Abdelilah Benkirane et ses « frères » sont décidés à investir les médias pour relayer leurs desiderata. Face aux médias, les Cadors de la formation islamiste ont rappelé que la note adressée au ministère de l’Intérieur détaille les propositions du PJD qui vont de la supervision du scrutin, aux mécanismes de représentation en passant par le contrôle du financement des campagnes. Les Pjdistes invitent à l’adoption d’un « pacte d’honneur » entre formations politiques imposant aux partis de s’abstenir de parrainer des candidats liés à des pratiques de corruption ou d’achat de voix. Pacte portant aussi sur un engagement direct entre partis et ministère de l’Intérieur, garantissant des élections « libres, transparentes et crédibles ».
Le parti appelle aussi à l’ouverture d’un débat public régulier, diffusé sur les chaînes publiques et privées, afin de stimuler le dialogue entre acteurs politiques et d’ancrer davantage la vie politique dans l’espace médiatique. Tout en reconnaissant le rôle central du ministère de l’Intérieur dans l’organisation des élections, le PJD souligne que ce rôle
Le parti appelle aussi à l’ouverture d’un débat public régulier, diffusé sur les chaînes publiques et privées, afin de stimuler le dialogue entre acteurs politiques et d’ancrer davantage la vie politique dans l’espace médiatique.
Tout en reconnaissant le rôle central du ministère de l’Intérieur dans l’organisation des élections, le PJD souligne que ce rôle a souvent été entaché de pratiques contestées. Il invite ainsi le département de tutelle à redoubler d’efforts pour garantir sa neutralité et lutter contre toute tentative de manipulation.
Le parti suggère également de renforcer les moyens mis à la disposition des juges chargés du suivi des listes électorales, afin qu’ils puissent exercer un contrôle rigoureux sur les modifications opérées. Plus, les compétences du juge des référés doivent être élargies pour statuer rapidement sur les recours visant à annuler des décisions administratives contestées, suggère-t-il.
Le PJD défend le maintien du scrutin de liste, mais appelle à sa refonte afin d’éviter qu’il ne se transforme en scrutin individuel déguisé. Il plaide également pour une révision du découpage électoral de manière à garantir une valeur représentative équivalente pour chaque voix exprimée.
Concernant le quotient électoral, le parti préconise l’abandon de la formule actuelle et un retour au calcul basé sur le nombre de suffrages valides exprimés divisé par le nombre de sièges attribués à chaque circonscription, avec distribution des sièges restants selon la règle des plus forts restes. Cette proposition vise, selon ses initiateurs, à rétablir une équité dans la répartition des sièges et à mieux refléter le poids réel des électeurs.
Le PJD suggère la création d’une liste nationale divisée en deux volets : le premier réservé aux femmes, avec l’obligation que les 12 premiers sièges couvrent toutes les régions du pays, le second dédié aux jeunes de moins de 40 ans, selon le même principe de représentation régionale. Le parti ne néglige pas non plus la diaspora marocaine. Il réclame que les Marocains résidant à l’étranger puissent voter directement depuis leurs pays d’accueil, sous la supervision de représentants des partis afin d’assurer la transparence du processus.
Le financement des campagnes électorales constitue un autre volet central du document. Le PJD insiste sur la nécessité d’un contrôle strict des sources et du volume des fonds utilisés, en particulier ceux provenant de pratiques illégales ou jugés suspects. Il appelle à renforcer la vigilance de l’administration et de la justice face à ce type de dérives.
Par ailleurs, le parti propose d’élargir les espaces publics disponibles pour les activités de campagne, en incluant davantage de salles, d’institutions et de places publiques. Il insiste également pour que les campagnes numériques financées, qu’elles soient diffusées sur les réseaux sociaux ou via d’autres supports publicitaires, soient intégrées dans les dépenses de campagne, lesquelles doivent impérativement respecter les plafonds légaux.
Pour conclure, le PJD demande la suspension de la couverture médiatique des responsables gouvernementaux candidats aux élections sur les chaînes publiques dès l’annonce officielle de leur candidature. Le parti insiste sur la nécessité de garantir un accès équitable aux médias publics et de mettre fin à toute forme de favoritisme ou de mise en avant de certaines figures politiques au détriment d’autres.
Pour rappel, en mars 2021, une écrasante majorité de députés avait rejeté un amendement du Parti de l’Istiqlal visant à permettre aux MRE de voter directement aux législatives de septembre 2021 depuis l’étranger. Le résultat du vote fut sans appel : 244 voix contre, 8 abstentions et seulement 18 pour, tous de l’Istiqlal. Le PJD, le Parti Authenticité et Modernité (PAM), le Rassemblement National des Indépendants (RNI), l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP) et le Mouvement Populaire (MP) s’étaient prononcés contre cette participation directe.
Pourtant, l’article 17 de la Constitution garantit aux MRE «des droits de pleine citoyenneté, y compris le droit de vote et d’éligibilité. Ils peuvent se présenter aux élections sur les listes et dans les circonscriptions électorales locales, régionales et nationales».
