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Emeutes en France : La carte de la mise sous cloche de LFI mise sur la table !

by Perspectives Med
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Emeutes en France : La carte de la mise sous cloche de LFI mise sur la table !

Les relations entre l’exécutif et La France insoumise (LFI) se tendent un peu plus chaque jour, tandis que des figures de la droite relancent ouvertement l’hypothèse d’une interdiction du mouvement de J-L. Mélenchon. Dans un entretien au Figaro, G. Larcher a estimé que la question de l’interdiction de LFI « peut être posée. Nous avons pu dissoudre Génération identitaire et La Jeune Garde. LFI est un parti politique qui concourt à l’expression de la nation. Je l’entends. Mais il tient une grande part de responsabilité dans le discours de haine », a-t-il déclaré. Il accuse le mouvement de « créer une situation de tension extrême » en « voulant tout conflictualiser » et met en garde contre « ceux qui cherchent l’insurrection », évoquant notamment les propos de Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, sur une violence parfois « légitime ».

Ces déclarations font écho à celles de B. Retailleau, président des Républicains (LR), favorable à l’instauration d’un cordon sanitaire autour de LFI. Dès le 1er octobre, sur BFMTV-RMC, il avait qualifié le mouvement de « parti séditieux », « fasciné par la violence » et cherchant à « organiser l’insurrection ». « Je sais que c’est très difficile en droit, mais on ne peut plus faire comme si de rien n’était », avait-il insisté. À droite, l’ancien cadre du Front national Pascal Gannat met toutefois en garde contre une éventuelle interdiction : « Il faut espérer que le RN et MLP ne vont pas entrer dans ce piège ; LFI est détestable, mais légal, et le dissoudre et accepter sa dissolution serait permettre par symétrie évidente d’en faire de même contre le FN. Larcher entre là dans la logique du plan macroniste : imposer l’extrême centre par la force. »

Face à ces attaques, Sébastien Lecornu a tenu à marquer sa différence. Lors des questions au gouvernement, le patron de l’Exécutif a déclaré à Mathilde Panot : « Je ne cherche pas à vous interdire. […] Je veux vous combattre politiquement dans les urnes. » Pendant ce temps, J-L. Mélenchon a accepté l’invitation à la réunion des partis politiques prévue le 22 octobre à Matignon, mais sur un ton offensif : « On va y aller, on va te pourrir la réunion », a-t-il lancé, ironisant sur la lettre d’invitation de S. Lecornu et refusant de discuter des risques liés à l’élection présidentielle.

Cette passe d’armes verbale entre le gouvernement et La France insoumise intervient à quelques jours d’une nouvelle manifestation, annoncée pour le 24 octobre, dans un climat de fortes tensions politiques et sociales. Le 21 octobre, le locataire de l’Elysée a dénoncé les commentaires « inacceptables autant que stupides » de dirigeants étrangers qui « font campagne sur le dos de la France », visant notamment, sans les nommer, D. Trump et B. Netanyahou. Le scénario est familier. Macron reconnaît l’absence d’« ingérences étrangères visibles » dans les événements eux-mêmes. Il dénonce néanmoins une manipulation de l’information survenue après les violences, évoquant des images générées par intelligence artificielle et des récits trompeurs relayés par des dirigeants étrangers en campagne.

D. Trump avait décrit une France « prise d’assaut » par des migrants et des djihadistes, invitant les électeurs américains à « regarder la France » pour comprendre les enjeux des élections de mi-mandat aux États-Unis. Emmanuel Macron l’a notamment rangé parmi les dirigeants dont il dénonce les commentaires sur la situation française. B. Netanyahou avait, pour sa part, évoqué une « invasion de l’islam extrémiste ».

Comme à l’accoutumée, le centre et l’Élysée invoquent ces manipulations sans jamais produire la moindre preuve tangible. Sur les réseaux sociaux, les réactions n’ont pas tardé, entre moqueries et indignation. Le candidat à la présidentielle Éric Zemmour a ironisé : « C’est même de la faute des extraterrestres. Emmanuel Macron, premier complotiste de France. »

Pendant ce temps, le chef de l’État annonce une réunion avec les services de renseignement pour le lendemain. Toujours un temps de retard, toujours une explication toute prête. Et, cette fois, la Russie, cible favorite du camp macroniste, n’a pas été visée par le président en fin de règne.

Face aux critiques sur le maintien de l’ordre lors de la journée de mobilisation du 17 octobre, S. Lecornu et Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, ont détaillé, le 20 octobre à l’Assemblée nationale, les mesures prévues pour les nouvelles manifestations du 24 octobre. Plus de moyens, plus de mobilité et l’appui de l’armée « Le dispositif de samedi prochain sera massif », a déclaré le chef du gouvernement devant les députés, reconnaissant que celui du 17 octobre avait été « trop statique et pas assez mobile ». L. Nuñez a précisé : « Nous allons évidemment monter en gamme […] en termes de moyens, en volume bien sûr, en termes de forces engagées et en termes de réactivité, de mobilité, pour aller percuter, impacter ces groupes qui dispersent les forces de l’ordre de manière extrêmement planifiée ». Seront mobilisés la Brigade de recherche et d’intervention, le Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale, le RAID (Recherche, assistance, intervention, dissuasion), des hélicoptères, des Centaures et des engins lanceurs d’eau. Les militaires de l’opération Sentinelle seront en outre déployés « en substitution des forces de sécurité intérieure, principalement sur des missions de sécurisation statique », afin de libérer policiers et gendarmes pour le maintien de l’ordre.

Sur X, Bastien Lachaud, député de La France insoumise, a vivement réagi : « En annonçant le déploiement de Sentinelle […], Laurent Nuñez franchit un nouveau seuil dans la surenchère sécuritaire. L’armée n’a pas vocation à être utilisée contre son propre peuple ».

Le ministre a par ailleurs indiqué qu’il réfléchissait à l’interdiction de manifestations non déclarées ou susceptibles de troubler l’ordre public, y compris certaines pourtant déclarées si le service d’ordre ne garantit pas la sécurité. Pour les cortèges sans risque, il juge impératif de privilégier des itinéraires éloignés des bâtiments publics et des rues commerçantes. Il souhaite aussi renforcer le renseignement sur les participants les plus radicaux. « Nous serons au rendez-vous », a-t-il assuré, en promettant la fermeté.

Autre signe de pourrissement, le parquet a requis, mercredi 21 octobre, deux ans de prison avec sursis et une inéligibilité de cinq ans, avec exécution immédiate, à l’encontre du député La France insoumise (LFI) Sébastien Delogu, jugé à Marseille pour avoir divulgué des documents privés volés à un chef d’entreprise, lors d’un conflit social. La procureure Audrey Jouaneton a justifié l’inéligibilité requise par « la gravité des faits », estimant que le tribunal ne pouvait pas « permettre qu’il continue d’exercer » son mandat. Le député a fait valoir son droit au silence, présentant simplement ses excuses pour les faits sans toutefois expliquer ses motivations de l’époque.

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