peuvent plus ! Tout augmente. Un simple détour dans les supermarchés, comme chez l’épicier du coin, renseigne sur « la douloureuse » que les consommateurs sont dans l’obligation d’acquitter pour faire leurs emplettes. A la pompe, le carburant flambe. Où va-t-on ?

L’Exécutif a déjà annoncé la couleur : rien ne sera entrepris pour atténuer les prix de vente des hydrocarbures. Ni les marges des distributeurs, ni le système fiscal lié au commerce des dérivés de l’or noir ne seront revus. C’est donc au consommateur de supporter les augmentations qui s’opèrent par vagues successives. A ce rythme-là, nul n’ignore jusqu’où plafonnera le prix localement retenu pour le baril. Les hydrocarbures risquent de devenir, dans cette partie du monde, telles les essences de parfums rares. Une prémonition faite par un expert saoudien qui, au summum de la crise pétrolière qui avait pesé sur le monde en 1973, lorsque les Arabes ont osé transformer leur rente en arme géopolitique, avait susurré qu’à terme, le pétrole allait se raréfier. Certes, on n’en est pas encore-là, même si nombre d’experts assurent que le pic pétrolier a déjà été atteint. Cependant, ce que les Marocains jugent aberrant, c’est le fait que l’Exécutif se prive de toute réaction qui serait susceptible d’améliorer l’ordinaire des citoyens. Au motif que la quotité réservée par le budget de l’Etat aux subventions a déjà été dépassée…

Les pétroliers ont de longs jours tout bénéf devant eux. Aziz Akhannouch en tête. Sauf qu’en adoptant pareille attitude butée, l’été risque d’être chaud, très chaud pour ce qu’il convient d’appeler « paix sociale ». En effet, à l’approche de l’Aid Al Adha, les prix des moutons ont grillé tous les espoirs du marocain moyen habitué à avoir accès à une « belle bête ». La race Sardi, véritable baromètre, affiche une tarification qui donne le vertige.

Face à cette amère situation, faut-il jeter la pierre aux ONG qui expriment le ras-le-bol qui a tendance à se généraliser au sein de la société ? Ou encore taxer de « nihilistes » les syndicats qui entendent porter la voix des fonctionnaires et autres salariés, masse de « sans voix » en proie à un déclassement qui s’opère à vue d’œil et à ciel ouvert ?

Les décideurs devraient revoir leur politique qu’ils assurent mener sous l’étiquette d’un « libéralisme social ». Sauf que du social la majorité ne ressent rien si l’on excepte marginalisation et privations.

Vers où se dirige-t-on lorsque ceux qui tiennent la barre osent ajouter les vagues de la colère populaire aux vagues suscitées par le tsunami qui secoue les relations internationales ?

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