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Migrants transitant par le Maroc : Plusieurs centaines ont préféré le retour, assure l’OIM

Les données statistiques pour 2021 et les dix premiers mois de 2022 élaborées par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), qui gère les retours volontaires en coordination avec le Maroc et les pays d’origine, assure que 4.747 migrants ont choisi de rebrousser chemin, chez eux.
Migrants transitant par le Maroc

Les demandes de retour se sont multipliées après la tragédie à la clôture de Melilla le 24 juin dernier où une vingtaine de migrants, originaires du Soudan, sont décédés dans de tragiques circonstances. Entre 2021 et la mi-décembre 2022, l’OIM a aidé 56 Soudanais à rentrer volontairement au Soudan, dont 48 l’ont fait au cours de cette année. Dans le lot des volontaires au retour, il n’y a pas que des Soudanais. Ivoiriens, Guinéens, Sénégalais, Maliens et Camerounais, entre autres subsahariens, se sont joint à cette vague de retour.

« Nous avons détecté une augmentation du nombre de Soudanais demandant le retour volontaire à partir de 2021, avec deux petits pics, un entre septembre et octobre 2021, et un autre entre juin et septembre 2022 », a expliqué Jorge Dominguez De La Escosura, responsable du programme à l’EFE-OIM, rapporte l’agence espagnole EFE. Il explique en outre que parmi « les principales raisons pour lesquelles ces personnes rejoignent le programme de retour volontaire figurent le manque d’opportunités au Maroc et les difficultés à s’intégrer dans le Royaume ». S’ajoutent d’autres raisons dont les difficultés de pouvoir passer les frontières vers l’Europe.

Pour engager un processus de retour volontaire, qui peut durer jusqu’à quatre semaines, les intéressés doivent se présenter aux bureaux de l’OIM à Rabat, Casablanca ou Oujda, et devant les ONG associées à cette organisation internationale dépendante de l’ONU. Les responsables de l’OIM aident les inscrits qui n’ont pas de passeport à obtenir un sauf-conduit auprès de leurs ambassades leur permettant de voyager. Le jour du retour, les équipes de l’OIM les accompagnent à l’aéroport de Casablanca pour identifier leurs besoins.

Au cours des deux dernières années, les Soudanais de retour ont reçu plus de 200 types d’aide humanitaire, sous forme d’hébergement, d’assistance médicale et de bons alimentaires. Avant de planifier un retour volontaire, l’OIM analyse la situation dans le pays de destination et si le migrant peut rejoindre son pays en toute sécurité et dans la dignité. Une fois les demandeurs arrivés dans leur pays, les bureaux de l’OIM et leurs différents partenaires lancent le second volet du programme qui consiste à apporter une aide individuelle et collective à l’émigré pour sa réinsertion dans sa société. « L’idée étant qu’ils reçoivent une aide pour lancer des projets économiques sans négliger leurs besoins sociaux ou sanitaires », explique encore, le représentant de l’OIM. Parfois, le retour volontaire est perçu comme un échec, c’est pourquoi l’OIM, explique Dominguez, mène « un travail de sensibilisation auprès des communautés locales pour qu’elles changent le discours stigmatisant ».

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