Le PJD a récemment adressé deux plaintes officielles, l’une au président-directeur général de la Société Nationale de Radiodiffusion et de Télévision (SNRT) et l’autre à son homologue de la chaîne publique 2M, dans lesquelles il fustige la diffusion d’une vidéo promotionnelle qui, selon le parti, représente une publicité politique interdite par la loi. En effet, une séquence publicitaire de 2 minutes et 36 secondes, diffusée en heure de grande audience sur 2M, intitulée « Des réalisations majeures, une ambition encore plus grande », présente plusieurs mesures gouvernementales, notamment en matière d’éducation, de logement, d’aide sociale, et de soutien aux entrepreneurs. Ladite publicité lie ces réformes à l’organisation de la Coupe du Monde 2030, tout en utilisant des slogans promotionnels vantant les actions de l’actuel Exécutif.
Le PJD considère cette diffusion comme une infraction grave à la loi 77.03 relative à la communication audiovisuelle, qui interdit la publicité à caractère politique en dehors des périodes électorales officielles. Selon le parti, cette vidéo, présentée sous couvert d’information, constitue en réalité une opération de communication gouvernementale visant à influencer l’opinion publique en faveur des partis au pouvoir. « Cette campagne enfreint également les principes d’impartialité et d’équité des médias publics, tels qu’inscrits aux articles 28 et 165 de la Constitution », pointe-t-il. Tout en s’indignant de la « manipulation de l’information, reprochant à 2M d’avoir présenté ces réalisations supposées sans aucun contrepoint critique ni vérification de leur véracité ». L’exploitation des images liant la Coupe du Monde 2030 aux performances du gouvernement est perçue comme « une tentative de capitalisation politique sur un événement national, ce qui contrevient au principe de neutralité du service public audiovisuel ». Le PJD estime que cette présentation tronquée des faits peut fausser la perception des citoyens et biaiser le débat démocratique.
Dans sa démarche, le PJD compte aussi saisir la HACA en vue de diligenter une enquête et l’application des sanctions prévues par la loi. Le parti invoque notamment l’article 7 de la loi 11.15, qui permet aux organisations politiques de déposer plainte en cas de violation des règles du secteur audiovisuel.
En outre, le PJD exige la suspension immédiate du spot publicitaire controversé, des mesures disciplinaires contre les responsables de cette diffusion, ainsi qu’une garantie institutionnelle pour prévenir de tels manquements à l’avenir. Il rappelle que l’article 156 de la Constitution impose aux services publics d’être transparents et de répondre aux critiques formulées par les citoyens et les acteurs politiques.
Pour le parti, les messages diffusés par la vidéo « promotionnelle » sont amalgamées avec des images évoquant l’organisation par le Maroc de la Coupe du Monde 2030, laissant entendre que « ces réformes s’inscrivent dans un projet de développement global porté par l’actuel Exécutif ».
Les autres composantes de l’opposition avaient jugé que cette séquence vidéo constitue une « instrumentalisation des ressources publiques à des fins électorales ». Le PPS dénonce une « violation du principe de neutralité politique » et une « tentative manifeste d’influencer l’opinion publique en faveur de la majorité gouvernementale« . Dans une plainte adressée à la HACA, la formation exige l’ouverture d’une enquête pour évaluer la conformité de la vidéo avec la loi 77.03 relative à la communication audiovisuelle. Alors que le Mouvement Populaire qui critique une « confusion volontaire entre un événement sportif international et l’action gouvernementale« , évoque une « campagne de communication financée par l’argent du contribuable pour promouvoir le bilan du gouvernement« . Son groupe parlementaire demande la suspension immédiate de la vidéo et appelle la HACA à faire prévaloir « l’équité et l’objectivité dans le traitement des actions gouvernementales par les médias publics ».