« Les Américains partent tout simplement du principe, qu’il n’est pas profitable pour eux que ce processus se termine rapidement », a assuré mercredi Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères dans un discours devant des étudiants. Accusant les États-Unis d’entraver les « difficiles » négociations russo-ukrainiennes, estimant que le but de Washington était de « dominer » l’ordre mondial, y compris par le biais des sanctions.
« Les négociations sont difficiles, la partie ukrainienne change constamment sa position. Il est difficile de se débarrasser de l’impression que nos collègues américains les tiennent par la main », a aussi déclaré le ministre russe. « Beaucoup aimeraient faire en sorte que les négociations soient une impasse », a encore estimé le chef de la diplomatie russe, citant la Pologne.
Le chef de la diplomatie russe a en outre averti que si l’OTAN envoyait des soldats en Ukraine, cela conduirait à un affrontement militaire direct entre les forces russes et l’alliance. « L’envoi de casques bleus de l’Otan en Ukraine conduirait à un affrontement direct entre les forces armées de la Fédération de Russie et l’alliance », a déclaré S. Lavrov, selon l’agence russe agence de presse d’État TASS. « Les pays occidentaux veulent jouer un rôle de médiateurs. Nous ne sommes pas contre, mais nous avons des lignes rouges », a poursuivi S.Lavrov, cité par l’AFP. Il a cependant reproché aux Occidentaux « d’abreuver l’Ukraine en armes » par leurs livraisons, destinées selon lui à « garder le plus longtemps possible » Moscou et Kiev « en situation de combats ».
Le ministre s’est aussi dit « frappé » par l’ampleur des sanctions occidentales adoptées à l’encontre de Moscou. Il a estimé qu’elles étaient destinées à «supprimer la Russie en tant qu’obstacle à un monde unipolaire ». et d’ajoute que « tout ceci n’est pas à propos de l’Ukraine, mais à propos de l’ordre mondial que les États-Unis veulent dominer ».
Côté ukrainien, Mykhaïlo Podoliak, négociateur en chef, a jugé que les pourparlers russo-ukrainiens étaient « difficiles » car « la partie ukrainienne a des positions claires et de principe ». Il a souligné que les discussions, qui ont repris le 14 mars, continuaient « en permanence, en ligne ».
Le chef de cabinet du président ukrainien a appelé les Occidentaux à livrer « des armes offensives », un « moyen de dissuasion » face à Moscou, avant un sommet extraordinaire de l’Otan consacré à l’intervention russe en Ukraine et auquel Volodymyr Zelensky s’adressera par visioconférence. « Nos forces armées et nos citoyens tiennent bon avec un courage surhumain, mais on ne peut pas gagner une guerre sans armes offensives, sans missiles à moyenne portée, qui peuvent être un moyen de dissuasion », a plaidé Andriy Yermak, dans une vidéo publiée mardi soir sur Telegram. « Sans un programme du type +Lend-Lease+, nous ne pouvons que nous défendre », a-t-il fait valoir, en référence au programme d’armement mis en place par les Etats-Unis au début de la Deuxième guerre mondiale pour aider militairement les pays alliés. « Il est impossible de se défendre efficacement pendant longtemps sans un système de défense aérienne fiable, capable d’abattre des missiles ennemis à longue portée », a ajouté A. Yermak. Pourtant, « on ne nous les donne pas », a-t-il déploré. « Tout comme ils ne nous donnent pas d’avions », a-t-il ajouté, une demande à ce stade systématiquement rejetée par les Occidentaux qui ne veulent pas intervenir militairement en Ukraine par crainte d’un élargissement du conflit avec la Russie. « Cette peur de l’escalade est compréhensible, mais elle n’aidera pas », a-t-il dit.
