Cinq civils sont tombés en martyrs et plusieurs autres ont été blessés, dimanche soir, suite à une frappe aérienne israélienne visant le complexe médical Nasser à Khan Younes, au sud de la bande de Gaza. La frappe a tué Ismaïl Barhoum, membre du bureau politique du Hamas. Il était soigné dans l’hôpital après avoir été grièvement blessé lors d’une frappe israélienne mardi contre son domicile. Le ministère de la Santé a annoncé que le bombardement israélien visant l’hôpital Nasser constitue un crime de guerre de plus. De lourds bombardements israéliens ont également visé le centre de Khan Younes. Pendant ce temps, le Croissant-Rouge palestinien a annoncé que les forces d’occupation « refusent de coordonner le sauvetage de l’équipage bloqué à Rafah, avec lequel le contact est perdu depuis environ 15 heures ». Et exprimé sa profonde inquiétude quant à la sécurité de l’équipe d’ambulance de l’organisation, dont le sort reste inconnu. Dans cette ville située près de la frontière égyptienne, une fille a été tuée et plusieurs autres blessées lorsqu’un drone israélien a largué une bombe sur des civils dans la région d’Al-Rayyan. Une autre frappe aérienne israélienne a visé le camp de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza. Un Palestinien a également été tué par un sniper israélien dans la région d’Al-Maghraqa, dans le centre de la bande de Gaza, selon le correspondant d’Al-Mayadeen. « L’armée de l’air de l’occupation a également ciblé les zones nord du camp d’Al-Bureij dans le centre de la bande de Gaza », a ajouté la même source.
Le ministère de la Santé dans la bande de Gaza a annoncé, lundi, un bilan de 730 martyrs depuis la reprise des frappes israéliennes contre Gaza le 18 mars, après une trêve de deux mois, dont 61 personnes dans les dernières 24 heures. Selon le communiqué du ministère, la guerre génocidaire israélienne contre Gaza a fait au total 50.082 martyrs et 113.408 blessés depuis le 7 octobre 2023. Plus tôt dans la journée, la bande de Gaza a été le théâtre d’un exode massif de la population de Tel Sultan, tandis que l’armée d’occupation israélienne bombardait les bords des routes empruntées par les habitants. Le Hamas a réagi en soulignant que « l’agression brutale menée par l’armée d’occupation fasciste sur le quartier de Tal al-Sultan, le quartier saoudien et la zone de Barakasat à Rafah, et le siège de plus de 50 000 civils sans défense sous des bombardements aériens et d’artillerie, en plus des bombardements continus ciblant la zone d’Al-Mawasi à Khan Younes, et le ciblage barbare des équipes médicales et ambulancières, constituent des crimes de guerre flagrants. » Le Hamas a ajouté que « cela constitue une partie d’une politique systématique de génocide visant le peuple palestinien dans la bande de Gaza, en violation flagrante de toutes les conventions, normes et lois internationales, notamment le droit international humanitaire ».
Sur des affichettes larguées par drone à Rafah, l’armée d’occupation a lancé un appel à évacuer le quartier de Tel al-Sultan, avant de l’encercler et d’y frapper selon elle « des organisations terroristes ». Emmenant quelques affaires, des familles palestiniennes, plusieurs fois déplacées par la guerre, ont été contraintes de nouveau à fuir la ville, à pied ou à bord de charrettes tirées par des ânes. « Ils ont tiré sur nous toute la nuit et nous ont ordonné de partir au matin. Puis ils nous ont tiré dessus dans la rue », raconte Aïda Abou Shahir, une déplacée, en fuyant Rafah. « J’ai perdu la trace de ma fille, de son mari et de leurs enfants dans la rue, et je ne sais plus où ils sont. Que Dieu ait pitié de nous », s’exclame-t-elle, rapporte l’AFP.
Le ministre de la Défense israélien a incité les habitants des zones de combat à les évacuer. « Nous n’arrêterons pas tant que les otages n’ont pas été libérés et tant que le Hamas contrôle la bande de Gaza », a déclaré Israel Katz.
Des sources gouvernementales ont assuré à Canal 12 que « l’opération militaire va se poursuivre et s’élargir ».
En Cisjordanie occupée, Israël a annoncé accorder l’autonomie à treize colonies juives, ce qui en dit long sur les véritables intentions de Tel-Aviv en rebaptisant la zone Judée-Samarie. Un Israélien a été tué et un autre grièvement blessé, lundi, lors d’une double opération à la voiture bélier et à l’arme blanche près de Yoqneam, à une quinzaine de kilomètres au sud-est de Haïfa. Selon la police d’occupation, l’auteur de cette opération qui a été neutralisé, est un Palestinien originaire des territoires occupés en 1948. Son porte-parole a indiqué que l’attaque a eu lieu au carrefour Tishbi, ajoutant que « l’auteur de l’opération a tout d’abord foncé avec son véhicule sur des Israéliens patientant à un arrêt de bus, blessant plusieurs d’entre eux, avant de quitter sa voiture et d’ouvrir le feu en avançant entre les véhicules sur la route ».
Le ministère de la Santé de Gaza avait annoncé dimanche un nouveau bilan de 50.021 personnes tuées depuis le début de la guerre dans le territoire palestinien. Selon le communiqué du ministère, 113.274 personnes ont été blessées dans la bande de Gaza. La Défense civile, principale organisation de secours de Gaza, a également dit que le bilan dépassait les 50.000 morts, selon son propre décompte.
Au Caire, on signale qu’une nouvelle offre a été faite aux négociateurs israéliens en vue de stopper le bain de sang. Mais jusque-là, rien ne semble freiner la barbarie sioniste qui s’appuie sur le soutien américain. Seule Sanaa a réagi à la reprise du génocide en cours. Le général de brigade Yahia Saree, porte-parole des forces armées yéménites, a affirmé dimanche que « les forces balistiques yéménites ont ciblé l’aéroport israélien Ben Gourion dans la région occupée de Jaffa avec un missile balistique hypersonique Palestine 2 ». Il noté que « l’opération a été menée en soutien au peuple palestinien et à sa résistance, atteignant avec succès ses objectifs, entraînant la suspension du trafic aérien à l’aéroport pendant plus d’une demi-heure ».
Il a ajouté, en outre, qu’« en réponse à l’agression américaine, qui a lancé des dizaines de raids au cours des dernières heures, les forces armées yéménites se sont affrontées avec le porte-avions américain USS Harry Truman et un certain nombre de navires de guerre ennemis dans la mer Rouge ». Et confirmé que « les affrontements entre la force de missiles des forces armées yéménites et les drones ont duré plusieurs heures et ont impliqué un certain nombre de missiles et de drones ».
Y. Saree a également souligné que « les forces armées yéménites continueront de faire face à l’agression criminelle contre le Yémen et répondront à l’escalade par l’escalade ». Il a également réitéré que « le Yémen continuera à soutenir le peuple palestinien opprimé et à empêcher la navigation israélienne dans la zone opérationnelle précédemment annoncée jusqu’à ce que l’agression cesse et que le siège de la bande de Gaza soit levé ».
Le trafic aérien a été interrompu à l’aéroport Ben Gourion, à l’est de Tel Aviv, dimanche matin, alors que les sirènes d’alerte aérienne retentissaient à la suite d’un tir de missile depuis le Yémen, selon la chaîne israélienne Canal 12. L’armée d’occupation israélienne a signalé que « des sirènes de raid aérien ont retenti dans plusieurs zones de la région centrale, notamment à Tel-Aviv et à Jérusalem occupée ».
L’Autorité palestinienne des affaires civiles a informé, dimanche soir, le Club des prisonniers palestiniens du martyre du prisonnier mineur Walid Khaled Ahmed (17 ans), de la localité de Silwad à Ramallah, dans la prison israélienne Megiddo. Ce nouveau décès porte le nombre des prisonniers qui sont tombés en martyre dans les geôles de l’occupation à 300 depuis 1967, dont 63 depuis le début de la guerre génocidaire israélienne contre Gaza, le 7 octobre 2023.
Le Club des prisonniers a précisé que « le mineur, Walid Ahmed, a été arrêté le 30 septembre 2024 et il est resté en détention, malgré l’absence de toute clarification concernant les circonstances de sa mort ». Et d’ajouter que « son martyre s’ajoute au bilan des crimes systématiques commis dans les prisons de l’occupation, qui se sont intensifiés au cours de l’agression en cours à Gaza », considérant ce qui se passe comme « un autre aspect du génocide contre les Palestiniens ».
Le martyre du mineur survient dans un contexte de black-out permanent imposé par les autorités d’occupation sur les conditions de détention des prisonniers. Plus tôt ce mois-ci, on a annoncé le martyre du prisonnier Ali Ashour al-Batsh (62 ans) de Jabalia, dans la prison du Néguev.
Début mars, le nombre de prisonniers et de détenus palestiniens dans les geôles de l’occupation avait atteint plus de 9 500, dont 350 enfants, 21 femmes et 3 405 détenus administratifs.