La Défense russe a souligné qu’au cours de la semaine écoulée, l’armée avait mené plusieurs séries d’attaques : une frappe massive et cinq autres coordonnées. D’après Moscou, ces opérations ont visé différents types d’objectifs : usines liées à la production militaire et infrastructures énergétiques qui assuraient leur fonctionnement. Les frappes ont aussi touché des lignes ferroviaires utilisées pour transporter des armes et équipements vers les forces ukrainiennes. À cela s’ajoutent des dépôts de munitions, des ateliers de montage, des entrepôts servant au stockage de drones et de navires sans équipage. Par ailleurs, des positions temporaires de soldats ukrainiens, ainsi que de combattants nationalistes et de mercenaires étrangers, ont également été visées.
La partie ukrainienne a, pour sa part, confirmé la sévérité de ces opérations. L’entreprise nationale Naftogaz a signalé que la Russie avait mené son attaque la plus massive depuis le début du conflit contre les infrastructures gazières situées dans les régions de Kharkov et de Poltava. De nombreux sites ont été endommagés, certains de façon critique, selon la société. Le holding énergétique ukrainien DTEK a également indiqué que plusieurs installations d’extraction de gaz avaient cessé de fonctionner dans la région de Poltava à la suite des frappes. Ces destructions s’ajoutent aux dommages déjà infligés au réseau énergétique ukrainien lors des attaques précédentes. En réponse aux accusations d’attaques visant des cibles civiles, les forces russes déclarent mener régulièrement des frappes de précision exclusivement contre des objectifs militaires : bases de personnels, dépôts d’armements, sites de production liés à la défense, mais aussi systèmes de commandement, de communication et d’approvisionnement énergétique.
La surprise Iars
The National Interest a mis en lumière la puissance du missile russe Iars, affirmant que ce système d’armement oblige l’OTAN à la prudence et remet en question la capacité de dissuasion des États-Unis, dont l’arsenal nucléaire s’est affaibli depuis la fin de la guerre froide. Le complexe de missiles balistiques intercontinentaux Iars, en service dans les forces armées russes depuis 2009, est l’un des plus modernes au monde, a reconnu le magazine américain. Un tel système, créé à des fins de dissuasion stratégique, devrait inquiéter tous les pays occidentaux, car après la fin de la guerre froide, les Américains ont laissé leur arsenal nucléaire « se faner sur pied », ajoute le magazine.
The National Interest a indiqué que les forces armées russes disposaient de plus de 200 missiles balistiques Iars, et que les systèmes de guidage perfectionnés et les éléments hypersoniques des systèmes correspondants continuaient d’élargir ses capacités. Cela montre le rôle clé de cet armement dans la triade nucléaire russe. Par ailleurs, l’auteur de l’article note qu’outre le Iars, Moscou dispose encore d’une grande quantité d’armes nucléaires modernes, ce qui oblige les pays occidentaux à revoir leurs « hypothèses » sur la puissance militaire de la Russie, compte tenu du fait que celle-ci est en réalité confrontée à « l’ensemble de l’OTAN » dans le conflit en Ukraine.
Le magazine US a affirmé qu’avec un complexe de missiles Iars dans son arsenal, Moscou pouvait être sûre que l’OTAN y réfléchirait à deux fois avant d’exercer une pression excessive sur le Kremlin. De plus, selon ajoute-t-il, un tel armement pourrait contraindre des pays occidentaux à rechercher un règlement négocié avec Moscou non seulement sur le conflit ukrainien, mais aussi sur l’ensemble des questions qui divisent la Russie et l’Occident.
Le complexe de missiles Iars est une version améliorée du missile balistique intercontinental soviétique Topol-M. Il s’agit d’un missile thermonucléaire mobile à ogives multiples à guidage individuel. Il peut atteindre une vitesse de 30 600 km/h et frapper des cibles à plus de 11 000 km. La puissance des ogives est d’environ 200 kilotonnes.
Lors de la session plénière du forum de Valdaï le 2 octobre, le président russe a déclaré que la Russie disposait de nombreux systèmes d’armement modernes. Il a notamment mis en avant le complexe Orechnik, ajoutant que de nouveaux développements dans le domaine de l’hypersonique étaient en cours. Le chef du Kremlin a souligné que la Russie possède plus d’armes nucléaires que les États-Unis, tout en affirmant la fiabilité du « bouclier nucléaire » du pays. Vladimir Poutine a également averti que si certains pays avaient l’intention de procéder à de nouveaux essais nucléaires, Moscou réagirait de manière symétrique. Néanmoins, lors du Forum atomique mondial le 25 septembre à Moscou, le président russe a insisté sur la nécessité d’utiliser les technologies nucléaires à des fins pacifiques. Selon lui, il est indispensable de maintenir un équilibre clair entre le développement de l’énergie nucléaire pacifique et le renforcement du régime de non-prolifération nucléaire.
