Les observateurs de la guerre qui se déroule en Ukraine s’interrogeaient sur l’incapacité de l’armée russe à faire main basse sur Kiev. Mais l’évolution de la situation diplomatique qui accompagne la crise ukrainienne semble avoir forcé la main aux dirigeants russes qui s’attendaient à ce que l’armée ukrainienne capitule en prenant le pouvoir à Kiev. Ordre a donc été donné aux forces russes d’avancer sur tous les fronts pour « forcer le destin » et répondre aux menaces brandies par le Pentagone quant au soutien, par les airs, aux forces ukrainiennes en profitant de l’incapacité des Russes à verrouiller le ciel ukrainien. Nul besoin de rappeler que l’avancée de l’armée russe ne se fera pas au petit bonheur la chance, sans moyens de défense anti-aériens. Tout cela augure d’une chose : ce que le Kremlin avait annoncé comme une « opération spéciale » menée par la Russie en Ukraine a toutes les chances de prendre les allures d’une invasion d’envergure. L’ordre donnée à l’armée russe samedi ne laisse planer aucun doute.
« Ne permettez pas aux néonazis et aux bandéristes (partisans du leader ukrainien nazi Bandera, NDLR) d’utiliser vos enfants, vos femmes et vos vieillards en qualité de boucliers vivants. Prenez le pouvoir dans vos mains. Il semble qu’il serait plus facile de se mettre d’accord avec vous qu’avec cette bande de toxicomanes et néonazis qui ont pris en otage tout le peuple ukrainien ». avait signifié V. Poutine, la veille, aux militaires ukrainiens. Tout en assurant que « l’armée russe ne mène pas les principaux combats contre les unités régulières des forces armées ukrainiennes, mais avec des groupes nationalistes directement responsables, comme il est notoire, du génocide dans le Donbass et du sang versé par les civils des républiques populaires. »
Pour le maitre du Kremlin, »des éléments nationalistes implantés dans les unités régulières ukrainiennes non seulement incitent ces dernières à opposer une résistance armée, mais aussi jouent, de fait, le rôle de forces anti-retraite ». Et d’assurer que »selon les informations confirmées par les résultats du contrôle objectif, nous constatons que les partisans de Bandera et les néonazis installent de lourds armements -lance-roquettes multiples compris- directement dans les quartiers centraux de grandes villes, dont Kiev et Kharkov. Ils envisagent de provoquer des tirs de réponse de la part des systèmes de combat contre les quartiers résidentiels. En fait, ils agissent tout comme les terroristes à travers le monde: utiliser les gens pour accuser la Russie de faire des victimes parmi les civils ».
Le président russe ne nourrit aucun doute sur l’évolution de la situation en soulignant qu’« il est certain que cela se fait sur recommandation de conseillers étrangers, au premier chef américains ».
En parallèle, le Pentagone assure de son côté que s’il n’entendait pas s’engager en Ukraine, militairement, il n’en reste pas moins que le soutien à l’armée ukrainienne irait en se renforçant. Un des porte-paroles de l’US Army a même souligné qu’il est envisageable de mettre à profit les défaillances constatées dans la couverture aérienne de l’Ukraine par l’armée russe pour alimenter l’armée ukrainienne du matériel de guerre dont elle a besoin pour résister.
Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, a déclaré, pour sa part, que « la Russie garantira la sécurité des employés des organisations internationales en Ukraine ». « Les soldats russes prendront toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité du personnel des missions de l’ONU et de l’OSCE en Ukraine. Nous connaissons leurs emplacements », a-t-elle affirmé lors d’une conférence de presse, notant que « la menace qui pèse sur les organisations internationales en Ukraine provient de les bataillons nationaux ukrainiens. »
Elle a révélé que la veille, « Moscou a reçu une note ukrainienne concernant la rupture des relations diplomatiques avec elle », ajoutant que « ce n’est pas notre option. Comme vous le savez, la rupture des relations diplomatiques est le résultat d’une politique anti-russe délibérée menée par les autorités de Kiev depuis 2014. »
La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a expliqué que son pays est « prêt à former une délégation immédiate pour mener des négociations avec Kiev, mais cela exige un comportement responsable de sa part », notant qu’ »il est trop tôt pour parler du niveau auquel la Russie sera représentée dans d’éventuelles négociations avec Kiev. »
Concernant les garanties de sécurité, M. Zakharova a estimé qu’ « il ne nous suffit pas de parler de sécurité, nous avons besoin de garanties de sécurité à long terme et juridiquement contraignantes de la part des États-Unis et de l’OTAN ».
Le Kremlin avait annoncé que le président Poutine était prêt à envoyer une délégation russe à Minsk pour des négociations avec la délégation ukrainienne. Plus tôt dans la journée, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé son homologue russe à mener des négociations sur la situation dans la région du Donbass… Mais à Varsovie. Avant de disparaître.
Lors d’une conversation avec Xi Jinping ? Président chinois, V.Poutine, a exprimé la volonté de son pays de négocier avec l’Ukraine « à un niveau élevé ».
L’armée russe appelée à avancer sur tous les fronts ukrainiens : D’une « opération spéciale » à l’invasion…
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