Une marche pacifique a été organisée dans la matinée de mercredi vers le siège de la province d’Azilal, puis vers celui de la région de Béni Mellal-Khénifra, pour dénoncer la politique de marginalisation dont ils font les frais. Un millier de manifestants, principalement des hommes descendus des 27 villages d’Aït Bouguemez, se sont rassemblés autour de Khaled Tougougun, chef de la communauté de Tabanat. Les autorités ont tenté de bloquer la marche au niveau Tizi N’Terghist,. Mais c’est sans compter avec l’opiniâtreté des villageois lésés par une politique de laisser-aller.
Mais qu’est ce qui a fait déborder le vase ? Les protestataires n’exigent pas plus que la présence d’un médecin permanent au centre de santé local qui manque de tout depuis des années. Une situation délétère qui force les habitants à parcourir de longues distances pour se faire soigner.
Dans le cahier revendicatif figure aussi la réfection des infrastructures routières, notamment la route régionale 302 reliant Aït Bouguemez à Tizi N’Terghist, ainsi que la route d’Aït Abbas (317), qui connectent la région à des centres vitaux. Ces routes sont souvent impraticables en hiver à cause de la neige et une meilleure couverture des réseaux téléphoniques et Internet.
Les habitants excédés par une politique de l’oubli et de la marginalisation veulent disposer d’un terrain de sport communautaire pour les jeunes, la mise en place d’un centre de formation aux métiers de la montagne adapté aux spécificités de la région, la création d’une école communautaire pour lutter contre le décrochage scolaire, et la construction de petits barrages pour protéger la région des inondations saisonnières.
Enfin, les habitants d’Aït Bouguemez demandent la levée des restrictions de construction dues à l’absence d’un plan de développement tenant compte de la nature montagneuse de la région, ce qui les empêche d’obtenir des permis pour construire leurs maisons.
