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Guerre israélo-américains contre l’Iran : Les ultimatums succèdent aux mises en garde

by Perspectives Med
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Guerre israélo-américains contre l’Iran : Les ultimatums succèdent aux mises en garde

Pete Hegseth, secrétaire américain à la Guerre, a affirmé mardi s’être rendu au Moyen-Orient samedi, en pleine poursuite des frappes conjointes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran. « Ce week-end, j’ai pu rendre visite à nos troupes engagées dans l’opération Furie épique. Nous étions au CENTCOM samedi pendant près d’une demi-journée », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse aux côtés du général Dan Caine, chef d’état-major interarmées. Le chef du Pentagone n’a pas précisé les sites visités, invoquant des raisons de sécurité, mais a qualifié ce déplacement « d’honneur ».

« La puissance de feu américaine augmente, tandis que celle de l’Iran recule. Nous avons de plus en plus d’options », a-t-il assuré. Selon lui, quelque 200 frappes ont été menées par les États-Unis dans la seule nuit de lundi. « La vidéo publiée hier soir par le président montre Ispahan, où un dépôt de munitions a été visé par des bombardiers américains », a-t-il ajouté.

Lundi, Donald Trump a diffusé sur les réseaux sociaux une vidéo non censurée montrant de puissantes explosions. Parallèlement, le commandant du Commandement central américain (CENTCOM), l’amiral Brad Cooper, a évoqué des « progrès indéniables » dans la réduction des capacités de projection de l’Iran. Dans une vidéo publiée sur la plateforme X, il a indiqué avoir, lors de cette visite, salué et décoré des militaires pour leur « courage, leur résilience et leur ténacité ».

« J’ai rencontré des soldats opérant le système de défense aérienne actif le plus sophistiqué et le plus vaste au monde, ici au Moyen-Orient, pour faire face aux attaques indiscriminées de missiles et de drones iraniens », a-t-il déclaré.

A signaler que la France a de nouveau essuyé les foudres du chef de la Maison Blanche. Pourtant, s’est défendu Paris, « n’a pas changé de position » concernant le survol de son territoire par des avions militaires américains, a indiqué mardi l’Élysée, se disant « étonné » par les accusations de D. Trump. « Nous confirmons cette décision qui est conforme à la position française depuis le début de ce conflit », a précisé la présidence française, assurant que les règles en vigueur restent inchangées.

Une source militaire française avait auparavant affirmé à BFMTV que la France n’avait pas restreint le survol de son espace aérien, contrairement aux déclarations de D. Trump. Selon cette source, les conditions d’accès au territoire demeurent identiques, seuls les avions de transport logistique étant autorisés à atterrir, notamment sur les bases d’Istres et d’Avord. Plus tôt dans la journée, le président américain avait affirmé que la France avait « interdit le survol de son territoire aux avions chargés de matériel militaire à destination d’Israël », dans un message publié sur sa plateforme Truth Social. Dans ce même message, il avait également critiqué la position française dans le conflit en cours, la qualifiant de « très peu coopérative » et avertissant que « les États-Unis s’en souviendront ».

Le président américain a vivement critiqué mardi le Royaume-Uni pour son refus de participer à l’offensive conjointe américano-israélienne contre l’Iran, et a accusé la France d’être « TRÈS PEU UTILE » pour avoir refusé le survol de son territoire à des avions transportant du matériel militaire à destination d’Israël. Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, il a suggéré que le Royaume-Uni et d’autres pays confrontés à des pénuries de carburant aérien en raison de la fermeture du détroit d’Ormuz devraient s’approvisionner auprès des États-Unis, mais aussi « faire preuve d’un courage retardé, se rendre dans le détroit et simplement S’EN EMPARER ». Accusant ces pays de ne pas soutenir les États-Unis dans la guerre contre l’Iran, il a déclaré : « Vous devrez apprendre à vous battre par vous-mêmes, les États-Unis ne seront plus là pour vous aider. »

« L’Iran a été, en substance, décimé. Le plus difficile est fait. Allez chercher votre propre pétrole », a-t-il ajouté.

Les Relations publiques du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) ont publié un communiqué dans lequel ils ont affirmé que « la force navale des Gardiens de la Révolution a mené, dans le cadre de la 88e vague de l’opération « Promesse Tenue 4 » et sous le slogan « Ô Fatima Al-Zahra », une attaque violente infligeant des frappes mortelles aux objectifs américano-sionistes.« Lors de cette attaque éclair, un porte-conteneurs appartenant à l’entité sioniste, nommé Express Halfong, a été touché dans les eaux centrales du Golfe par des missiles balistiques tirés par la force navale des Gardiens de la Révolution », a précisé le CGRI. « Dans une seconde opération combinée, un point de rassemblement des forces de l’US Marine Corps sur les côtes des Émirats, où ils se cachaient dans un site camouflé hors des bases militaires, a été ciblé par des drones suicides qui l’ont frappé avec précision », a-t-il ajouté.

« Dans une autre phase de l’opération, un système anti-drones (Hawk) appartenant à la 5e Flotte américaine, stationné à l’extérieur de la base près de l’aéroport de Manama à Bahreïn, a été détruit à l’aide de drones d’attaque. De même, deux radars avancés d’alerte précoce situés sur la base « Jaber Al-Ahmad » des forces américaines ont été visés par des drones », a-t-on poursuivi de même source.

La force navale des Gardiens de la Révolution a en outre annoncé que « le détroit d’Ormuz est sous un contrôle total et rigoureux, conformément aux ordres du Guide Suprême, et que tout mouvement de l’ennemi sera sous le feu des missiles et des drones, confirmant la poursuite des opérations ». Les succès de cette opération ont été dédiés à l’âme du commandant martyr, l’amiral Alireza Tangsiri, ainsi qu’aux autres martyrs de la force navale des Gardiens de la Révolution. La force navale a également réaffirmé son engagement à poursuivre la voie du martyr Tangsiri avec force et fermeté.

Par ailleurs, 13 Israéliens ont été blessés à Tel-Aviv, Bnei Brak et Petah Tikva à la suite de la chute de têtes à sous-munitions iraniennes, ont rapporté les médias israéliens.

 

Le CCG en quête de mue

L’Associated Press a rapporté que les alliés des États-Unis dans le Golfe, menés par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, exhortent le président américain à poursuivre la guerre contre l’Iran, « arguant que les bombardements n’ont pas suffisamment affaibli Téhéran ». Des responsables d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, du Koweït et de Bahreïn ont déclaré qu’ils « ne chercheraient pas à mettre fin à la guerre tant qu’il n’y aura pas de changements majeurs dans la direction et le comportement de l’Iran ».

L’agence a déclaré que les Émirats arabes unis étaient apparus comme l’État du Golfe le plus « intransigeant », exerçant de fortes pressions sur Trump pour qu’il « ordonne une invasion terrestre », tandis que le Koweït et Bahreïn soutenaient cette option. Ces révélations interviennent après les déclarations insultantes du président américain dans lesquelles il dit que le prince héritier saoudien Mohamad Ben Salmane « lui a léché le c… » .

Il y a quelques jours, le New York Times a révélé que MBS avait fait pression sur le président américain, lors de plusieurs conversations téléphoniques récentes, pour qu’il poursuive la guerre contre l’Iran et ne renonce pas à l’option militaire. Des sources proches de ces discussions ont confié pour ce journal que le prince saoudien considère l’agression militaire américano-israélienne comme une « opportunité historique » afin de remodeler la région, affirmant que l’Iran représente une menace pour les États du Golfe qui « ne peut être éliminée qu’en se débarrassant du gouvernement iranien ».

Lundi, la porte-parole de la Maison Blanche a déclaré que « le président Donald Trump prendra contact avec les dirigeants des États arabes du Golfe pour discuter de la question du coût de la guerre.

Le département de la Guerre a informé le Congrès que les six premiers jours de guerre avaient coûté 11,3 milliards de dollars. Ce qui revient donc à deux milliards de dollars dépensés par jour pour attaquer Téhéran et protéger ses bases des projectiles iraniens. Il réclamé 200 milliards de dollars de rallonge budgétaire pour la continuer.

Ormuz iranien

Mojtaba Zarei, membre de la Commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Conseil de la Choura (Parlement iranien) a affirmé : « Nous avons adopté le projet de loi relatif à la gestion du détroit d’Ormuz », selon  Farsnews. Concernant les points principaux du projet de loi, M. Zarei a déclaré qu’ils « portent sur les mesures de sécurité du détroit, la sécurité de la navigation maritime et les questions environnementales », ainsi que sur « les modalités financières et le système de péage en monnaie iranienne, et l’interdiction de transiter par les Américains et les sionistes ».

Le projet de loi prévoit également « l’exercice de la souveraineté de l’Iran et de ses forces armées », et l’un de ses points essentiels est « la coopération avec le Sultanat d’Oman pour l’élaboration du cadre juridique ». Par ailleurs, selon M. Zarei, « le projet de loi interdit le transit par le détroit aux pays ayant imposé des sanctions unilatérales à l’Iran ».

A noter que le vice-président iranien Mohammad Reza Aref a déclaré auparavant que « le système de gestion du détroit d’Ormuz a évolué et ne reviendra pas à son état antérieur, au moment même où le gouvernement s’efforce de transformer ses victoires militaires en avantages économiques et sécuritaires pour le pays ».

L’agression israélo-américaine contre la République islamique d’Iran se poursuit, tandis que cette dernière maintient sa résistance par une escalade des opérations, notamment les vagues d’attaques lancées dans le cadre de l’opération Promesse Tenue 4 ciblant des sites israéliens dans les territoires palestiniens occupés et des bases américaines dans la région.

Esmail Qaani, commandant des Brigades alQods des CGRI, a déclaré lundi que « les actions du Hezbollah et d’Ansarullah ont révélé le caractère mensonger des promesses du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’étendre la zone de sécurité dans la région ». Il a insisté sur « la nécessité de s’adapter au nouvel ordre régional », ajoutant que « les aspirations des chefs de la résistance tombés au champ d’honneur s’étaient réalisées, car la salle des opérations du front de la résistance est désormais unifiée ».

Crimes de guerre

Selon une enquête du New York Times, un missile balistique de conception américaine, encore jamais utilisé en conditions réelles de combat, aurait frappé des infrastructures civiles dans le sud de l’Iran au tout début de la guerre israélo-américaine. La cible : un complexe à Lamerd comprenant un gymnase et une école primaire, dont les dommages observés correspondraient à ceux provoqués par un missile de frappe de précision (PrSM). Ce type d’arme, conçu pour exploser au-dessus de sa cible, disperse des fragments métalliques, notamment des billes de tungstène, sur une large zone.

Des vidéos analysées et authentifiées par le journal américain corroboreraient l’hypothèse d’une utilisation de ce missile, appuyée par plusieurs experts militaires. Le bilan humain est lourd : au moins 21 morts ont été recensés lors de cette attaque du 28 février, selon l’agence iranienne Irna. Amir Saeid Iravani, représentant de l’Iran à l’ONU, a affirmé que le gymnase accueillait une équipe féminine de volley-ball au moment de l’impact. Des témoignages évoquent une scène de panique parmi de jeunes sportives présentes lors de l’explosion. Le rapport souligne également que le site touché est clairement identifiable comme une installation civile sur des outils accessibles au public comme Google Maps ou Apple Maps, ce qui soulève des interrogations sur les procédures de sélection des cibles.

Le même jour, une autre attaque meurtrière a visé une école de filles à Minab, faisant au moins 165 victimes, majoritairement des enfants âgés de 7 à 12 ans. Une enquête du Pentagone a reconnu la responsabilité de l’armée américaine dans cette frappe, réalisée avec un missile Tomahawk. D.Trump a contesté ces conclusions, affirmant à tort que l’Iran disposait également de ce type d’armement. Le missile PrSM, destiné à remplacer les anciens systèmes tactiques terrestres, représente une avancée technologique majeure, mais son utilisation dans ce contexte suscite de vives critiques. Des images du site montrent des impacts multiples sur les zones de jeux, caractéristiques d’une explosion fragmentée.

Depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, le bilan humain ne cesse de s’alourdir. Selon la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, plus de 1 900 personnes ont été tuées et au moins 20 000 blessées en Iran. La frappe sur l’école de Minab est particulièrement dénoncée et pourrait être qualifiée de crime de guerre au regard du droit international humanitaire.

Benjamin Netanyahou a déclaré, lui, qu’Israël avait rempli « plus de la moitié » de ses objectifs de guerre face à l’Iran, sans préciser de calendrier. S’exprimant sur Newsmax, il a insisté sur une progression en termes de « missions » plutôt que de « durée ». Il a également estimé que le gouvernement iranien pourrait finir par « s’effondrer de l’intérieur ».

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