Le Croissant-Rouge palestinien a assuré que ses équipes ont récupéré les corps de 14 martyrs, en décomposition, dans différents endroits le long de la rue côtière Rashid à Gaza. Route empruntée par des milliers de Palestiniens depuis le retrait israélien de Netzarim. D’après nombre d’observateurs, le nombre de martyrs établis par les autorités gazaouies au cours des 15 mois de « guerre génocidaire » devrait dépasser largement les 46.000 victimes. Les travaux de terrassement qui devraient reprendre permettraient dans les mois à venir de rectifier les chiffres des massacres israéliens parmi les civils palestiniens. En attendant, le correspondant d’Al-Manara a signalé mercredi le martyre des détenus palestiniens Mohammed Al-Asali et Ibrahim Ashour de la bande de Gaza dans les geôles de l’occupation israélienne. Par ailleurs, la guerre menée par l’armée sioniste contre le peuple palestinien s’est déplacée vers la Cisjordanie. Les forces d’occupation continuent d’assiéger les hôpitaux de la ville de Tulkarem en Cisjordanie et de détruire son infrastructure, rappelant ainsi le même modus operandi déjà usité dans l’enclave palestinienne de Gaza. A l’ONU, la diplomatie russe n’en finit pas de dénoncer les travers de Tel-Aviv, le dernier en date étant celui, ô combien dangereux pour les réfugiés palestiniens, de bannir l’UNRWA d’Israël. « Israël n’oserait pas défier aussi cavalièrement la communauté internationale et violer le droit international s’il ne bénéficiait pas d’un soutien militaire et économique absolu et inconditionnel de la part des États-Unis », a déclaré V. Nebenzia dans son discours. « Nous exhortons nos collègues de Washington à revenir à la raison et à exercer la pression nécessaire sur Jérusalem-Ouest afin d’éviter de nouvelles souffrances aux Palestiniens pacifiques » a-t-il ajouté. Le diplomate russe a rappelé que tout au long des 15 mois d’escalade du conflit israélo-palestinien, Washington avait fourni l’armée israélienne en armements. En outre, le représentant permanent de la Russie a noté que les États-Unis avaient à plusieurs reprises apposé leur véto à des projets de résolutions du Conseil de Sécurité en faveur d’un cessez-le-feu à Gaza.
Danny Danon, ambassadeur israélien à l’ONU, a déclaré à la presse le même jour qu’il ne restait que 48 heures à l’UNRWA pour quitter le territoire israélien. Le 28 octobre, la Knesset avait adopté une loi interdisant à l’agence onusienne d’opérer en Israël à compter du 30 janvier. Un texte adopté sur fond de polémique quant à l’implication présumée d’employés de l’UNRWA dans l’opération « Déluge Al-Aqsa » menée par le Hamas le 7 octobre 2023. À l’époque, V. Nebenzia avait condamné la décision israélienne, soulignant que l’interdiction de l’UNRWA aurait « des conséquences négatives pour le Proche-Orient et le système des Nations unies lui-même dans son ensemble ».
Philip Lazzarini, chef de l’UNRWA, avait également dénoncé sur X le « dangereux précédent » crée par ce vote à la Knesset qui « contrevient à la Charte des Nations unies et viole les obligations de l’État d’Israël en vertu du droit international ». L’UNRWA est considérée comme l’épine dorsale des opérations humanitaires pour les Palestiniens. Outre l’aide humanitaire, les activités de l’agence couvrent également l’éducation, la santé et l’aide d’urgence, y compris pendant les conflits armés, aux 4,7 millions de réfugiés palestiniens répertoriés à travers le Proche-Orient.
Ces dernières 24h, plus de 376 000 déplacés sont rentrés dans le nord de Gaza, selon le bureau des Affaires humanitaires de l’ONU. Après 15 mois de bombardements intenses, le nord de l’enclave est complètement dévasté et rend le retour des habitants particulièrement difficile. Ils sont des centaines de milliers de personnes à regagner le nord de l’enclave palestinienne et leur maison. « Des femmes enceintes ou qui allaitent, des personnes âgées, des handicapés, des malades chroniques ou ayant besoin d’une aide médicale urgente, ou encore des mineurs non accompagnés font partie des groupes vulnérables clés parmi ces déplacés ayant entrepris ce difficile voyage à pied », a affirmé le bureau des Affaires humanitaires de l’ONU (Ocha). Sur place, pourtant, c’est un paysage de désolation.
« On parle de 42 millions de tonnes de gravats qui doivent être enlevés. Pour cela, il faut un équipement spécialisé. Il y a aussi un risque très important de retrouver des munitions qui n’ont pas explosé, des restes d’explosifs », explique Clémence Lagouardat, responsable des opérations à Gaza pour l’ONG Oxfam.
Au milieu des ruines, la gestion de l’eau potable est aussi particulièrement délicate : « Pour l’instant, il y a quelques points d’eau qui opèrent, poursuit-elle. Et les ONG essaient de mettre en place des camions-citerne et des points de distribution, un peu partout pour que les gens aient accès à l’eau potable. Mais clairement, à l’heure actuelle, le réseau ne fonctionne pas. Il a été largement détruit. »
Malgré tout, l’aide humanitaire parvient à être acheminée. « Depuis le cessez-le-feu, le nombre de camions qui entrent dans le nord a augmenté. Il y en a environ 300 par jour. Par contre, contrairement au sud, l’aide qui entre dans le nord est vraiment de l’aide d’urgence. Mais pour l’instant, tout ce qui est matériel spécialisé, et qui justement, peut permettre la réhabilitation des réseaux d’eau notamment, ne peut pas encore entrer », déplore C. Lagouardat. Car l’autre défi de taille est le retour de l’électricité, alors que près de 80 % des installations ont été détruites.
