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Élections régionales en Allemagne : Les extrêmes font vaciller davantage la CDU

by Perspectives Med
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Élections régionales en Allemagne : Les extrêmes font vaciller davantage la CDU

Dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) a remporté le plus grand nombre de voix avec 38,3 %, devant les 35,5 % du Parti social-démocrate (SPD), qui gouvernait jusque-là le Land. Le scrutin confirme la progression du parti d’extrême droite dans cette région de l’est de l’Allemagne. La CDU, formation du chancelier F.Merz, a subi un revers particulièrement marqué, avec 4,9 % des voix, passant ainsi sous le seuil des 5 % nécessaires pour obtenir des sièges au parlement régional.

Il s’agit de son plus mauvais résultat dans une élection régionale depuis la Seconde Guerre mondiale. Malgré sa première place, l’AfD reste confrontée au refus des autres principales formations de former une coalition avec elle. Son avance électorale ne se traduit donc pas automatiquement par une possibilité de prendre la tête du gouvernement régional.

À Berlin, c’est Die Linke qui a créé la surprise. Le parti de gauche radicale est arrivé en tête avec 25,3 % des voix, devant la CDU, créditée d’environ 19 %, et l’AfD, à 16,3 %. Die Linke progresse ainsi nettement par rapport au scrutin de 2023. Elif Eralp, tête de liste du parti, a notamment fait de la crise du logement et du niveau des loyers des thèmes centraux de sa campagne. Des négociations avec le SPD et les Verts pourraient désormais déterminer la future coalition à la tête de la capitale allemande.

Ces deux scrutins constituent un revers pour la CDU et son dirigeant F. Merz, au pouvoir au niveau fédéral. Le chancelier a reconnu que les résultats constituaient un « désastre » pour son parti, tout en excluant de renoncer à son poste et en affirmant vouloir poursuivre son programme de réformes économiques. Pour l’AfD comme pour Die Linke, les scrutins du 20 septembre constituent ainsi une nouvelle démonstration de leur capacité à attirer des électeurs au détriment des formations traditionnelles.

Lars Klingbeil, co-chef des sociaux-démocrates allemands et ministre des Finances, allié au niveau fédéral avec les conservateurs de F. Merz, a reconnu que les élections de dimanche démontraient que le gouvernement n’était pas parvenu à convaincre du bien-fondé des réformes prévues, notamment des retraites. Cela alors que le pays connaît stagnation économique et crise du pouvoir d’achat. « Je trouve que nous devons regarder ces résultats avec humilité et nous interroger sur ce que nous pouvons faire autrement et mieux », a-t-il dit.

Les 16 mois de F. Merz à la chancellerie ont été marqués par la lenteur de la prise de décisions, notamment du fait de disputes à répétition entre conservateurs et sociaux-démocrates, donnant l’impression qu’il ne contrôlait pas sa fragile majorité. F. Merz avait promis de relancer l’économie nationale en stagnation, de réarmer le pays pour dissuader une Russie hostile et de contenir l’immigration irrégulière pour regagner les électeurs passés à l’AfD, devenue deuxième force politique du pays lors des législatives de 2025. Mais la lenteur des réformes et une série de couacs ont nourri une percée de l’AfD. Le parti devance désormais la CDU dans les sondages nationaux.

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