La déclaration salue en outre « le leadership de Trump et ses efforts sincères pour mettre fin à la guerre à Gaza et exprime sa confiance en sa volonté de trouver une voie vers la paix ». Elle souligne « l’importance du partenariat avec les États-Unis pour parvenir à la paix dans la région ».
Les ministres ont aussi affirmé leur volonté de coopérer de manière positive et constructive avec les États-Unis et les parties concernées afin de finaliser et de mettre en œuvre l’accord, garantissant ainsi la paix, la sécurité et la stabilité aux populations de la région. Ils ont également exprimé leur engagement commun à œuvrer avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre à Gaza.
Le communiqué souligne que cet accord global garantit l’acheminement ininterrompu d’une aide humanitaire adéquate à Gaza, la prévention des déplacements de Palestiniens, la libération des prisonniers, un mécanisme de sécurité garantissant la sécurité de toutes les parties, un retrait israélien total de la bande de Gaza, la reconstruction de Gaza et l’établissement d’un processus de paix juste fondé sur la solution à deux États garantissant la pleine intégration de Gaza à la Cisjordanie, conformément au droit international.
L’Egypte comme le Qatar ont signalé avoir remis l’offre américaine au Hamas. Pour l’heure, pas de réaction officielle de la part de cette frange de la résistance palestinienne si l’on excepte des déclarations générales de quelques-uns de ses leaders. « Nous n’accepterons aucune proposition qui n’inclut pas l’autodétermination du peuple palestinien et ne le protège pas des massacres », a assuré Mahmoud Mardawi. Mais du côté du Jihad islamique palestinien, les choses sont claires. Ainsi, Ziyad al-Nakhalah, secrétaire général, a affirmé que l’annonce faite lors de la conférence de presse entre le président américain D. Trump et Benjamin Netanyahu n’est rien d’autre qu’un accord américano-israélien global. Il a souligné que cette annonce reflète la position israélienne dans ses moindres détails et constitue un prétexte à la poursuite de l’agression contre le peuple palestinien et une tentative d’imposer de nouvelles réalités sur le terrain par l’intermédiaire des États-Unis, et ce après l’échec de l’occupation à les obtenir au terme de ses guerres successives. Et d’ajouter que le soi-disant « accord américano-israélien » n’est rien d’autre qu’une recette toute prête pour l’explosion de toute la région et l’embrasement de nouveaux conflits.
Lundi soir, la Maison Blanche a annoncé à l’issue d’un entretien entre D. Trump et B. Netanyahu les détails d’une proposition de cessez-le-feu pour la bande de Gaza, estimant que « si les deux parties acceptent cette proposition, la guerre prendra fin immédiatement ». Du côté de Doha, négociateur en chef qui a subi une agression israélienne qui visait à étêter le Hamas, on signale qu’il est encore trop tôt pour sonder la réaction du mouvement de résistance palestinien. Le plan US se décline en 20 points pour mettre fin à la guerre à Gaza entre Israël et le Hamas et au-delà sur l’avenir du territoire palestinien. Ci-après la traduction faite par l’AFP :
1. Gaza sera une zone déradicalisée et libérée du terrorisme, qui ne représentera pas une menace pour ses voisins.
- Gaza sera reconstruite au bénéfice de ses habitants, qui ont déjà bien trop souffert.
- Si les deux parties acceptent ce plan, la guerre s’achèvera immédiatement. Les forces israéliennes se retireront jusqu’à la ligne convenue pour préparer la libération des otages. Pendant ce temps, toutes les opérations militaires, y compris les bombardements aériens et d’artillerie, seront suspendues, et les lignes de combat resteront figées jusqu’à ce que les conditions soient remplies pour un retrait complet par étapes.
- Dans les 72 heures suivant l’acceptation publique de cet accord par Israël, tous les otages, vivants ou décédés, seront rendus.
- Une fois tous les otages libérés, Israël libérera 250 prisonniers condamnés à la perpétuité ainsi que 1.700 Gazaouis détenus après le 7 octobre 2023, y compris toutes les femmes et tous les enfants détenus dans ce contexte. Pour chaque otage israélien dont la dépouille sera restituée, Israël restituera les dépouilles de 15 Gazaouis décédés.
- Une fois tous les otages revenus, les membres du Hamas qui s’engagent à respecter une coexistence pacifique et qui rendront leurs armes bénéficieront d’une amnistie. Les membres du Hamas qui souhaitent quitter Gaza bénéficieront d’un droit de passage protégé vers les pays de destination.
- Dès l’acceptation de cet accord, une aide complète sera immédiatement acheminée dans la bande de Gaza. Les quantités d’aide seront au minimum conformes à celles incluses dans l’accord du 19 janvier 2025 sur l’aide humanitaire, y compris la réhabilitation des infrastructures (eau, électricité, assainissement), la réhabilitation des hôpitaux et boulangeries, et l’arrivée des équipements nécessaires pour enlever les débris et ouvrir les routes.
- La distribution et l’entrée de l’aide dans la bande de Gaza s’effectueront, sans ingérence des deux parties, via les Nations unies et ses agences, le Croissant-Rouge, ainsi que d’autres institutions internationales non associées à l’une ou l’autre partie. L’ouverture du passage de Rafah dans les deux directions sera soumise au même mécanisme mis en œuvre dans le cadre de l’accord du 19 janvier 2025.
- Gaza sera gouverné en vertu de l’autorité transitoire temporaire d’un comité palestinien technocratique et apolitique, chargé de gérer les services publics et les municipalités pour la population de Gaza. Ce comité sera composé de Palestiniens qualifiés et d’experts internationaux, sous la supervision et le contrôle d’un nouvel organe international de transition, le +Comité de la paix+, qui sera dirigé et présidé par le Président Donald Trump, avec d’autres membres et chefs d’État qui seront annoncés, dont l’ancien Premier ministre Tony Blair. Cet organe établira le cadre et gérera le financement de la reconstruction de Gaza jusqu’à ce que l’Autorité palestinienne ait terminé son programme de réformes, comme décrit dans diverses propositions, y compris le plan de paix de Trump en 2020 et la proposition franco-saoudienne, et puisse reprendre le contrôle de Gaza de manière sûre et efficace. Cet organe s’appuiera sur les meilleures normes internationales pour créer une gouvernance moderne et efficace qui bénéficie aux habitants de Gaza et favorise les investissements.
- Un plan Trump de développement économique pour reconstruire et dynamiser Gaza sera créé en réunissant un panel d’experts ayant contribué à la naissance de certaines des villes modernes florissantes du Moyen-Orient. De nombreuses propositions d’investissement réfléchies et idées de projets immobiliers excitants ont été élaborées par des groupes internationaux bien intentionnés et seront examinées pour parvenir à un cadre de sécurité et de gouvernance qui attire et facilite ces investissements, qui créeront des emplois, des opportunités et un espoir pour l’avenir de Gaza.
- Une zone économique spéciale sera mise en place, avec des droits de douane préférentiels et un taux d’accès qui doit encore être négocié avec les pays participants.
- Personne ne sera forcé à quitter Gaza, et ceux qui souhaitent partir seront libres de le faire et de revenir. Nous encouragerons les gens à rester et leur offrirons l’occasion de construire un Gaza meilleur.
- Le Hamas et les autres factions s’engagent à ne jouer aucun rôle dans la gouvernance de Gaza, directement, indirectement ou sous quelque forme que ce soit. Toutes les infrastructures militaires, terroristes et offensives, y compris les tunnels et les installations de production d’armes, seront détruites et ne seront pas reconstruites. Il y aura un processus de démilitarisation de Gaza sous la supervision de contrôleurs indépendants, qui inclura la mise hors service permanente des armes via un processus convenu de désarmement, soutenu par un programme de rachat et de réintégration financé internationalement, le tout vérifié par les contrôleurs indépendants. Le Nouveau Gaza sera entièrement dédié à la construction d’une économie prospère et à la coexistence pacifique avec ses voisins.
- Une garantie sera fournie par des partenaires régionaux pour s’assurer que le Hamas, et les factions, respectent leurs obligations et que la nouvelle bande de Gaza ne constitue pas une menace pour ses voisins ou ses habitants.
- Les États-Unis travailleront avec des partenaires arabes et internationaux pour développer une Force internationale de stabilisation (ISF) temporaire à déployer immédiatement à Gaza. L’ISF formera et fournira un soutien à des forces de police palestiniennes approuvées à Gaza, et sera en contact étroit avec la Jordanie et l’Égypte, qui ont une vaste expérience dans ce domaine. Cette force sera la solution de sécurité interne à long terme. L’ISF travaillera avec Israël et l’Égypte pour aider à sécuriser les zones frontalières, ainsi qu’avec les forces de police palestiniennes nouvellement formées. Il est vital d’empêcher l’entrée de munitions dans Gaza et de faciliter le déploiement rapide et sécurisé des biens pour reconstruire et revitaliser Gaza. Un mécanisme de désescalade sera convenu entre les parties.
- Israël n’occupera ni n’annexera Gaza. A mesure que l’ISF établit le contrôle et la stabilité, l’armée israélienne se retirera sur la base de normes, d’étapes et d’échéances liées à la démilitarisation qui seront convenues entre l’armée israélienne, l’ISF, les garants et les États-Unis, dans l’objectif d’un Gaza sécurisé qui ne représente plus une menace pour Israël, l’Égypte ou ses citoyens. Concrètement, l’armée israélienne rendra progressivement le territoire de Gaza qu’elle occupe à l’ISF selon un accord à conclure avec l’autorité de transition jusqu’à son retrait complet de Gaza, à l’exception d’une présence dans un périmètre de sécurité qui restera jusqu’à ce que Gaza soit correctement sécurisé contre toute résurgence de menace terroriste.
- Dans le cas où le Hamas retarde ou rejette cette proposition, les éléments ci-dessus, y compris l’importante opération d’aide, seront mis en œuvre dans les zones libérées du terrorisme remises par l’armée israélienne à l’ISF.
- Un processus de dialogue interreligieux sera établi sur la base des valeurs de tolérance et de coexistence pacifique afin de tenter de changer les mentalités des Palestiniens et des Israéliens en mettant l’accent sur les avantages qui peuvent découler de la paix.
- A mesure que le redéveloppement de Gaza progresse et quand le programme de réforme de l’Autorité palestinienne est fidèlement mis en œuvre, les conditions pourraient enfin être réunies pour ouvrir une voie crédible vers l’autodétermination et la création d’un Etat palestinien, que nous reconnaissons comme étant l’aspiration du peuple palestinien.
- Les États-Unis établiront un dialogue entre Israël et les Palestiniens pour convenir d’un horizon politique pour une coexistence pacifique et prospère.)
Une carte des retraits israéliens a été livrée par les Américains dans le cadre de ce plan : Depuis la ligne bleue à la ligne jaune après la libération des prisonniers, puis vers la ligne rouge après le déploiement de l’ISF, puis vers la ligne blanche où une zone d’exclusion devrait être établie.
Satisfecit israélien
Le président américain a parlé de « peut-être l’un des plus beaux jours de la civilisation », disant espérer une réponse « positive » du Hamas, dans une déclaration faite au côté de B. Netanyahu. « Je soutiens votre plan pour mettre fin à la guerre à Gaza, qui nous permet d’atteindre nos buts de guerre », s’est contenté de dire ce dernier. « Si le Hamas rejette votre plan, M. le Président, ou s’ils disent l’accepter mais font ensuite tout pour le bloquer, Israël va terminer le travail », a-t-il prévenu. Le président américain lui a assuré qu’il aurait son « soutien total » à Gaza si le Hamas rejetait le plan.
Ledit plan a été encensé par ses alliés occidentaux à savoir la France, l’Allemagne, l’Italie, L’Union européenne et le Royaume-Uni.
La balle est désormais dans le camp du Hamas qui selon le plan de Trump doit renoncer à l’action militaire résistante, accepter une co-existence pacifique avec Israël, ne plus jouer aucun rôle dans la gouvernance de Gaza et se fier entièrement, sans aucune garantie, au parrainage américain des retraits militaires israéliens, de la pacification et de la reconstruction de Gaza. Et d’accepter un Etat palestinien sans aucune souveraineté. Une capitulation !
Sur le terrain, les choses évoluent autrement. Au-delà des massacres continus des Palestiniens de Gaza, la résistance multiplie les opérations de harcèlement contre l’occupant et assure à sa direction politique sa pleine disposition à croiser le fer avec l’occupant. Dans ce cadre, l’armée israélienne a assuré que cinq de ses soldats ont été grièvement blessés lundi à Gaza-ville, lors de violents affrontements avec les combattants de la résistance à l’ouest de la ville. Un porte-parole de l’armée israélienne a déclaré que les blessés sont deux officiers, dont un officier du corps médical, et un officier du corps blindé tandis que les trois autres appartiennent au 82e bataillon de la brigade blindée. La radio de l’armée israélienne a ajouté que six autres soldats ont été légèrement blessés lors de ces affrontements. Selon cette radio, des hommes armés palestiniens s’étaient infiltrés dans une position d’un bataillon de la brigade Kfir et avaient installé deux engins explosifs sur un char, précisant qu’un autre affrontement avait eu lieu. Selon le porte-parole de l’armée, cinq résistants ont participé à l’attaque. Deux ont été tués à l’intérieur des fortifications – l’un par un obus de char et l’autre lors d’un affrontement direct – tandis que les trois autres se sont retirés. Le communiqué confirme que les forces d’occupation poursuivent leurs opérations de ratissage dans la zone à la recherche des auteurs restants.
Contrairement au récit officiel, des médias israéliens avaient précédemment rapporté qu’une force israélienne avait été prise dans une embuscade complexe à Gaza, tuant au moins deux soldats et en blessant neuf autres. Ils ont accusé le porte-parole militaire de « ne pas communiquer le nombre exact de victimes afin que les Israéliens ignorent la réalité de la situation à Gaza ».
Ces plateformes médiatiques ont évoqué une embuscade complexe, incluant l’explosion d’un char, le ciblage d’un bulldozer militaire et l’explosion d’engins explosifs lors de l’arrivée d’une équipe de secours dépêchée sur les lieux de l’incident initial. Ils ont rapporté que cinq hélicoptères militaires avaient transporté les blessés vers plusieurs hôpitaux de Tel-Aviv et de Beersheba.
Cette divergence ne se limite pas à un seul incident. Elle s’inscrit dans une tendance récurrente depuis le début de la guerre, où les chiffres de l’armée divergent de ceux diffusés sur les plateformes médiatiques non officielles.
De leur côté, des sources palestiniennes ont confirmé que l’embuscade avait eu lieu au nord du quartier d’al-Nasr, où des véhicules israéliens opéraient une incursion. Les forces d’occupation ont fourni une couverture de tirs nourris pour se retirer de la zone de l’embuscade, selon ces sources. L’opération n’a pas encore été revendiquée.
Pour leur part, les Brigades al-Qods, branche militaire du Jihad islamique, ont annoncé que leurs combattants ont réussi à abattre un soldat israélien. Il était perché sur le toit d’une maison près du camp de réfugiés de Shati, dans la ville de Gaza, et l’ont touché de plein fouet Dans un autre communiqué, elles ont indiqué que leurs membres avaient affronté samedi après-midi une unité des forces spéciales israéliennes à bord de véhicules Hummer dans le quartier de Tal al-Hawa également à Gaza-ville, leur infligeant des pertes directes. Elles ont également revendiqué la destruction d’un véhicule militaire israélien samedi dernier, à l’aide d’un missile MK84, résidu d’un bombardement israélien, près de l’hôpital al-Quds, dans le même quartier. Cette destruction a fait des morts et des blessés parmi les forces israéliennes, indique leur communiqué, selon lequel des combattants des Brigades ont observé l’atterrissage des avions israéliens dans la zone ciblée, afin d’évacuer les morts et les blessés.
