L’armée russe continue à engranger les gains sur le terrain en dépit des contre-attaques ultramédiatisées en Occident pour asseoir l’image d’une Ukraine qui résiste dans la douleur. A l’heure actuelle, Washington qui continue de soutenir l’Ukraine cherche à piloter un processus de paix qui tarde à se concrétiser. Les Ukrainiens multiplient, par ailleurs, les appels du pied dans ce sens. «« Il a été soutenu à de nombreuses reprises qu’une trêve est nécessaire chaque fois qu’un adversaire ressent une pression et cherche des moyens de gagner du temps», a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères, soulignant que « ce n’est pas la première fois que le sujet de la trêve apparaît dans les déclarations » de Kiev et de ses alliés.
Sergueï Narychkine, directeur du renseignement extérieur russe, a affirmé que l’Union européenne a tenté de s’ingérer dans les élections à la Douma. Il précise que les services russes ont relevé cette ingérence pendant la campagne électorale. Il ajoute que la Commission européenne avait préparé à l’avance un texte visant à critiquer le scrutin.
Réagissant aux déclarations du ministre polonais des Affaires étrangères sur les conflits avec la Russie, Dmitri Medvedev a rappelé les revers militaires de la Pologne au cours de l’histoire. Le vice-président du Conseil de sécurité russe a en outre souligné le rôle de l’URSS dans la libération du pays du nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale.
A signaler que les membres de l’UE ont approuvé le déblocage de 6,6 milliards d’euros supplémentaires pour soutenir militairement l’Ukraine, a annoncé vendredi Kaja Kallas. Sur ce montant, 4,7 milliards serviront à rembourser les dépenses des États membres, 900 millions financeront également la mission militaire de l’UE et un milliard ira à de nouveaux achats.
La Commission européenne étudie la possibilité de verser dès le début de 2027, une grande partie des 45 milliards d’euros prévus pour l’Ukraine sur l’ensemble de l’année, selon Euractiv. Cette option est examinée alors que les besoins financiers annoncés par Kiev se révèlent plus importants que prévu.
Les 45 milliards concernés constituent la seconde moitié du prêt européen de 90 milliards d’euros accordé à l’Ukraine pour 2026 et 2027. Le calendrier initial prévoyait deux tranches égales, réparties sur les deux années. Sur l’ensemble de l’enveloppe, environ 60 milliards doivent être consacrés aux besoins de défense et 30 milliards au soutien budgétaire. Kiev estime son manque de financement à 23,5 milliards d’euros en 2026. Pour 2027, il l’évalue déjà à 32,6 milliards de dollars, soit environ 28,4 milliards d’euros. « Il est clair que l’Ukraine manque d’argent plus rapidement que nous le pensions », a déclaré Philipp Lausberg, analyste au European Policy Centre (EPC), cité par Euractiv.
Bruxelles attribue par ailleurs une partie de la hausse des besoins aux frappes russes contre des sites industriels et des sources de recettes ukrainiennes. Philipp Lausberg évoque notamment des aciéries et des entreprises manufacturières touchées.
La situation est d’autant plus particulière que l’Ukraine doit encore recevoir environ 37 milliards d’euros déjà prévus pour cette année au titre du prêt européen et du Fonds européen pour la paix. À ces difficultés de financement s’ajoute le dossier des réformes. Selon Euractiv, plusieurs responsables européens expriment une irritation croissante face au ralentissement de leur mise en œuvre en Ukraine. Le sujet a été abordé lors d’une rencontre entre Ursula von der Leyen et Volodymyr Zelensky à New York. La présidente de la Commission européenne a demandé à Kiev d’accélérer les réformes nécessaires au déblocage de certains financements. Dans le même temps, V. Zelensky réclamait une accélération des livraisons destinées à la défense aérienne. Une partie du soutien budgétaire européen reste ainsi liée à des réformes dont Bruxelles juge le rythme insuffisant.
Le prêt de l’Union européenne devait initialement couvrir environ les deux tiers des besoins financiers ukrainiens pour 2026 et 2027. Le reste devait provenir d’autres partenaires, notamment du Royaume-Uni, du Canada et du Japon. Pour l’heure, les financements identifiés comprennent un programme du FMI de 8,1 milliards de dollars sur quatre ans ainsi qu’une proposition norvégienne de 7,8 milliards d’euros d’aide militaire et civile pour 2027. Euractiv souligne toutefois que Bruxelles peine toujours à obtenir les contributions attendues de ses autres partenaires. Le scénario actuellement étudié ne prévoit donc pas d’augmenter l’enveloppe européenne. Il consiste à utiliser plus tôt une partie importante des sommes déjà prévues pour 2027. Autrement dit, Bruxelles cherche avant tout à modifier le calendrier des versements pour répondre aux besoins immédiats de Kiev, alors que la question du financement ukrainien à plus long terme reste ouverte.
A signaler que la Suède et la Finlande ont fait décoller, jeudi, des avions de chasse qui ont tout de suite mis le cap sur le golfe de Finlande où des appareils militaires russes ont été repérés. C’est la première « mission d’identification » opérationnelle conjointe pour les deux forces aériennes qui, ensemble, à travers ce qu’elles ont baptisé « la mission d’alerte rapide », sont allées intercepter un avion de transport Tu-134, des chasseurs MiG-31 et des chasseurs Su-30. Ces appareils se trouvaient dans l’espace aérien international : il n’est donc pas question, à ce stade, d’une violation de l’espace aérien finlandais ou suédois, mais c’est une manière pour Stockholm et Helsinki de montrer qu’ils quadrillent la zone et qu’ils sont capables de réagir rapidement.
La mer Baltique qui les sépare, et dont le golfe de Finlande fait partie, est devenue un vrai hotspot depuis début 2022, date à laquelle Moscou a lancé son « opération spéciale » en Ukraine. « La mer Baltique n’a jamais été aussi vulnérable qu’aujourd’hui, mais elle n’a jamais non plus été aussi bien protégée qu’en ce moment », a commenté Ulf Kristersson, Premier ministre suédois.
Les tensions en mer Baltique s’intensifient, avec des interceptions fréquentes d’avions russes par les pays nordiques. Début septembre, la Finlande enquêtait déjà sur un possible incident territorial après la découverte d’un drone échoué dans le golfe de Finlande.
À la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, la Suède et la Finlande ont toutes deux abandonnés des décennies de non-alignement militaire et ont rejoint l’Otan. Le 14 septembre, Helsinki a décidé de rejoindre la dissuasion nucléaire « avancée » proposée par la France.

